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Duceppe veut rayer le PLC du Québec

Kathleen Lévesque   5 décembre 2005 
Sanctionner le gouvernement de Paul Martin ne suffit plus pour Gilles Duceppe qui a invité hier les Québécois à faire disparaître les libéraux fédéraux lors du prochain scrutin.

Deux fois plutôt qu'une durant son discours devant quelque 600 militants réunis en conseil général électoral à Longueuil, le chef du Bloc québécois a adopté un ton plus agressif contre ses adversaires libéraux. Vraisemblablement emporté par l'appui record pour son parti que tendent à démontrer les récents sondages, Gilles Duceppe s'est d'abord moqué du premier ministre Martin qui estime que la présente élection est de nature référendaire. «J'ai pensé à une bonne question: voulez-vous, oui ou non, vous débarrasser des libéraux de Paul Martin?[...] On l'a la question référendaire. On est prêts», a lancé M. Duceppe déclenchant les applaudissements nourris de la salle.

Puis à la fin de son allocution, Gilles Duceppe a poursuivi sur son élan en appelant la population à une «mobilisation sans précédent pour que, le 23 janvier, on se dise qu'heureusement, ici, c'est le Bloc québécois et heureusement, les libéraux, on les fait disparaître. Faites-vous un cadeau».

Quelques minutes plus tard en conférence de presse, le chef bloquiste a expliqué avoir montré «beaucoup d'enthousiasme». «On parlait de [les faire disparaître de] la carte électorale du Québec. On est très optimiste. On ne concède aucun comté», a-t-il précisé tout en haussant les épaules devant la possibilité que les libéraux y trouvent une motivation pour augmenter la cadence de leurs attaques.

Réaliste, il a toutefois admis ne pouvoir prétendre gagner les 75 sièges que compte le Québec. «Ce serait du domaine des miracles», a reconnu M. Duceppe qui aimerait faire mieux qu'en 2004 et ainsi franchir la barre des 50 % des voix. En 2004, le Bloc avait obtenu 48,9 % des suffrages.

Le lieutenant québécois de Paul Martin, le ministre Jean Lapierre, s'est montré cinglant à l'endroit de Gilles Duceppe qui a dépassé les bornes en avouant son désir de rayer les libéraux de la carte. «Je trouve qu'il y a un petit côté naziste [sic] dans ça. Ou bien les sondages lui montent à la tête, et je pense que c'est ça qui arrive. Mais une chose est certaine, M. Duceppe va être obligé de retirer ces propos-là», a affirmé M. Lapierre.

Ces échanges acrimonieux surviennent moins d'une semaine après le déclenchement des élections. Depuis le début de cette longue campagne, M. Duceppe a émaillé toutes ses interventions publiques du thème de la «corruption» des libéraux. Il faut sanctionner le gouvernement libéral, martèle-t-il sur toutes les tribunes. Jeudi, il a qualifié le scandale des commandites de «crime d'État». Hier, M. Duceppe a encore carburé à l'indignation.

Aux libéraux qui ne souhaitaient pas avoir d'élections compte tenu des coûts élevés, Gilles Duceppe a mitraillé une série de questions: «On demande combien ça coûte l'absence de démocratie? Combien ça coûte la corruption? Combien ça coûte les détournements de fonds? Combien ça coûte les pots-de-vins, les élections achetées, les promesses brisées, le mépris envers le Québec? [...] On ne peut plus tolérer ça.»

Avec une plate-forme électorale adoptée à l'unanimité malgré la critique du conjoint de la députée Francine Lalonde, Guy Lamarche, qu'on a vite fait taire, M. Duceppe a réclamé que les libéraux dévoilent leur plan d'action. Le chef bloquiste l'a d'ailleurs tourné en ridicule par anticipation. «Je veux voir le livre rouge. Rouge comme dans libéral. Rouge comme dans honte», a-t-il laissé tomber.

C'est dans ce contexte que le Bloc n'entend laisser aucune chance à l'adversaire libéral. Gilles Duceppe n'a d'ailleurs pas exclu qu'il pourrait faire campagne dans la circonscription de Paul Martin contrairement à la courtoisie traditionnelle qui veut que les chefs des partis adverses soient épargnés.

Le Bloc québécois entend aussi mener une offensive spéciale notamment dans les circonscriptions occupées traditionnellement par le Parti libéral du Canada et qui ne bénéficient que d'une mince majorité. C'est le cas notamment pour les circonscriptions détenues par les ministres Liza Frulla et Pierre Pettigrew. Le Bloc y consacrera un budget spécial de 50 000 $ et fera un effort particulier auprès des femmes et des personnes âgées.

