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La «disparition» du PLC au Québec - Martin fait fi des excuses de Duceppe

Kathleen Lévesque   6 décembre 2005 
Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, au marché Jean-Talon, hier. Il s’est excusé de s’être laissé emporter par son enthousiasme, dimanche.
Photo : Jacques Nadeau
Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, au marché Jean-Talon, hier. Il s’est excusé de s’être laissé emporter par son enthousiasme, dimanche.
Le premier ministre Paul Martin a fait la sourde oreille hier aux excuses du chef du Bloc québécois Gilles Duceppe qui avait invité la population la veille à «faire disparaître les libéraux» de la carte électorale québécoise. Il a plutôt choisi de mener la charge, dénonçant «l'arrogance et l'étroitesse d'esprit» de son adversaire bloquiste.

Lui qui disait vouloir faire une campagne propre n'a pas tenté de calmer le jeu. Pourtant, tôt en matinée, M. Duceppe faisait son mea-culpa. «J'ai montré un peu trop d'enthousiasme dans mes propos, emporté par une foule débordante. Si mes propos, dans un contexte électoral, ont pu choquer certaines personnes, je m'en excuse», a-t-il déclaré avant même qu'une seule question ne lui soit posée sur son faux pas.

Dimanche, Gilles Duceppe avait lancé devant ses militants réunis en conseil général «les libéraux, on les fait disparaître. Faites-vous un cadeau». Hier, il a précisé que l'utilisation du mot «disparaître» correspondait à son souhait de voir «la plus grande vague de bloquistes au Québec» le 23 janvier. «Il faut avoir l'esprit mal tourné pour avoir compris autre chose», a ajouté M. Duceppe.

Malgré cela, Paul Martin a foncé tête baissée dans la guerre des mots. «Ça démontre vraiment l'arrogance et l'étroitesse d'esprit. C'est inconcevable qu'un chef d'un parti politique puisse dire qu'il veut que des Québécois qui ne partagent pas son opinion devraient disparaître de la scène», a affirmé M. Martin qui faisait campagne à Terre-Neuve et Labrador.

Le premier ministre n'a pas davantage tenu compte de la réplique cinglante de son lieutenant politique, Jean Lapierre, qui disait voir dans la déclaration de Gilles Duceppe un «petit côté naziste [sic]». Loin de le condamner, M. Martin a assuré que M. Lapierre avait clarifié son commentaire.

«Laissez-moi vous dire que les Québécois qui ne partagent pas leur opinion ne disparaîtront pas. Je suis québécois, j'ai trois garçons nés au Québec. J'ai l'intention de passer Noël chez moi, au Québec, et je n'ai aucune intention de disparaître de la scène québécoise», a lancé sur un ton offensé le chef du Parti libéral du Canada.

Questionné pour savoir s'il appuyait la déclaration de M. Lapierre, le premier ministre a défendu l'excès de langage en expliquant que M. Lapierre «a réagi», alors que M. Duceppe «a planifié» sa sortie. Or, cette analyse est contraire à la réalité, puisque M. Lapierre a répété son accusation aux journalistes, deux fois plutôt qu'une, dimanche soir.

Jean Lapierre qui était de passage au Saguenay, ne s'est pas excusé pour ses propos. «Je n'ai pas l'intention de poursuivre le débat là-dessus, a-t-il indiqué. Le vrai débat, c'est sur l'attitude de M. Duceppe par rapport aux électeurs en général et de dire qu'il veut faire disparaître ses adversaires, ceux qui ne pensent pas comme lui, je pense que c'est présomptueux et, dans ce sens-là, je pense que M. Duceppe a fait preuve d'une arrogance et d'une intolérance qui ne sont pas nécessaires, surtout en début de campagne. Il commence grimpé au plafond. Comment est-ce qu'il va finir?»

