mercredi 25 novembre 2009 Dernière mise à jour 00h11


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Fronde écologiste contre Charest

Louis-Gilles Francoeur   23 novembre 2005 
Le milieu environnemental québécois «n'a plus confiance» dans le gouvernement Charest parce que son exercice du pouvoir depuis deux ans et demi «va exactement dans le sens contraire à ses déclarations en faveur de la protection de l'environnement et du développement durable», a déclaré hier Steven Guilbeault au nom de quatre importants groupes écologistes québécois.

C'est principalement l'absence d'un plan d'action fonctionnel de lutte contre les changements climatiques et l'absence d'un plan de développement des transports en commun, comprenant des objectifs et des échéanciers de réalisation précis, qui amènent les groupes écologistes à parler d'un «bris de confiance» dans leurs relations avec Québec et son ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Thomas Mulcair.

Les groupes n'ont pas seulement qualifié de «ridicules» les consultations que Québec a décidé de tenir sur le projet de loi du ministre Mulcair sur le développement durable et, depuis une semaine sans prévenir personne, sur son ébauche de politique de l'énergie. Les groupes vont beaucoup plus loin et affirment qu'à moins d'un changement de cap majeur du gouvernement Charest, ils vont boycotter la commission parlementaire sur le développement durable et la consultation par Internet sur la politique énergétique.

Cette fronde, d'autant plus significative qu'elle provient de groupes qui n'hésitent pas à collaborer avec les gouvernements en général, réunit sur un même front le mouvement vert étudiant Environnement Jeunesse, Équiterre, Greenpeace et Nature Québec, que l'on connaissait jusqu'ici sous le nom d'Union québécoise pour la conservation de la nature (UQCN). D'autres groupes importants qui partagent les mêmes préoccupations, comme l'Association québécoise de lutte à la pollution atmosphérique (AQLPA) et le mouvement Québec-vert-Kyoto, pourraient ajouter leur poids à cette liste. Déjà hier, les Conseils régionaux de l'environnement de Montréal et de Québec ont rapidement appuyé les quatre groupes écologistes qui ont décidé à la dernière minute de confronter tôt hier matin le ministre Mulcair, alors qu'il s'apprêtait à prononcer une conférence devant le groupe international Unisfera, réuni à Montréal.

L'essentiel des griefs des écologistes se résume dans le fait que, selon la déclaration conjointe faite hier, «l'inertie et le manque de volonté du ministre Mulcair face à plusieurs projets environnementaux, de même qu'une série de décisions incohérentes récentes, minent la crédibilité du gouvernement face au défi du développement durable».

Au cabinet du ministre Mulcair, on tentait de minimiser ce changement d'attitude des écologistes, qui avaient adopté depuis deux ans une attitude conciliante, y voyant plutôt une «stratégie pour tenter de bloquer le projet de la 25 et non une opposition fondamentale sur les principales politiques», précisait une source digne de foi.

Pour Steven Guilbeault, «cette interprétation constitue une erreur fondamentale de perspective. Ce gouvernement n'a pas hésité à annoncer un projet d'autoroute le jour de l'entrée en vigueur du protocole de Kyoto en février. À moins d'une semaine du début de la Conférence annuelle des Nations unies sur les changements climatiques, à Montréal, Québec n'a aucune vision, aucun objectif ni aucun plan d'action pour atteindre ici au Québec une réduction minimale de 6 % des gaz à effet de serre sous leur niveau de 1990. Au contraire, il accorde des centaines de millions à la construction d'autoroutes mais renvoie la balle à Ottawa pour le financement des transports en commun, un domaine où il n'a aucun plan d'ensemble mais des projets épars.»

Mulcair veut dévoiler son plan

Pendant sa conférence hier matin devant le groupe Unisfera, le ministre Mulcair a pourtant déclaré qu'il avait décroché une «entente de principe» avec Ottawa qui lui permettrait d'ici 24 heures de dévoiler son Plan d'action sur les changements climatiques, un plan, précisait-il par la suite au Devoir, qui comprendra «des dates et des quantités» de GES à soustraire au bilan québécois. Thomas Mulcair redoutait cependant que cette entente, en attente d'un feu vert final en haut lieu à Ottawa, ne subisse des retouches hier au ministère fédéral de l'Environnement, ce qui pourrait en retarder l'annonce conjointe d'une ou deux journées. Québec, a précisé le ministre, s'attend à recevoir 325 millions si Ottawa utilise les mêmes bases de comparaison qui lui ont permis d'accorder 538 millions à l'Ontario.