Redoutant que les intentions de vote qui leur sont très favorables à l'heure actuelle ne se concrétisent pas en votes le 23 janvier par excès de confiance ou à cause des conditions hivernales, les bloquistes ont lancé hier une opération de vote anticipé. Ils veulent utiliser au maximum l'outil du vote spécial prévu dans la loi électorale fédérale (vote par la poste ou auprès du directeur de scrutin). En clair, l'organisation vise 20 votes par jour dans les circonscriptions qui n'ont pas de député bloquiste, 25 dans les circonscriptions rurales et 30 dans celles situées en milieu urbain.

«Il ne faut pas prendre de chance. On va vous demander cette année, d'une façon toute particulière de faire voter énormément de gens avant le jour J. [...] Une élection, on est certain que ça va bien quand les votes entrent dans la boîte», a indiqué le député Michel Gauthier, organisateur en chef du Bloc, qui a réchauffé la salle avant que M. Duceppe ne prenne la parole.

Le chef du Parti québécois, André Boisclair, a également pris la parole, félicitant entre autres le Bloc québécois pour le travail qu'il effectue auprès des communautés culturelles. «Ça, c'est de l'argent en banque pour notre mouvement», a affirmé M. Boisclair. M. Duceppe a expliqué que, lorsqu'on «travaille avec ces gens-là, on enrichit l'ensemble de la société québécoise». Aujourd'hui, M. Duceppe présente d'ailleurs les candidats du Bloc qui sont issus de l'immigration.

***

Rigodon bloquiste

Le Bloc est allé puiser dans le terroir québécois pour faire sa campagne publicitaire, ressuscitant une ritournelle enfantine et un rythme de set carré.

Le rigodon bloquiste démarrera à la radio vendredi prochain. Exit le rap que le Bloc faisait tourner en pré-campagne et dont les paroles étaient presque inaudibles. On revient aux racines populaires avec des rimes simples, faciles à retenir et qui donnent une allure festive à cette campagne électorale. Le Bloc offre une version scandale-des-commandites de la chanson Lundi matin que fredonnent les tout-petits pour apprendre les jours de la semaine. Et qu'importe ce qu'en pense le juge Gomery, on fait le lien entre Paul Martin et Jean Chrétien. Du coup, le roi, sa femme et le p'tit prince sont ici remplacés par Martin, Chrétien et leurs copains. C'est le chanteur Pierre-Luc Dupuis, de La Bottine souriante, qui interprète les sept capsules pour chaque jour de la semaine.

Du côté de la publicité télévisée, le Bloc a dévoilé un message de deux minutes que diffuseront gratuitement les chaînes comme le prévoit la loi électorale. Encore là, on a misé sur un rythme qui ravive les traditions et qui reprend le slogan «Heureusement, ici, c'est le Bloc». Des députés y expliquent les motifs de voter pour le Bloc québécois.

D'autres messages publicitaires seront conçus et diffusés après les Fêtes. Le Bloc prévoit y consacrer 2,4 millions soit près de 50 % des dépenses prévues d'ici au 23 janvier.






