L'Europe menace
Serge Truffaut
29 novembre 2005
La Commission européenne est très contrariée. La raison? L'utilisation de son territoire par une filiale de la CIA chargée de transporter et d'interroger des détenus islamistes. Hier, le responsable de la justice au sein de l'organisation européenne est allé jusqu'à menacer les pays ayant donné leur aval à l'installation de prisons secrètes, les sites noirs, de leur retirer le droit de vote. Et ce, pour non- respect des droits de l'homme tel que l'exige le Traité de Nice.
Depuis que le Washington Post a révélé, au début du mois, l'existence de ce réseau, on sait que deux nations sont soupçonnées de collaboration avec la CIA. Il s'agit de la Pologne, membre à part entière de l'Union européenne, et de la Roumanie qui souhaite en faire partie. S'il s'avère que les autorités polonaises ont donné leur aval à l'installation de centres de détention administrés par la CIA dans les environs de Varsovie ou de Cracovie, une procédure de suppression du vote au sein de la Commission sera entreprise. La Roumanie? Étant candidate à l'Union, elle se fera taper sur les doigts. Guère plus.
Cela étant, l'unanimité des 25 de l'Union étant nécessaire pour suspendre le droit de vote, il est peu probable que la Pologne, s'il est vrai qu'il y a eu un site noir sur son territoire, soit mise au piquet. Il est vraisemblable que la menace formulée par le commissaire à la justice traduit davantage une volonté de savoir que de punir. Depuis plusieurs jours, les responsables concernés tentent de forcer la CIA à sortir de son mutisme.
Ainsi, les gouvernements d'Allemagne, d'Islande, d'Espagne, de Suède et de Suisse ont demandé des éclaircissements sur le sujet. Plus précisément, sur l'usage de l'espace aérien et de divers aéroports à des fins de transit des prisonniers. Jusqu'à présent, les autorités américaines ont refusé de répondre. En fait, elles n'ont jamais nié ou confirmé l'existence d'un tel réseau qui suppose l'exercice de la torture.
Cette stricte observation du motus et bouche cousue de la part des autorités américaines est largement attribuable au débat sur la torture qui a cours aux États-Unis. Pour l'instant, une majorité de sénateurs ont voté, à l'instigation de John McCain, une loi interdisant l'usage de la brutalité. Depuis lors, ils négocient avec la Chambre des représentants un texte afin d'harmoniser le tout.
Cette initiative des élus du Congrès a suscité et continue de susciter la colère, au premier chef du vice-président Dick Cheney farouche opposant à l'amendement rédigé par McCain. Cheney voudrait que la CIA soit exemptée. Qu'elle soit libre d'agir à sa guise comme bon lui semble. Si le Congrès entérine le tout, l'exécutif américain se promet d'opposer le droit de veto. Comment prétendre, après cela, défendre la démocratie et les droits de la personne?
Depuis que le Washington Post a révélé, au début du mois, l'existence de ce réseau, on sait que deux nations sont soupçonnées de collaboration avec la CIA. Il s'agit de la Pologne, membre à part entière de l'Union européenne, et de la Roumanie qui souhaite en faire partie. S'il s'avère que les autorités polonaises ont donné leur aval à l'installation de centres de détention administrés par la CIA dans les environs de Varsovie ou de Cracovie, une procédure de suppression du vote au sein de la Commission sera entreprise. La Roumanie? Étant candidate à l'Union, elle se fera taper sur les doigts. Guère plus.
Cela étant, l'unanimité des 25 de l'Union étant nécessaire pour suspendre le droit de vote, il est peu probable que la Pologne, s'il est vrai qu'il y a eu un site noir sur son territoire, soit mise au piquet. Il est vraisemblable que la menace formulée par le commissaire à la justice traduit davantage une volonté de savoir que de punir. Depuis plusieurs jours, les responsables concernés tentent de forcer la CIA à sortir de son mutisme.
Ainsi, les gouvernements d'Allemagne, d'Islande, d'Espagne, de Suède et de Suisse ont demandé des éclaircissements sur le sujet. Plus précisément, sur l'usage de l'espace aérien et de divers aéroports à des fins de transit des prisonniers. Jusqu'à présent, les autorités américaines ont refusé de répondre. En fait, elles n'ont jamais nié ou confirmé l'existence d'un tel réseau qui suppose l'exercice de la torture.
Cette stricte observation du motus et bouche cousue de la part des autorités américaines est largement attribuable au débat sur la torture qui a cours aux États-Unis. Pour l'instant, une majorité de sénateurs ont voté, à l'instigation de John McCain, une loi interdisant l'usage de la brutalité. Depuis lors, ils négocient avec la Chambre des représentants un texte afin d'harmoniser le tout.
Cette initiative des élus du Congrès a suscité et continue de susciter la colère, au premier chef du vice-président Dick Cheney farouche opposant à l'amendement rédigé par McCain. Cheney voudrait que la CIA soit exemptée. Qu'elle soit libre d'agir à sa guise comme bon lui semble. Si le Congrès entérine le tout, l'exécutif américain se promet d'opposer le droit de veto. Comment prétendre, après cela, défendre la démocratie et les droits de la personne?
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