Lettres: Et si les souverainistes étaient des losers ?
Philippe Münch - Le 22 novembre 2005
23 novembre 2005
Une pluie de qualificatifs s'est abattue la fin de semaine dernière sur les propos du ministre des Affaires étrangères, Pierre Pettigrew: indignes, ignobles, méprisants, inacceptables, irrespectueux, inexcusables,
pouvait-on entendre ici et là dans le camp souverainiste.
Pris globalement et sans nuance, le mot loser accolé aux chefs historiques du Parti québécois résonne bien comme une injure particulièrement injuste pour des hommes politiques qui ont façonné et marqué l'histoire du Québec moderne. Chefs de parti et surtout hommes d'État, ils ont fait avancer et progresser, au cours des 30 dernières années, la société québécoise par diverses réalisations. La liste serait longue et vaine à établir pour des carrières politiques qui n'ont pas connu seulement des défaites, des revers et des échecs, c'est-à-dire ce qui est le propre des losers.
Mais derrière la déclaration intempestive du ministre se cache peut-être une réalité troublante, voilée par la vague d'indignation. Ces chefs historiques, sans exception, ont dû démissionner parce qu'ils n'avaient pas réussi ou parce qu'ils n'avaient pas la capacité de réaliser l'objectif premier, la raison d'être du Parti québécois: la souveraineté du Québec. C'est en ce sens qu'ils sont peut-être des losers, accumulant défaite sur défaite sur une question aussi importante et vitale que la question nationale. Plusieurs souverainistes diront, à la de Gaulle, que le Québec a perdu une bataille, voire des batailles, mais qu'il n'a pas perdu la guerre. Plusieurs feront une lecture optimiste de l'affirmation nationale depuis la Révolution tranquille, chaque défaite étsant en réalité une progression inéluctable du Québec vers l'indépendance: 40 % en 1980; 49,5 % en 1995, 50 % plus une voix la prochaine fois.
Seul un troisième référendum tranchera la question. Une défaite aura raison du chef et enterrera le projet pour de nombreuses années, sinon définitivement. Dans ce cas, ces chefs historiques auront vraiment été d'éternels perdants...
pouvait-on entendre ici et là dans le camp souverainiste.
Pris globalement et sans nuance, le mot loser accolé aux chefs historiques du Parti québécois résonne bien comme une injure particulièrement injuste pour des hommes politiques qui ont façonné et marqué l'histoire du Québec moderne. Chefs de parti et surtout hommes d'État, ils ont fait avancer et progresser, au cours des 30 dernières années, la société québécoise par diverses réalisations. La liste serait longue et vaine à établir pour des carrières politiques qui n'ont pas connu seulement des défaites, des revers et des échecs, c'est-à-dire ce qui est le propre des losers.
Mais derrière la déclaration intempestive du ministre se cache peut-être une réalité troublante, voilée par la vague d'indignation. Ces chefs historiques, sans exception, ont dû démissionner parce qu'ils n'avaient pas réussi ou parce qu'ils n'avaient pas la capacité de réaliser l'objectif premier, la raison d'être du Parti québécois: la souveraineté du Québec. C'est en ce sens qu'ils sont peut-être des losers, accumulant défaite sur défaite sur une question aussi importante et vitale que la question nationale. Plusieurs souverainistes diront, à la de Gaulle, que le Québec a perdu une bataille, voire des batailles, mais qu'il n'a pas perdu la guerre. Plusieurs feront une lecture optimiste de l'affirmation nationale depuis la Révolution tranquille, chaque défaite étsant en réalité une progression inéluctable du Québec vers l'indépendance: 40 % en 1980; 49,5 % en 1995, 50 % plus une voix la prochaine fois.
Seul un troisième référendum tranchera la question. Une défaite aura raison du chef et enterrera le projet pour de nombreuses années, sinon définitivement. Dans ce cas, ces chefs historiques auront vraiment été d'éternels perdants...
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