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  • Gabriel RACLE
    Inscrit
    lundi 5 décembre 2005 06h20
    Des propos révélateurs
    « « ...ici, c'est le Bloc québécois et heureusement, les libéraux, on les fait disparaître. Faites-vous un cadeau.» Il faut porter la plus grande attention à ces propos de G. Duceppe proférés, dit-il, dans «l'enthousiasme», comme pour se chercher une excuse. Mais ces propos révèlent la pensée profonde de Duceppe. L'enthousiasne populaire d'une salle chauffée à blanc par des propos incendiaires agit comme une drogue, comme l'alcool, comme un sérum de vérité qui élimine des inhibitions et permet à des sentiments profonds de se manifester. On peut songer aussi à l'interprétation des lapsus ou des actes manqués.
    Les propos de Duceppe ouvre donc une fenêtre sur sa conception profonde de la vie politique, qu'il avait esquissée sous forme interrogatoire : «Voulez-vous, oui ou non, vous débarrasser des libéraux de Paul Martin ?», une formulation atténuée qui s'est finalement traduite par la formule citée plus haut.
    Faire disparaître des adversaires politiques est une vieille tradition des gouvernements dictatoriaux, comme ceux de Hitler ou de Staline, comme actuellement ceux de la Chine communiste et de la Birmanie, qui a fait disparaître l'opposante birmane Aung San Suu Kyi, en la privant de liberté depuis 2003.
    Les propos de Duceppe n'ont bien évidemment rien de démocratique. La démocratie ne consiste pas à faire disparaître des adversaires, mais à laisser chacun exprimer ses prises de position et aux électeurs de choisir librement. Les propos de Duceppe ont donc quelque chose d'inquiétant et il ne faut pas en minimiser le sens, sous prétexte d'un écart de langage. Psychologiquement, ils sont révélateurs d'une pensée profonde qui s'est échappée dams un contexte d'enthousiasme surchauffé. Mais c'est bien ce qu'il pense au fond de lui-même et de telles visées dictatoriales ont quelque chose d'inquiétant. C'est avec de tels slogans que de tristes personnages ont soulevé des foules et pris le pouvoir, et l'on sait ce que cela a donné.
    Jean Lapierre demande à Duceppe de s'excuser. On ne demande pas des excuses à la suite de tels propos. On les combat vigoureusement avec les armes et au nom de la démocratie et tous les partis politiques, sans exception, devrait s'y employer.
    Par ailleurs, avec une telle tactique et des propos si virulents Duceppe montre aussi qu'il veut favoriser l'apparition d'un gouvernement conservateur, dont les positions rétrogrades susciteraient un rejet marqué au Québec et favoriseraient l'indépendance, le mot qu'il faut utiliser au lieu de l'euphémisme souveraineté, plus émotionnel et qui camoufle mieux les effets négatifs de cette manoeuvre. Que de tels propos tiennent lieu de programme électoral montre bien le vide de la position de Duceppe, qui ne vise qu'à faire disparaître, sans rien avoir à proposer, puisque de toute façon sa présence à Ottawa est creuse. Comme le faisait remarquer un commentateur avisé, les députés du Bloc ressemblent à «une bande d'opportunistes qui ont trouvé une bonne job qui assure leur emploi et leur pension de retraite». La séparation du Canada serait pour eux une mise au chômage et une perte possible de leur retraite. C'est donc plutôt d'un Bloc inutile et aux visées inquiétantes que le Québec devrait se débarrasser. »

  • Roland Berger
    Abonné
    lundi 5 décembre 2005 07h10
    La construction de la nouvelle
    « Les commentateurs politiques ont d'abord dit, un peu à la blague, que le Bloc pouvait ne pas faire de campagnes, évitant ainsi les bévues. Le Bloc a fait campagne et les médias se sont mis à la recherche de la première pelure de bananes. Et ils l'ont trouvée... dans l'enthousiasme d'un Gilles Duceppe invitant les électeurs à faire disparaître les libéraux. Et leur trouvaille a donné l'occasion à Jean Lapierre de traiter le chef du Bloc de « naziste » (sic) ! Et les médias diront ensuite que la campagne est sale comme jamais. Voyons, un peu de sérieux ! »

  • Guimont Rodrigue
    Inscrit
    lundi 5 décembre 2005 09h00
    Le moment opportun
    « Monsieur Jean Lapierre donnait plutôt l'impression d'attendre le moment opportun pour lancer une de ses phases assassines envers le Bloc Québécois.

    Mandaté par Ottawa pour conquérir le Québec, il garde sûrement encore dans sa manche d'autres mots-chocs associatifs prêts à les lancer comme des grenades au moment qu'il jugera opportun. Monsieur Lapierre, à mon avis, est allé trop loin C'est d'une tristesse! »

  • Ivan Koepjen
    Inscrit
    lundi 5 décembre 2005 12h21
    L'appel aux armes de M. RACLE : dénonçons les amalgames scandaleux !
    « Monsieur Gabriel RACLE,

    Vous employez des mots dangereux avec une légèreté surprenante et navrante : ainsi lorsque vous dites que M. Duceppe n'est pas un démocrate et qu'il faut le combattre lui et ses idées "avec les armes" !

    Ai-je rêvé de lire de telles inepties ? Non, vous les avez écrites.

    Vous lancez carrément un appel à la violence armée, un appel au sang. Tout simplement. Ni plus, ni moins.

    C'est dangereux tout autant que c'est stupide.

    Et M. Lapierre qui traite M. Duceppe de "naziste" (avec une belle faute de français que même moi Anglophone je n'aurai pas faite !).