Le Congrès juif canadien-section Québec n'a guère apprécié l'attitude de M. Lapierre. «Il aurait dû choisir une autre métaphore, parce que l'image des nazis et tout ce qu'ils ont fait durant la Deuxième Guerre mondiale ne se compare pas avec une élection dans notre belle province», a affirmé Jeffrey Boro, porte-parole du Congrès juif.

Gilles Duceppe n'a pas exigé que Jean Lapierre retire ses paroles. «Je ne demande rien à M. Lapierre. C'est un as de l'hyperbole. C'est un manque de respect pour ceux qui ont subi la Shoah», a-t-il affirmé en après-midi.

Le ministre Pierre Pettigrew a vu dans la déclaration controversée de Gilles Duceppe une intolérance très révélatrice chez les souverainistes. «On n'aime pas les voix discordantes», a-t-il affirmé. En septembre dernier, M. Pettigrew décrivait les bloquistes comme les héritiers de l'Union nationale de Maurice Duplessis, un parti tourné vers la tradition et fermé aux nouvelles idées. Depuis, Paul Martin profite de chaque tribune pour remettre en question l'ouverture du Bloc québécois envers les minorités visibles.

Avec la collaboration de la Presse canadienne






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  • Sylvain Rondeau
    Abonné
    mardi 6 décembre 2005 07h08
    Mais quel faschisme?
    « J'avoue sincèrement exprimer un certain malaise concernant les déclarations tenues par des ténors libéraux à l'endroit de Gilles Duceppe. Bien que n'était pas affilié au Bloc Québécois, j'ai toujours trouvé que cette formation représentait un modèle de société inclusif, tolérant, démocratique et progressiste. Quelle ne fut donc pas ma surprise de voir Jean Lapierre et Pierre Pettigrew soutenir la thèse que le discours tenu par le chef du bloc était apparenté au nazisme!

    Ayant été auxiliaire pédagogique dans le milieu universitaire pendant des années où j'avais entre autres tâches, d'accompagner de futurs bacheliers dans l'analyse de plusieurs courants de pensée politique incluant le nazisme et le fascisme je considère bien connaître les caractéristiques majeures de ces deux idéologies. De plus, au cours des dernières années comme animateur culturel, il m'est arrivé souvent de participer à des programmes de sensibilisation aux horreurs de la guerre en faisant référence au second conflit mondial et en collaborant avec le ministère des anciens combattants. À ce titre, j'ai introduit plusieurs jeunes et moins jeunes aux tenants de ces idéologies destructrices et je crois fermement que les ténors libéraux devraient se faire rappeller quelques points.

    Le nazisme a comme principales caractéristiques la fonte de l'individualisme au sein de la Nation, le rejet du parlementarisme, l'anti syndicalisme, l'antisémitisme, l'eugénisme et le militarisme. Si l'on analyse le discours tenu par monsieur Duceppe depuis son entrée sur la scène publique, nous y retrouverons des principes tels que la sociale démocratie, le pluriculturalisme, le pacifisme, l'attachement à la démocratie et le progressisme. Nous sommes loin, mais donc très loin de "Mein Kampf"!

    Il est regrettable que certains politiciens, tous partis politiques confondus, aient recours à une basse rhétorique cherchant à déshumaniser l'adversaire. Bien que monsieur Duceppe fit preuve de zèle, nous étions loin des discours de Nuremberg. Messieurs Pettigrew et Lapierre auraient-ils si peur de perdre leur siège qu'ils se sentent obligés de pratiquer le détournement de la vérité? J'en appelle à leur intégrité intellectuelle et leur demande en tant que citoyen concerné de la qualité du débat devant entourer le choix du futur gouvernement de corriger leur tir et de s'attaquer davantage aux programmes de leurs adversaires plutôt que de se lancer dans des attaques puériles et calomnieuses.

    Et j'ajouterait en finissant une autre petite révision historique pour monsieur Pettigrew... Maurice Duplessis était un conservateur au plan social et un pur libéral au sens économique. Nous sommes loin des positions défendues en chambre par le Bloc Québécois au cours des 12 denières années!