Le ministre a aussi donné comme exemple de sa politique de développement durable le fait qu'il s'apprête d'ici Noël à imposer une consigne sur les contenants d'eau potable en plastique. Pas plus de 6 % de ces bouteilles, qu'on retrouve partout dans la nature comme en ville, ne sont récupérées par la collecte sélective, a-t-il dit. Il espère par la consigne hausser ce pourcentage à 80 %. Mais pas question pour l'instant, dit-il, d'étendre cette consigne aux bouteilles utilisées pour les jus et boissons énergisantes, souvent les mêmes qu'on utilise pour l'eau potable.

Ces décisions sont perçues comme très marginales aux yeux des écologistes en comparaison des conséquences de «l'oubli» de Québec, qui ne mentionne même pas les transports dans sa Stratégie énergétique, pourtant la principale source de gaz à effet de serre au Québec. «Comme si les deux dossiers étaient sans rapport», commente Steven Guilbeault. Les groupes estiment tout aussi inconséquentes les deux consultations annoncées par Québec sur le développement durable et l'énergie en pleine conférence internationale de Montréal sur les changements climatiques.

La stratégie énergétique québécoise propose la relance des projets hydroélectriques, le développement de l'éolien, l'efficacité énergétique, l'innovation technologique et la diversification des approvisionnements en pétrole et en gaz naturel par des forages dans le golfe, soit un amalgame des projets en cours. Les groupes opposent une fin de non-recevoir très nette à cette politique car elle légitime plusieurs sources importantes de gaz à effet de serre, comme la multiplication des ports méthaniers au Québec et l'exploration pétrolière du golfe.

«À moins que Québec ne démontre par un plan cohérent et chiffré que ces projets ne vont ni augmenter ni compromettre l'atteinte de l'objectif de réduction des GES au niveau minimal de 6 % sous la barre de 1990, nous ne voulons même pas en discuter», précisait Steven Guilbeault au nom des groupes.

Pendant ce temps, à Ottawa, le gouvernement Martin a annoncé hier avoir promulgué le décret qui inclut désormais les six gaz à effet de serre visés par le protocole de Kyoto dans la liste des contaminants toxiques régis par la Loi canadienne de l'environnement. Cette inclusion permettra au gouvernement fédéral d'exiger des rapports des industries sur leurs émissions de GES.

D'autre part, l'Institut Pembina a publié hier une étude sur son site Internet qui propose une démonstration de la nécessité et de la faisabilité de réduire au Canada les émissions de GES actuelles de 80 % d'ici 2050, soit la cible ultime qui permettra, selon les chercheurs, non seulement de ralentir mais aussi d'arrêter le réchauffement en cours du climat.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Fleurette Riverin
    Abonné
    mercredi 23 novembre 2005 14h07
    Démagogie des groupes environnementaux
    « Les groupes environnementaux, dont Greenpeace et Équiterre avec à leur tête Steven Guilbault, posent un geste de très petite politique en venant attaquer le gouvernement Charest et en menaçant dee boycotter la commission parlementaire sur l'environnement. Qu'ils aient donc le courage d'aller se faire élire sous la bannière séparatiste, car s'ils veulent faire de la politique, au moins ils évolueront visière levée au lieu de toujours attaquer de façon souvent très démagogique le gouvernement libéral de Jean Charest.

    Thomas Mulcair est le meilleur ministre de l'environnement que l'on ait eu au Québec et il serait facile de le constater en comparant ses réalisations à celles d'André Boisclair quand il occupait le même poste, car celui-ci n'avait rien fait de concret à part de brasser du vent et des paroles creuses, pourquoi n'ont-ils pas dénoncé alors l'inertie,le manque de vision et les décisions incohérentes du ministre péquiste?

    Le gouvernement Charest a diminué de 20% l'exploitation forestière pour sauver la forêt laissée à l'abandon par les péquistes, il a développé l'énergie éolienne, il a négocié de façon très serrée avec le fédéral pour faire reconnaître les efforts du Québec
    dans la réduction des gaz à effet de serre, négociations qui sont à la veille d'aboutir et qui donneront au gouvernement Charest plus d'argent à injecter dans le transport et le développement durable.