    Monsieur RACLE vous reprenez les propos de LAPIERRE, mais plutôt que de les dénoncer pour leur caractère scandaleux, vous les appliquez contre M. Duceppe ! C'est le monde à l'envers...

    Savez-vous, "gentil" M. Gabriel RACLE, ce que l'idéologie nazie signifie ? Non, bien sûr.

    C'est une idéologie basée sur le massacre de 9 millions de personnes, dont l'immonde extermination physique de 6 millions de Juifs en raison de leur "race", en Europe pendant la Seconde guerre mondiale.

    Cette idéologie a causé la mort d'une partie de ma famille dans les camps d'extermination nazis pendant cette guerre.

    Je ne vous permets tout simplement pas, M. Gabriel RACLE, d'utiliser de telles comparaisons scandaleuses.

    Du reste, elles sont semblables à celles proférées par M. KODSI, qui sont une atteinte à la dignité de ma famille et à celle des démocrates en général.

    M. Duceppe n'est bien évidemment pas un nazi, ni ses idées. Il ne prône pas l'extermination des gens. Il prône l'indépendance démocratique du Québec avec toutes les valeurs nord-américaines de respect et de démocratie.

    Ses propos sont ceux d'un démocrate en campagne électorale, qui signifie qu'il souhaite que les Québécois élisent le moins de Libéraux que possible. Point à la ligne.

    Cela ne signifie pas que le Québec va envoyer les Libéraux corrompus en camp d'extermination ni les tuer ou je ne sais quelle autre scandaleux propos de cet acabit.

    Les Démocrates américains ont utilisé les mêmes propos que Gilles DUCEPPE à l'égard de leurs adversaires politiques lors des dernières élections : ils disaient qu'il fallait débarrasser le Sénat des Républicains.

    Ce n'est pas ça des propos nazis, M. RACLE, faites bien attention à ne pas tomber dans de dangereux et immoraux amalgames.

    Monsieur LAPIERRE est injurieux à l'égard de Monsieur DUCEPPE, selon la Charte Canadienne.

    Et vous, Monsieur RACLE, vous êtes irresponsable lorsque vous faites des appels à la haine et "aux armes" !

    En effet, nous ne sommes pas dans une dictature. Dans notre contexte l'appel aux armes est une totale ineptie !

    Le Québec indépendant proposé par Monsieur DUCEPPE n'est pas et ne sera jamais une dictature, car nous vivons ici en Amérique du Nord, pas dans les Balkans ni au Moyen-Orient.

    Nous avons une profonde culture démocratique, et si demain le Québec devient un pays indépendant, par un vote démocratique, soyez sûr Monsieur RACLE que la démocratie sera toujours là !

    Elle ne prendra pas une fusée pour se réfugier sur la planète Mars !

    Bref, lire des stupidités comme j'en lis parfois, des amalgames proférés par des Francophones québécois contre d'autres Francophones en les comparant à des nazis, tout cela me donne la nausée.

    C'est un peu ce que Jean-Daniel LAFOND a fait quand il a comparé plusieurs journalistes et intellectuels québécois à des Ayatollahs !

    Monsieur LAPIERRE banalise le mot "nazi" en l'appliquant à un politicien démocrate, M. Duceppe, dont on peut dire si vous n'êtes pas d'accord avec lui qu'il a tenu des propos excessifs, maladroits, voire stupides si vous voulez, mais sûrement pas "nazis" !

    C'est votre droit de ne pas vouloir l'indépendance tout comme moi je ne la souhaite pas forcément, mais ne proférez pas des amalgames injurieux et infondés !

    Ivan KOEPJEN
    Citoyen anglophone de Montréal »

  • François Goulet
    Abonné
    lundi 5 décembre 2005 17h37
    On se trompe de cible!
    « La phrase de M. Duceppe est tout à fait anodine. Seulement ceux et celles qui cherchent à tout prix à le prendre en défaut peuvent y voir une incitation "génicidaire". On ne peut pas, si on est moindrement censé et intelligent, prendre ça pour un appel à littéralement éliminer les Libéraux. Ça n'a aucun sens et c'est complètement ridicule!

    C'est plutôt M. Lapierre qui devrait s'excuser à la communauté juive pour avoir comparé la Shoah à un événement si banal. Quand on en est rendu là, c'est qu'on n'a vraiment plus rien à perdre... »

  • Louis Sévigny
    Abonné
    lundi 5 décembre 2005 19h03
    Les Vierges offensées
    « Le clown en chef du PLC, monsieur Jean Lapierre a donc convoqué la presse in extremis devant chez lui (?) afin de s'insurger devant les propos "naziste" de monsieur Duceppe. On connaissait ses tournures de phrase du terroir, mais celle-là est très représentative du personnage: précipitées et non réfléchies.

