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Lettres: Pas de gêne à Laval

François Gosselin - Montréal, le 23 novembre 2005  29 novembre 2005 
Il n'y a plus de gêne. La Ville de Laval se paie des publicités télévisuelles pour faire la promotion de sa qualité de vie en appuyant son argumentaire sur la logique suivante: venez vivre les avantages de la grande ville sans ses inconvénients!

On savait déjà que les villes de banlieue profitaient de la vitalité économique de Montréal sans contribuer à son fonctionnement. On savait aussi que les familles qui quittent Montréal pour la banlieue le font pour des raisons de sécurité et de qualité de vie. Avec les volumes de circulation automobile sans cesse croissants à Montréal on peut les comprendre... Rien de nouveau ici. Ce qui change maintenant, c'est qu'on nous le dit ouvertement et on invite directement les jeunes familles à quitter Montréal pour vivre le bonheur à Laval.

Ce qui ne sera pas dit par contre, c'est que lundi matin ils reviendront tous en voiture à Montréal pour ajouter aux problèmes qui ont fait fuir les jeunes familles vers ces couronnes si reposantes. On peut se demander si cette grossière campagne de publicité n'est pas liée au «très intelligent» projet de pont de la 25 vers Laval. Combien de familles vont lever les feutres vers Laval à la faveur de ce projet?

Nous voilà encore embourbés dans un modèle de développement poussiéreux sorti tout droit des années 60. Même les États-Unis ont commencé à s'éloigner de l'«american way of life». Imaginez, des villes comme Houston, Dallas et Phoenix ont implanté des lignes de tramway dans leur centre-ville! Mais, au Québec, on n'a pas de temps à perdre avec ça. Ici, on aime les années 60 et les voitures neuves. Encore en 2004 on a dépensé plus d'argent dans l'automobile que dans notre système de santé. Il faut le faire! Le parc automobile continue de croître plus vite que la population. Bravo, les Québécois! Et ça rêve d'indépendance...

Les problèmes budgétaires du Québec sont fortement reliés à ce type de développement basé sur le gaspillage. Rien à faire, on est convaincu que les voitures c'est la liberté. Mais, j'y pense, peut-être que l'indépendance du Québec sera bientôt disponible chez votre concessionnaire du coin?
 
 
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