    Qu'on compare les réalisations de Mulcair et de Boisclair et on verra lequel des deux a vraiment réalisé des choses pour l'environnement au Québec. Ces attaques, sont fausses, basses, partisanes et démagogiques. »

  • Marianne Vaucouleurs
    Inscrite
    jeudi 24 novembre 2005 13h43
    Une pro de la Démago
    « Démagogie, fanatisme, parti-pris, aveuglement...

    Tous les lecteurs des forums québécois qui discutent politique savent depuis de lunes qu'auprès de vous, mamzelle Fleurette, en la matière nous sommes tous des amateurs... »

  • Fleurette Riverin
    Abonné
    vendredi 25 novembre 2005 13h17
    Insultes
    « Les insultes étant l'arme des lâches et des faibles, et aussi de ceux qui n'ont pas d'arguments, je vous les laisse, et comme je trouve que vous les méritez si bien, je vous retourne vos propres injures, vous n'aurez qu'à en faire une copie conforme lorsque vous voudrez à nouveau insulter quelqu'un sur ce forum quand il ne partage pas vos opinions.

    Et pour parodier la chanson:
    "MA P'TITE Mamzelle Marianne
    Remontez donc sur votre âne"

    Et gardez vos âneries pour vous et vos semblables!

    Fleurette Riverin »

  • Marcelin Gélinas
    Inscrit
    lundi 28 novembre 2005 13h47
    Elle a raison
    « Vous avez raison, en effet, Mme Vaucouleurs.

    Mais c'est courant (tout bon analyste le sait): les fanatiques voient le fanatisme partout hormis chez eux-mêmes.

    Au fond, heureusement qu'il en est ainsi. Car s'ils se rendaient compte de leur ridicule, ils n'oseraient plus sortir de leurs quartiers autrement qu'avec un sac «brun» sur la tête.

    Heureusement, pour une autre raison également : ces gens-là, de la p'tite mam'zelle Fleurette au grossier Farid, discréditent dans l'oeuf les opinions qu'ils défendent.

    Ce sont autant de Pierre Pettigrew, de Jean Pelletier et de Denis Coderre qui soufflent sans s'en apercevoir sur la grand'Voile de la Liberté de la nation québécoise.

    Laissons-les croire. Ils ne font de mal qu'à eux-mêmes. Ils poussent les individus réfléchis dans l'«autre» camp.

    Ces gens-là sont nos alliés objectifs. Aussi,
    encourageons-les plutôt à continuer à s'«exprimer». Ce sont d'excellents «rabatteurs» des forces nobles de l'Indépendance du Québec.

    Qui surgira bien tôt ou tard.
    On appelle ça l'Histoire.

    Qui se fiche bien des crapauds et des insectes. Qui croassent et qui piquent pour se sentir exister... »

  • Geneviève Chénard
    Inscrite
    mardi 29 novembre 2005 10h23
    Fausses accusations
    « Madame Fleurette,

    Vous accusez à tort les groupes environnementaux de faire de la petite politique alors que si vous aviez une petite connaissance du fonctionnement des Commissions parlementaires, vous seriez au courant qu'on y interroge des experts et des gens concernés par la problématique. Ces gens concernés par l'environnement, dans le présent cas, se regroupent principalement autour de ces groupes environnementaux reconnus et qui ont généralement une très grande crédibilité auprès du Gouvernement. Vous savez madame Fleurette, l'Environnement est une problématique multidisciplinaire qui exige le travail commun de tous les acteurs québécois. Que vous le vouliez ou non, les groupes environnementaux représentent un acteur important au niveau de la politique et ce partout dans le monde, mais cela ne fait pas d'eux des joueurs de petite politique pour autant.

    Vous suggérez qu'ils se présentent aux élections? Ce serait la dernière de leur volonté! Au contraire, ils tiennent à faire avancer les causes sociales et environnementales et ils savent très bien qu'à cet effet, la population québécoise est beaucoup plus efficace que le cabinet des ministres. Alors contrairement à ce que vous pensez, ces groupes font beaucoup plus de communication et de sensibilisation que de politique de bas étage.