    Quant à monsieur Martin, Québécois, père de trois enfants, à la tête d'une compagnie de transport maritime qui bât pavillon de façon à sauver des impôts, il est très crédible: no 2 dans un des gouvernement les plus corrompu de l'histoire du Canada, il aura réussi grâce à ses talents d'administrateur à abaisser la dette du Canada sur le dos des chômeurs.

    Ne faites pas disparaître les Libéraux, « Libérez-nous-en! » »

  • Nicolas St-Gilles
    Inscrit
    mardi 6 décembre 2005 00h50
    Des propos insidieux
    « C'est inimaginable la mauvaise foi dont vous êtes capable, Gabriel Racle.

    Sous couvert de sermons doucereux d'une redondance extraordinaire (qui de surcroît, tel un ténya quittant un système digestif malade, n'en finisssent jamais), publiés dans LeDevoir. com ou ailleurs (ça semble vous préoccuper fort peu, pourvu qu'il y ait un canal public pour vos déversements de bile), votre but est toujours de dénigrer et de déconsidérer vos «adversaires» sous apparence d'arguments... «rationnels».

    Arguments qui culminent au ridicule la plupart du temps, tellement c'est tordu, excessif ou totalement déconnecté du réel. Un ridicule que très visiblement vous ne craignez pas. Jamais.

    Vous savez, M. Racle, je ne suis plus un jeune homme, et je ne suis devenu souverainiste que très progressivement, sinon tardivement, au fil des ans. Or si au prochain référendum portant sur l'Indépendance du Québec, je cocherai sans hésiter le OUI des deux mains, c'est moins par le pouvoir de conviction des Lévesque, Parizeau, Bourgault, Vigneault ou Landry, que par le dégoût, le DÉGOÛT PROFOND, que des gens comme vous* m'inspirent en prêtant les intentions les plus sordides aux leaders des forces de l'Indépendance du Québec.

    Tantôt c'est l'un, tantôt c'est l'autre. Lévesque, Bouchard, Parizeau... qu'importe. Il y a toujours un mercenaire de votre «camp» (attaques ad hominem comprises) pour dire ou écrire quelque part - car c'est là l'idée que l'on cherche à immiscer le plus largement dans les esprits - que Liberté nationale du Québec signifie plus ou moins, en dernier ressort: fascisme.

    M. Racle, ce sont les Gabriel Racle de ce monde qui ont fini par me dégoûter irréversiblement du Canada.

    Des gens qui, faute de présenter une argumentation convaincante qui pourrait amener les Québécois à demeurer en Canada, ne trouvent plus que le salissage, l'insulte, le procès d'intention, la peur et le dénigrement pour tenter d'éloigner l'auditoire visé de la voie politique qu'ils ne partagent pas, eux, personnellement.

    Bref, moi, Gabriel Racle, ne désire pas l'Indépendance du Québec. «Donc», l'Indépendance du Québec est un projet malsain et inacceptable. C'est ce qui s'appelle, pour le moins, confondre mes intérêts personnels (pas toujours bien compris, d'ailleurs) avec le «bien de l'humanité».

    J'aime cette idée, donc c'est le bien. Je n'aime point cette autre, c'est donc le mal... Transcendante analyse, M. Racle ! En langage commun, on appelle ça aussi: intégrisme.

    Or, s'il n'existe plus d'arguments rationnels qui tiennent pour convaincre les Québécois à demeurer dans ce pays prédateur de leur différence et de leur autonomie, il reste deux voies.

    1) Celle des lâches et des malhonnêtes : Démoniser ce projet (du cataclysme économique au régime autoritaire appréhendé, la fourchette se montre très large).
    ou
    2) Celle de la lucidité : a) Cesser de combattre en pure perte la patiente, pacifique et démocratique marche historique d'un peuple; b) prendre acte enfin du phénomène; et c) conclure (ou déduire) en toute honnêteté intellectuelle que la Souveraineté du Québec est l'issue la plus sensée à retenir dans l'agenda national.