    Lorsque l'on manipule l'information, que l'on détourne la vérité et que l'on brime les lois au sein de l'intérêt national c'est là que l'on se rapproche du fascisme...

    Sylvain Rondeau
    Historien et animateur cultuel en milieu muséal et scolaire. »

  • Marc Gendron
    Abonné
    mardi 6 décembre 2005 07h56
    Éliminatoires!
    « Le Bloc a juré sa propre élimination de la scène politique fédérale après un referendum gagnant. Ses adversaires aux Communes ne manquent pas de lui rappeler la promesse de se faire hara kiri à chaque occasion qui se présente.

    Les Conservateurs sont de facto éliminés du Québec depuis belle lurette. Leur dernier survivant, un certain Jean Charest, pas plus à l'abri de l'élimination que n'importe quel politicien. Qui se souvient de Phil Edmunston, seul député du NPD à avoir jamais été élu au Québec avant d'être.éliminé. Et la trentaine de créditistes , à Québec et Ottawa ? Éliminés !

    Qui plus est, Jean Chrétien s'est rendu célèbre dans tout le ROC en beuglant à ses adversaires, principalement souverainistes : « VOUS ALLEZ EN MANGER UNE MAUDITE ! » au moins trois-quatre fois par campagne électorale ou référendaire.

    D'ailleurs, en démocratie, les partis politiques sont bien plus souvent éliminés de la scène par leur propre turpitude ainsi que la lassitude ou le dégoût de l'électorat qu'ils ne croulent sous les coups de leurs adversaires. On est loin de la « solution finales » comme dirait Jean Lapierre.

    Au lieu de se couvrir de ridicule en venant quasiment brailler à la télé, la voix chevrotante, comme si on avait porté atteinte à la mémoire de sa vieille mère, le premier ministre du Canada devrait faire un meilleur ménage et changer le ton du PLC, s'il veut se rendre le moindrement attrayant et échapper à l'élimination

    Marc Gendron
    Québec »

  • YVES LAPRISE
    Inscrit
    mardi 6 décembre 2005 11h46
    Fin du parti libéral
    « Quant à moi, le parti libéral devrait disparaître non seulement du Québec, mais du Canada en entier. C'est un parti qui s'est donné beaucoup trop de pouvoir. Il y a trop de magouille qui se passe dans ce parti. Il y a des gens qui s'enrichissent au détriment des contribuables.

    Cela fait 12 ans que ce parti gouverne notre pays. Il appauvrit les gens pour en enrichir d'autres. Quand va-t-on se réveiller au Québec? Ce parti a gaspillé des millions de dollars pour ne pas dire des milliards pour soutenir l'unité canadienne. Qui paie pour cela? Et bien nous, le peuple.

    Nous le peuple qui se laisse endormir par ses incompétents qui nous gouverne. Nous élisons des Québécois qui vont à Ottawa pour mieux nous écraser. Quoi de mieux qu'un québécois pour en écraser un autre. Nous sommes un peuple réveillez-vous!!!! On se fait voler et personne n'ose prendre la relève. Plus personne ne s'intéresse à la politique. On chiale, mais on ne fait rien.

    Il faut que les gens s'intéressent à la politique sinon nous continuerons à élire des Lapierre et compagnies qui ne sont là que pour leur belle image. Ces gens font peur à tout le monde. Ils menacent les immigrants au Québec. Ils jouent sur leur fragilité et ils laissent planer le doute d'une éventuelle guerre et cela fait peur à nos émigrants, car ils ne veulent pas revivre ce qu'ils ont déjà subi. Voilà ce que réussi insidieusement ce cher parti libéral. Cela n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. Il est temps d'avoir un parti qui pense au peuple et qui travaille pour le peuple. Éliminons ce parti de la carte électorale. Il faut faire vite, car ils se reproduisent très rapidement. »

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