    Vous aurez remarqué que je ne teinte pas ma réflexion de partisanerie, puisque cette dernière se veut strictement environnementale et qu'en matière d'environnement, il n'a pas de place pour la partisanerie. Cependant, j'ai personnellement mené une étude de plus de six mois sur les réalisations environnementales du Gouvernement Charest. Et je me dois, en fonction des résultats obtenus, de rectifier votre affirmation concernant monsieur Mulcair. Votre discours dilapide monsieur Boisclair de façon évidente et je ne suis pas en ce moment, dans la capacité de vérifier vos dires. Cependant je nuance votre affirmation quant au fait que monsieur Mulcair soit le meilleur ministre de l'Environnement connu à ce jour, puisque à ce sujet je possède une solide argumentation.

    Alors qu'en première année de mandat il était manipulé par monsieur Charest qui endossait pratiquement le rôle de ministre de l'environnement et qui prenait la parole dans toutes les annonces officielles, monsieur Mulcair est devenu un annonceur public au cours des années qui ont suivi. Il agit maintenant à ce titre pour de grands projets qui demeurent et j'utiliserai vos mots : que du vent et des paroles creuses.

    Vous mentionnez à plus d'une reprise que l'on doit comparez les actions de Boisclair et de Mulcair, mais vous n'en énumérez aucune.Ça madame Fleurette ça ressemble à de la petite politique. Moi je vous citerai quelques arguments. Le projet de développement durable. Le Québec a acclamé cette grande nouvelle, cependant le projet traîne en annonces publiques, en commission à venir. le gouvernement cherche à gagner du temps pour laisser ce projet inachevé dans les mains des prochains dirigeants.

    Avez-vous lu concrètement le projet de loi sur le développement durable? Il y a dans ce document des propositions pour modifier des éléments tellement dans les lois et l'administration publique québécoise que les débats et les ententes ne seront jamais conclues avant la fin du mandat du PLQ.

    En ce qui concerne les changements climatiques, je dois également appuyer les groupes environnementaux puisque monsieur Mulcair n'a pas respecté son engagement concernant la publication d'un plan québécois de réduction des GES. Tout comme il n'a pas respecté son engagement relatif à l'étiquetage obligatoire des OGM. Déjà en juin 2003, soit moins de deux mois après son élection, le gouvernement recule quant à cet engagement préventif majeur en matière de consommation québécoise. Vous parlez de la forêt. Certes la réduction de 20% est une bonne nouvelle.

    Mais le développement durable comme monsieur Charest l'entend doit également tenir compte de l'aspect social, qui sera grandement touché par ces modifications. Déjà dans le milieu, des gens sont sans emploi, victime d'une économie trop longtemps axée sur la surexploitation des ressources. Le grand défi du gouvernement sera maintenant de restructurer le système économique québécois parce que dans trop peu de temps malheureusement, une grande partie du Québec des régions nécessiteront un soutien et une aide économique des grands centres. Mais cette problématique, le gouvernement n'y a pas encore pensé. Qu'est-ce que qui vas se passer quand ces populations n'auront plus droit au chômage?

    Vous voyez, je pourrais continuer encore longtemps de la sorte, mais je ne saurais passer sous silence le cafouillage relatif à la centrale du Suroît et qui risque de se répéter avec le projet d'autoroute et de pont de la 25. En tentant d'outrepasser le BAPE, le ministre et son gouvernement vont trop loin dans leurs annonces publiques, ce qui choque la population et qui ensuite les forces à reculer en raison des outils qu'ils ont eux-mêmes développé dans un souci de démocratie et qui les rappelle à l'ordre. Selon vous madame Fleurette, qui ici fait de la petite politique. »

  • FARID KODSI
    Inscrit
    mercredi 30 novembre 2005 10h23
    Mamzelle sans couleurs.
    « Elle l'a bien dit la Vaucouleurs, elle et ses amis séparatistes, les La Hire, Guimond, Lacroix et compagnie font partie d'une gang d'amateurs qui ne font que s'attaquer de façon irrespectueuse et grossière à tous ceux qui ne partagent pas leur opinion. Je respecte et appuie les propos de Madame Riverin qui a une vision plus juste de la réalité politique et un respect plus digne à l'égard de ses adversaires, c'est une vraie démocrate; quant aux autres, ils peuvent bien continuer à insulter leurs semblables, c'est leur seule marque de commerce, il suffit de les voir se chicaner les uns contre les autres au sein de leur propre parti. Ce sont les maîtres de la discorde, l'ex-premier ministre Johnson en sait quelque chose et son pied de nez au PQ en dit long. »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
6 réactions
0 votes
 
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009