La «disparition» du PLC au Québec - Martin fait fi des excuses de Duceppe
Photo : Jacques Nadeau
Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, au marché Jean-Talon, hier. Il s’est excusé de s’être laissé emporter par son enthousiasme, dimanche.
Le premier ministre Paul Martin a fait la sourde oreille hier aux excuses du chef du Bloc québécois Gilles Duceppe qui avait invité la population la veille à «faire disparaître les libéraux» de la carte électorale québécoise. Il a plutôt choisi de mener la charge, dénonçant «l'arrogance et l'étroitesse d'esprit» de son adversaire bloquiste.
Lui qui disait vouloir faire une campagne propre n'a pas tenté de calmer le jeu. Pourtant, tôt en matinée, M. Duceppe faisait son mea-culpa. «J'ai montré un peu trop d'enthousiasme dans mes propos, emporté par une foule débordante. Si mes propos, dans un contexte électoral, ont pu choquer certaines personnes, je m'en excuse», a-t-il déclaré avant même qu'une seule question ne lui soit posée sur son faux pas.
Dimanche, Gilles Duceppe avait lancé devant ses militants réunis en conseil général «les libéraux, on les fait disparaître. Faites-vous un cadeau». Hier, il a précisé que l'utilisation du mot «disparaître» correspondait à son souhait de voir «la plus grande vague de bloquistes au Québec» le 23 janvier. «Il faut avoir l'esprit mal tourné pour avoir compris autre chose», a ajouté M. Duceppe.
Malgré cela, Paul Martin a foncé tête baissée dans la guerre des mots. «Ça démontre vraiment l'arrogance et l'étroitesse d'esprit. C'est inconcevable qu'un chef d'un parti politique puisse dire qu'il veut que des Québécois qui ne partagent pas son opinion devraient disparaître de la scène», a affirmé M. Martin qui faisait campagne à Terre-Neuve et Labrador.
Le premier ministre n'a pas davantage tenu compte de la réplique cinglante de son lieutenant politique, Jean Lapierre, qui disait voir dans la déclaration de Gilles Duceppe un «petit côté naziste [sic]». Loin de le condamner, M. Martin a assuré que M. Lapierre avait clarifié son commentaire.
«Laissez-moi vous dire que les Québécois qui ne partagent pas leur opinion ne disparaîtront pas. Je suis québécois, j'ai trois garçons nés au Québec. J'ai l'intention de passer Noël chez moi, au Québec, et je n'ai aucune intention de disparaître de la scène québécoise», a lancé sur un ton offensé le chef du Parti libéral du Canada.
Questionné pour savoir s'il appuyait la déclaration de M. Lapierre, le premier ministre a défendu l'excès de langage en expliquant que M. Lapierre «a réagi», alors que M. Duceppe «a planifié» sa sortie. Or, cette analyse est contraire à la réalité, puisque M. Lapierre a répété son accusation aux journalistes, deux fois plutôt qu'une, dimanche soir.
Jean Lapierre qui était de passage au Saguenay, ne s'est pas excusé pour ses propos. «Je n'ai pas l'intention de poursuivre le débat là-dessus, a-t-il indiqué. Le vrai débat, c'est sur l'attitude de M. Duceppe par rapport aux électeurs en général et de dire qu'il veut faire disparaître ses adversaires, ceux qui ne pensent pas comme lui, je pense que c'est présomptueux et, dans ce sens-là, je pense que M. Duceppe a fait preuve d'une arrogance et d'une intolérance qui ne sont pas nécessaires, surtout en début de campagne. Il commence grimpé au plafond. Comment est-ce qu'il va finir?»
Le Congrès juif canadien-section Québec n'a guère apprécié l'attitude de M. Lapierre. «Il aurait dû choisir une autre métaphore, parce que l'image des nazis et tout ce qu'ils ont fait durant la Deuxième Guerre mondiale ne se compare pas avec une élection dans notre belle province», a affirmé Jeffrey Boro, porte-parole du Congrès juif.
Gilles Duceppe n'a pas exigé que Jean Lapierre retire ses paroles. «Je ne demande rien à M. Lapierre. C'est un as de l'hyperbole. C'est un manque de respect pour ceux qui ont subi la Shoah», a-t-il affirmé en après-midi.
Le ministre Pierre Pettigrew a vu dans la déclaration controversée de Gilles Duceppe une intolérance très révélatrice chez les souverainistes. «On n'aime pas les voix discordantes», a-t-il affirmé. En septembre dernier, M. Pettigrew décrivait les bloquistes comme les héritiers de l'Union nationale de Maurice Duplessis, un parti tourné vers la tradition et fermé aux nouvelles idées. Depuis, Paul Martin profite de chaque tribune pour remettre en question l'ouverture du Bloc québécois envers les minorités visibles.
