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Manifestations étudiantes à Concordia lors de la visite de Benjamin Nétanyahou - Concordia: j'y étais

Julien Bauer  21 septembre 2002 
Pierre Beaudet, président d'Alternatives, cherche à me faire passer pour un menteur. Manque de chance pour M. Beaudet: Concordia, le 9 septembre, j'y étais. Les lecteurs du Devoir ont le droit de savoir ce qui s'est passé.

Arrivés sur place, mon épouse et moi, avant 11h, nous avons constaté que les portes donnant sur le boulevard de Maisonneuve étaient bloquées par des manifestants. Un de leurs leaders hurlait des imprécations pour chauffer la foule. Le service de sécurité nous a dit d'entrer par la rue Mackay puis nous a dirigés vers la rue Bishop. Nous avons attendu plus d'une demi-heure, puis, tout à coup, venant du nord où il n'y avait aucun policier, plus d'une centaine de personnes ont dévalé la rue et poussé ceux qui attendaient. Ils ont scandé ce grand hymne pacifique, «sans hargne et sans haine», dixit M. Beaudet: «Par le sang, par le feu, nous construirons la Palestine.» Ils avaient un assortiment plutôt curieux de drapeaux: des drapeaux palestiniens, des drapeaux du Hamas, un drapeau libanais (sans doute en signe de solidarité avec le Liban occupé par la Syrie), des drapeaux rouges avec Che Guevara et un drapeau soviétique avec faucille et marteau.

À trois reprises, les manifestants «sans hargne et sans haine» ont attaqué ceux qui croyaient, naïvement, que le droit de parole fait partie de la vie démocratique. La tension montant, les attaques, je le précise, venant exclusivement des amis de Pierre Beaudet et à aucun moment de ceux qui étaient venus écouter Nétanyahou, j'ai essayé tant bien que mal de protéger mon épouse des coups et lui ai recommandé de se mettre à l'abri de l'autre côté des barricades gardées par des policiers. Une policière a alors dit à mon épouse: «Si tu passes, je te matraque.»

Finalement, nous avons pu entrer à Concordia. À l'intérieur, des manifestants «sans hargne et sans haine» hurlaient des insultes. Lorsqu'on a annoncé que Nétanyahou ne donnerait pas sa conférence, j'ai cru qu'il ne nous restait plus qu'à partir. C'était sans compter les manifestants «sans hargne et sans haine» qui, non contents d'avoir empêché un invité de parler, voulaient en prime attaquer ceux dans la salle. La police nous a fait attendre plus d'une heure et demie avant que nous puissions sortir.

D'autres personnes que je connais ont eu une expérience encore plus désagréable. Lorsqu'un manifestant a attaqué Norma Joseph, professeur à Concordia, son mari a voulu la défendre. Les «sans hargne et sans haine» se sont partagé la tâche, un homme frappant M. Joseph et une femme se chargeant de son épouse.

Que de tels agissements soient présentés par Pierre Beaudet comme «un message de paix» en dit plus long sur la hargne et la haine des manifestants que n'importe quelle analyse.
 
 
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