Libre opinion: Droit à la réparation
Réplique à la chronique «Honte au Canada!» de Mme Denise Bombardier (Le Devoir, 26 novembre 2005)
Rollande Boivin - Laval
5 décembre 2005
Votre conception de la vie dans une réserve — «totalement dépendante, sans responsabilité aucune, sans impôts et taxes à payer, à l'abri des contraintes de la Charte des droits, une vie d'assistés sociaux» — est le texte le plus méprisant que j'ai lu depuis longtemps. Connaissez-vous la brochure publiée par le ministère des Affaires autochtones et intitulée Mythes et réalités au sujet des peuples autochtones ? Vous devriez en prendre connaissance. C'est urgent! Quand une journaliste de votre qualité écrit les inepties que je viens de lire, j'ai peur des méconnaissances qu'elle contribue à répandre. Ces méconnaissances sont source de haine.
Je fréquente depuis plus de dix ans les gens de Mashteuiatsh (Pointe-Bleue). Sachez qu'ils ne correspondent en rien à votre description. Ces gens sont responsables, créateurs et soucieux de l'avenir de leurs enfants. Ils ne veulent pas être assimilés. Les Ilnuatsh (Montagnais du Lac-Saint-Jean) gèrent leurs écoles (oui! au pluriel), leur CLSC, leur bibliothèque... et leurs boutiques d'artisanat et de fabrication de vêtements en cuir ou en fourrure, une partie de leurs territoires de chasse et de transformation du bois... Ils plantent également des jardins de plantes sacrées (médicinales).
Un besoin d'argent légitime
Je suis du nombre des enfants de la campagne qui ont fréquenté des collèges et côtoyé les filles de docteurs, d'ingénieurs... Mais jamais, jamais on ne m'a interdit de parler ma langue. Pouvez-vous imaginer ce que cela donne de ne pas pouvoir dire un seul mot dans sa langue? Même pas NEKA! (Maman!) Un jour, j'ai dit à une femme de Mashteuiatsh: «Tshinishkumitin!»
Cette dernière s'est approchée de moi pour me dire: «Je ne parle pas ma langue.» Elle avait un regard noyé.
«L'argent n'achète ni le respect, ni la dignité, ni la liberté.» Mais avec cet argent, on peut créer des cours de langue.... maternelle. Ce n'est quand même pas à vous que je dois expliquer ce que signifie perdre sa langue! La langue, c'est la source, c'est la mère! Ne le saviez-vous pas?
Les Premières Nations ont besoin d'argent pour soigner leurs enfants, les guérir du mal de l'alcool, du mal du suicide, du mal d'être, de la perte de la reconnaissance de ce qu'ils sont. Si semblables à nous et si différents.
Ils ont droit à la différence, à l'autonomie, à la réparation des torts causés.
Je vous invite à faire confiance aux femmes autochtones. Elles jouent un rôle important dans leur communauté. N'ont-elles pas réussi à faire abolir cette Loi des Indiens imposée par les Blancs, loi injuste et sexiste qui obligeait les femmes amérindiennes qui épousaient des Blancs à quitter la réserve, à perdre leur statut et à renier leur culture. C'était une manière d'assimiler un grand nombre de femmes ainsi que leurs descendants.
Nous, Québécois, voulons notre autonomie, enfin un grand nombre parmi nous. Eux, les Premières Nations, la désirent également.
N'est-ce pas un signe de maturité? À moins que vous ne les considériez comme des enfants bornés et limités à l'instar d'un certain démagogue? Non! Je vous crois plus évoluée!
Je vous prie, en terminant, d'aller vérifier vos dires. Le Amérindiens ne vivent pas au Pérou. Le Lac-Saint-Jean, ce n'est pas si loin. Et les Mohawks sont encore plus près. Les Abénaquis et les Malécites habitent près du Saint-Laurent....
Et vous? Ne sommes-nous pas, vous et moi sur des territoires qui ne nous appartenaient pas.
On pourrait peut-être partager avec l'hôte.
Je fréquente depuis plus de dix ans les gens de Mashteuiatsh (Pointe-Bleue). Sachez qu'ils ne correspondent en rien à votre description. Ces gens sont responsables, créateurs et soucieux de l'avenir de leurs enfants. Ils ne veulent pas être assimilés. Les Ilnuatsh (Montagnais du Lac-Saint-Jean) gèrent leurs écoles (oui! au pluriel), leur CLSC, leur bibliothèque... et leurs boutiques d'artisanat et de fabrication de vêtements en cuir ou en fourrure, une partie de leurs territoires de chasse et de transformation du bois... Ils plantent également des jardins de plantes sacrées (médicinales).
Un besoin d'argent légitime
Je suis du nombre des enfants de la campagne qui ont fréquenté des collèges et côtoyé les filles de docteurs, d'ingénieurs... Mais jamais, jamais on ne m'a interdit de parler ma langue. Pouvez-vous imaginer ce que cela donne de ne pas pouvoir dire un seul mot dans sa langue? Même pas NEKA! (Maman!) Un jour, j'ai dit à une femme de Mashteuiatsh: «Tshinishkumitin!»
Cette dernière s'est approchée de moi pour me dire: «Je ne parle pas ma langue.» Elle avait un regard noyé.
«L'argent n'achète ni le respect, ni la dignité, ni la liberté.» Mais avec cet argent, on peut créer des cours de langue.... maternelle. Ce n'est quand même pas à vous que je dois expliquer ce que signifie perdre sa langue! La langue, c'est la source, c'est la mère! Ne le saviez-vous pas?
Les Premières Nations ont besoin d'argent pour soigner leurs enfants, les guérir du mal de l'alcool, du mal du suicide, du mal d'être, de la perte de la reconnaissance de ce qu'ils sont. Si semblables à nous et si différents.
Ils ont droit à la différence, à l'autonomie, à la réparation des torts causés.
Je vous invite à faire confiance aux femmes autochtones. Elles jouent un rôle important dans leur communauté. N'ont-elles pas réussi à faire abolir cette Loi des Indiens imposée par les Blancs, loi injuste et sexiste qui obligeait les femmes amérindiennes qui épousaient des Blancs à quitter la réserve, à perdre leur statut et à renier leur culture. C'était une manière d'assimiler un grand nombre de femmes ainsi que leurs descendants.
Nous, Québécois, voulons notre autonomie, enfin un grand nombre parmi nous. Eux, les Premières Nations, la désirent également.
N'est-ce pas un signe de maturité? À moins que vous ne les considériez comme des enfants bornés et limités à l'instar d'un certain démagogue? Non! Je vous crois plus évoluée!
Je vous prie, en terminant, d'aller vérifier vos dires. Le Amérindiens ne vivent pas au Pérou. Le Lac-Saint-Jean, ce n'est pas si loin. Et les Mohawks sont encore plus près. Les Abénaquis et les Malécites habitent près du Saint-Laurent....
Et vous? Ne sommes-nous pas, vous et moi sur des territoires qui ne nous appartenaient pas.
On pourrait peut-être partager avec l'hôte.
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