    Or comme je constate, contre toute intelligence, que c'est cette première voie qui est partout retenue (les 18 derniers mois du régime Paul Martin confirment au-delà de toute «espérance» les 11 années du régime libéral fédéral précédent), je dois bien admettre maintenant que je me réjouis de l'aveuglement idéologique et des discours arrogants, vindicatifs et méprisants des Pierre Pettigrew, des Stéphane Dion, des Lucienne Robillard, des Jean Pelletier, des Denis Coderre et autres Jean Lapierre: ce sont, avec les gens de votre sorte, M. Racle, les meilleurs vendeurs de l'Indépendance.

    Oui. Les meilleurs !

    Votre cas est un peu particulier, toutefois. À l'instar de votre ami Farid Kodsi (on a les amis qu'on peut), c'est bien connu, vous êtes un Ontarien de la région d'Ottawa. Alors, au surplus, je me demande bien en quoi ces questions du Québec vous concernent, puisque ce sont les Québécois qui sont et seront appelés à se prononcer sur l'avenir du Québec. En ce sens, votre opinion sur le sujet a autant de valeur et de pertinence que s'il s'agissait d'un Cambodgien, d'un Polonais, d'un Norvégien ou d'un Étatsunien.

    Votre discours pompeux et verbeux, M. Racle, constitue en quelque sorte, de manière générale, mutatis mutandis, le condensé du discours canadien aux Québécois.

    Un discours insidieux et foncièrement malhonnête que l'on retrouve un peu partout, en effet, et à intervalles réguliers. Même dans «Le Devoir»!: www.ledevoir.com/dossiers/333/81183.html?333 (en référence à www.ledevoir.com/2005/05/04/80936.html?304)

    N St-G.

    * personnes publiques (en politique, dans le milieu des affaires, dans les médias [Gesca...], etc.) ou privées. Des gens comme vous, comme les Farid Kodsi, les Daniel Laprès et autres Marie-France Legault qui, incidemment, se reproduisent comme nuées d'insectes en juillet sur les forums d'opinions comme celui de Cyberpresse. Comme si le fanatisme aveugle - insufflé par cette colonie d'individus qui carbure au fiel, à l'injure et au ressentiment - incarnait la voie intelligente de l'avenir... »

  • Nicolas St-Gilles
    Inscrit
    mardi 6 décembre 2005 21h55
    Des propos insidieux
    « Vous savez, M. Racle, les ténors de l'Indépendance du Québec, de René Lévesque et Pierre Bourgault à Jacques Parizeau et Bernard Landry, ont joué un rôle nettement moins déterminant sur ma conversion au souverainisme (lente et progressive, il est vrai) que les propos fanatiques, malhonnêtes et profondément haineux (comme celui que vous venez à nouveau de commettre) tenus depuis des années par de nombreux canadiens (et souvent québécois) contre un projet pourtant sain et démocratique comme celui de la libération de la nation québécoise du joug et de la prédation de l'État fédéral du Canada.

    Par conséquent, M. Racle, je ne saurais trop vous inviter à poursuivre sur cette voie que vous parcourez depuis de nombreux mois. Vous constituez en effet, à titre de repoussoir, une valeur sûre dans la réussite de l'Indépendance définitive, voire accélérée, du Québec.

    Car sous les discours doucereux et moralisateurs que vous déversez comme barils d'huiles usées partout sur votre passage (à l'instar d'un Daniel Laprès, par exemple: c'est-à-dire réclamer toutes les vertus de l'«adversaire» en se conduisant soi-même comme un être sans scrupules) on comprend enfin quelle sorte d'homme vous êtes.

    Et c'est tout simplement répugnant.

    Vous êtes à vous seul, M. Gabriel Racle, la preuve vivante (nous avons à faire bel et bien à des êtres fanatiques et violents) que la perpétuation du peuple québécois dans l'ensemble canadien relève du suicide.

    Et dieu ! que vous correspondez à la personnalité-type du concept déployé dans le texte suivant: http://64.233.161.104/search?q=cache:yD7P9gqBZsQJ:www.vigile.net/05-5/13-jlg.doc

    Oui. Répugnant. »

  • FARID KODSI
    Inscrit
    mercredi 7 décembre 2005 09h42
    M. Racle est un homme bien
    « M. Racle sait de quoi il parle tout comme moi et ce ne sont pas les vulgaires et grossières insultes de quelques séparatistes fanatiques au BOUTTE qui vont nous priver de notre droit de parole. Continuez à nous insulter et les nouveaux arrivants s'apercevront bien vite à quel gang d'extrêmistes séparatistes et de racistes dangereux ils ont à faire et ils finiront par foutre en l'air votre souveraineté. »

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