Layton lance le compte à rebours électoral
Les libéraux ont rejeté, comme prévu, la motion de l'opposition leur demandant de se saborder après Noël
22 novembre 2005
Photo : Agence Reuters
Le chef du NPD Jack Layton et les membres de son caucus ont applaudi hier soir à l’adoption d’une motion demandant à Paul Martin de dissoudre la Chambre après le 2 janvier 2006.
Ottawa — Le compte à rebours électoral a débuté hier soir, alors que les troupes libérales de Paul Martin ont rejeté la demande de l'opposition de se saborder après Noël. Tout est maintenant en place pour que le chef conservateur Stephen Harper mette aux voix lundi prochain une motion de censure pour renverser le gouvernement et faire basculer le pays en campagne électorale pendant le temps des fêtes. Le seul suspense de ce calendrier reste la date de scrutin que choisira le premier ministre.
L'excitation n'était pas au rendez-vous hier soir tellement le déroulement des événements était connu d'avance. Tel que prévu, la motion du chef du NPD, Jack Layton, demandant à Paul Martin de dissoudre la Chambre après le 2 janvier a été adoptée par le Parlement à 167 voies contre 129.
Comme on s'y attendait, tous les libéraux présents ont voté contre la motion, tandis que tous les conservateurs, bloquistes et néo-démocrates présents ont voté pour. Le premier ministre est revenu en Chambre juste à temps pour le vote, lui, qui une demi-heure plus tôt, recevait un prix environnemental du Sierra Club pour s'être battu pour l'intégrité de la Réserve faunique nationale de l'Arctique, menacée par le désir des États-Unis d'y entreprendre des forages pétroliers.
Bien qu'adoptée par la Chambre, la motion n'a aucune portée législative ou parlementaire. Le gouvernement est libre de s'y plier ou non. D'ailleurs, les ténors libéraux avaient déjà fait savoir dans la journée qu'ils ne la respecteraient pas. «Nous avons été très clairs [sur le fait] que nous voulions une élection au printemps, et nous voulons encore une élection au printemps», a répété le leader libéral en Chambre, Tony Valeri.
Dans les faits, les conséquences de ce vote sont réelles. L'opposition n'obtenant pas ce qu'elle désire, à savoir un engagement solennel du premier ministre de déclencher des élections après Noël, elle passe à la seconde étape de son plan.
«Le plan de match est suivi, a commenté le chef bloquiste, Gilles Duceppe. Il y aura un débat [...] jeudi des conservateurs portant sur le vote de confiance et on votera lundi prochain.» La motion stipulera que «la Chambre a perdu confiance dans ce gouvernement». Elle sera adoptée, puisque l'opposition est unanime. Le gouvernement minoritaire libéral sera renversé et des élections, déclenchées. Le scrutin pourrait être aussi tôt que le 3 janvier, mais on s'attend plutôt à ce que le premier ministre choisisse le 9, le 16 ou même le 23 janvier.
Avec une telle date de scrutin, le vote serait devancé d'à peine deux mois par rapport à l'échéancier proposé par Paul Martin. Pourquoi ne pas attendre encore un peu, alors? «J'ai été un homme patient, mais je ne peux plus attendre», a répondu Stephen Harper.
Selon M. Harper, il ne reste que deux possibilités pour éviter une campagne pendant les fêtes. Ou bien le gouvernement proroge la Chambre, ce qui signifie que tous les travaux cessent — et que les projets de loi meurent au feuilleton — jusqu'à la présentation d'un nouveau discours du Trône. Ou alors le gouvernement change d'avis et promet un déclenchement après Noël. M. Martin a «une semaine complète» pour ce faire.
«M. Layton a donné à ce premier ministre toutes les occasions d'être raisonnable, démocratique et prêt au compromis, s'est justifié M. Harper. Si les libéraux ne veulent pas en faire, même si l'issue est inévitable, alors ça démontre l'incapacité du Parti libéral de travailler avec quelque autre parti politique que ce soit.»
