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Une coordination à grande échelle a des effets bénéfiques

24 novembre 2005 
Lettre à Carole Théberge, ministre de la Famille

Nous sommes un groupe de gestionnaires de centres de la petite enfance qui oeuvrons en milieu familial depuis de nombreuses années. Parmi nous, la plupart sont des pionnières qui ont participé à la création des premières agences de services de garde du Québec.

Nous désirons apporter notre contribution au débat actuel sur la réforme des services de garde en milieu familial entreprise par le gouvernement du Québec.

Nous voulons vous dire que nous appuyons cette réforme. Nous la considérons nécessaire pour des considérations tout autant pédagogiques qu'administratives ou financières.

La plupart des points de vue diffusés à la radio et à la télévision sur la réforme sont très alarmistes. Tous ces points de vue, y compris ceux de certains universitaires, vont dans le sens d'une pensée unique qui suppose que la qualité passe par de petites entités administratives. Mais ces hypothèses ne sont nullement confirmées par des faits. Et il se trouve que l'expérience vécue du milieu familial nous démontre le contraire: la coordination de nombreuses places en milieu familial a en réalité des effets bénéfiques.

Ce qui existait avant 1997

Avant la réforme de 1997, qui a créé les centres de la petite enfance à partir des agences de services de garde en milieu familial et des garderies sans but lucratif, il existait déjà plusieurs entités qui exploitaient et offraient de nombreuses places en milieu familial. À Québec, une gestionnaire supervisait quatre agences totalisant 660 places. À Laval, on retrouvait trois agences regroupées de 150 places chacune. Et dans les Basses-Laurentides, deux CPE travaillaient ensemble avec 300 places et même 500 places par la suite jusqu'en 2002.

Il y a aussi d'autres exemples de ce genre dans le Québec de l'époque. Il apparaît que ces regroupements de places permettaient de réaliser des économies d'échelle qui dégageaient des sommes pouvant être réinvesties dans le soutien aux responsables de services de garde et aux enfants.

Les impacts sur la qualité de services

Le fait pour un regroupement d'avoir de nombreuses places à son permis lui permet de bénéficier de ressources financières plus importantes. L'utilisation de l'informatique et de logiciels perfectionnés autorise maintenant aisément la gestion de nombreuses places. Par exemple, un bureau coordonnateur, en quadruplant le nombre de ses places de 250 à 1000, n'aurait pas besoin d'investir dans les mêmes proportions, en temps et en argent, pour réaliser les tâches administratives et comptables. Une partie de cette économie permettrait l'embauche de personnel dévoué au soutien pédagogique.

À l'heure actuelle, un CPE qui oeuvre en milieu familial avec peu de places n'a pas les ressources financières lui permettant d'avoir une conseillère pédagogique à temps plein. Un CPE qui coordonne 250 places dans ce même mode de garde a généralement, lui, au moins deux personnes qui travaillent exclusivement à donner des services pédagogiques aux responsables de services de garde et aux enfants.

Avec un bureau coordonnateur, il sera possible d'embaucher un plus grand nombre de conseillères pédagogiques. Cela devrait amener la formation d'une véritable équipe pluridisciplinaire. Les échanges entre les membres d'une équipe créent une synergie qui génère davantage de possibilités de résolution de problèmes, ce qui amène des solutions plus appropriées pour répondre aux besoins des enfants.

Pour réussir

Le fait d'augmenter le nombre de places à coordonner ne signifie nullement que les regroupements de services de garde (RSG) devront attendre «en ligne» avant d'obtenir des services. Le bureau coordonnateur devra prendre les moyens pour que les RSG puissent s'adresser à une conseillère en particulier, qui les connaît et qui saura répondre à leurs besoins.

Pour réussir la réforme de la garde en milieu familial, nous demandons à ce que les bureaux coordonnateurs ne soient confiés qu'à des organismes sans but lucratif qui, d'après nous, présentent une meilleure garantie de services aux enfants.

Le processus d'agrément des bureaux coordonnateurs devra être rigoureux. Nous considérons que la garde en milieu familial doit être exclusivement confiée à ceux qui croient en ce mode de garde et qui possèdent la compétence et l'expertise en la matière, indépendamment des appuis politiques.

Le financement accordé aux bureaux coordonnateurs devra être suffisant pour leur permettre d'accomplir avec efficacité les opérations liées à l'administration et à la pédagogie.






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