Avec la collaboration de la Presse canadienne
Lui qui disait vouloir faire une campagne propre n'a pas tenté de calmer le jeu. Pourtant, tôt en matinée, M. Duceppe faisait son mea-culpa. «J'ai montré un peu trop d'enthousiasme dans mes propos, emporté par une foule débordante. Si mes propos, dans un contexte électoral, ont pu choquer certaines personnes, je m'en excuse», a-t-il déclaré avant même qu'une seule question ne lui soit posée sur son faux pas.
Dimanche, Gilles Duceppe avait lancé devant ses militants réunis en conseil général «les libéraux, on les fait disparaître. Faites-vous un cadeau». Hier, il a précisé que l'utilisation du mot «disparaître» correspondait à son souhait de voir «la plus grande vague de bloquistes au Québec» le 23 janvier. «Il faut avoir l'esprit mal tourné pour avoir compris autre chose», a ajouté M. Duceppe.
Malgré cela, Paul Martin a foncé tête baissée dans la guerre des mots. «Ça démontre vraiment l'arrogance et l'étroitesse d'esprit. C'est inconcevable qu'un chef d'un parti politique puisse dire qu'il veut que des Québécois qui ne partagent pas son opinion devraient disparaître de la scène», a affirmé M. Martin qui faisait campagne à Terre-Neuve et Labrador.
Le premier ministre n'a pas davantage tenu compte de la réplique cinglante de son lieutenant politique, Jean Lapierre, qui disait voir dans la déclaration de Gilles Duceppe un «petit côté naziste [sic]». Loin de le condamner, M. Martin a assuré que M. Lapierre avait clarifié son commentaire.
«Laissez-moi vous dire que les Québécois qui ne partagent pas leur opinion ne disparaîtront pas. Je suis québécois, j'ai trois garçons nés au Québec. J'ai l'intention de passer Noël chez moi, au Québec, et je n'ai aucune intention de disparaître de la scène québécoise», a lancé sur un ton offensé le chef du Parti libéral du Canada.
Questionné pour savoir s'il appuyait la déclaration de M. Lapierre, le premier ministre a défendu l'excès de langage en expliquant que M. Lapierre «a réagi», alors que M. Duceppe «a planifié» sa sortie. Or, cette analyse est contraire à la réalité, puisque M. Lapierre a répété son accusation aux journalistes, deux fois plutôt qu'une, dimanche soir.
Jean Lapierre qui était de passage au Saguenay, ne s'est pas excusé pour ses propos. «Je n'ai pas l'intention de poursuivre le débat là-dessus, a-t-il indiqué. Le vrai débat, c'est sur l'attitude de M. Duceppe par rapport aux électeurs en général et de dire qu'il veut faire disparaître ses adversaires, ceux qui ne pensent pas comme lui, je pense que c'est présomptueux et, dans ce sens-là, je pense que M. Duceppe a fait preuve d'une arrogance et d'une intolérance qui ne sont pas nécessaires, surtout en début de campagne. Il commence grimpé au plafond. Comment est-ce qu'il va finir?»
Le Congrès juif canadien-section Québec n'a guère apprécié l'attitude de M. Lapierre. «Il aurait dû choisir une autre métaphore, parce que l'image des nazis et tout ce qu'ils ont fait durant la Deuxième Guerre mondiale ne se compare pas avec une élection dans notre belle province», a affirmé Jeffrey Boro, porte-parole du Congrès juif.
Gilles Duceppe n'a pas exigé que Jean Lapierre retire ses paroles. «Je ne demande rien à M. Lapierre. C'est un as de l'hyperbole. C'est un manque de respect pour ceux qui ont subi la Shoah», a-t-il affirmé en après-midi.
Le ministre Pierre Pettigrew a vu dans la déclaration controversée de Gilles Duceppe une intolérance très révélatrice chez les souverainistes. «On n'aime pas les voix discordantes», a-t-il affirmé. En septembre dernier, M. Pettigrew décrivait les bloquistes comme les héritiers de l'Union nationale de Maurice Duplessis, un parti tourné vers la tradition et fermé aux nouvelles idées. Depuis, Paul Martin profite de chaque tribune pour remettre en question l'ouverture du Bloc québécois envers les minorités visibles.
Avec la collaboration de la Presse canadienne
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