Les libéraux ont déjà commencé leur campagne de relations publiques en accusant l'opposition, avec ces élections hâtives, de mettre en péril certains transferts financiers et des projets de loi importants pour la population. À titre d'exemple, dans son allocution hebdomadaire de dimanche, M. Martin a énuméré longuement les mesures qu'il ne pourrait pas prendre à cause de cette élection, dont la hausse des salaires des militaires canadiens (322 millions de dollars) et le dédommagement des éleveurs pour la crise de la vache folle (97 millions). Avec ces semaines de plus de Parlement, a expliqué le premier ministre aux auditeurs, «nous pouvons nous assurer que nos soldats reçoivent l'augmentation de salaire qu'ils méritent».
Dans les faits, les soldats ont déjà touché leurs augmentation, et ce, depuis avril. Le vote à la Chambre des communes n'est qu'une formalité. S'il n'a pas lieu avant le déclenchement des élections, le ministère réorganise son budget en conséquence jusqu'à l'arrivée du prochain gouvernement. Même chose pour les agriculteurs.
Quant aux baisses d'impôts pour les petits salariés promises dans le mini-budget de la semaine dernière, elles seront entérinées par le Parlement dès demain. Bien que rétroactives, elles n'entreront en vigueur que lorsque les contribuables rempliront leur déclaration de revenus, les retenues à la source n'étant pas changées maintenant. Toutes les autres mesures de ce mini-budget (baisses d'impôts pour la classe moyenne, réinvestissement dans l'éducation, etc.) n'auraient pas pu entrer en vigueur tout de suite puisqu'un projet de loi doit d'abord être rédigé et adopté par le Parlement. Il ne reste pas assez de temps pour cela.
La Chambre des communes a accepté de procéder à l'adoption expéditive de quatre projets de loi qui tenaient à coeur à tous les partis, dont les fameux chèques de 125 ou 250 $ pour pallier la hausse des prix du chauffage (C-66). Reste au Sénat à adopter ces mesures d'ici à la semaine prochaine.
«Je pense que nous pourrons faire passer cette législation rapidement, et je m'attends à ce que le sénateur Austin [leader libéral au Sénat] fasse tout [ce qui est] en son pouvoir pour expédier ceci et obtenir la sanction royale», a déclaré Tony Valeri. M. Valeri n'a pas manqué de rappeler que c'était là un vote de confiance puisque le projet de loi C-66 a une portée budgétaire. «Le Parlement a encore une fois exprimé sa confiance en ce gouvernement», s'est-il enorgueilli à sa sortie de la Chambre des communes.
Par ailleurs, le cabinet des ministres se penchera aujourd'hui sur une demande du ministre de la Défense nationale de procéder à l'achat de 16 avions militaires d'une valeur de 4,6 milliards de dollars. Il s'agit d'un plan d'achat revu à la baisse compte tenu du contexte pré-électoral.
L'excitation n'était pas au rendez-vous hier soir tellement le déroulement des événements était connu d'avance. Tel que prévu, la motion du chef du NPD, Jack Layton, demandant à Paul Martin de dissoudre la Chambre après le 2 janvier a été adoptée par le Parlement à 167 voies contre 129.
Comme on s'y attendait, tous les libéraux présents ont voté contre la motion, tandis que tous les conservateurs, bloquistes et néo-démocrates présents ont voté pour. Le premier ministre est revenu en Chambre juste à temps pour le vote, lui, qui une demi-heure plus tôt, recevait un prix environnemental du Sierra Club pour s'être battu pour l'intégrité de la Réserve faunique nationale de l'Arctique, menacée par le désir des États-Unis d'y entreprendre des forages pétroliers.
Bien qu'adoptée par la Chambre, la motion n'a aucune portée législative ou parlementaire. Le gouvernement est libre de s'y plier ou non. D'ailleurs, les ténors libéraux avaient déjà fait savoir dans la journée qu'ils ne la respecteraient pas. «Nous avons été très clairs [sur le fait] que nous voulions une élection au printemps, et nous voulons encore une élection au printemps», a répété le leader libéral en Chambre, Tony Valeri.
Dans les faits, les conséquences de ce vote sont réelles. L'opposition n'obtenant pas ce qu'elle désire, à savoir un engagement solennel du premier ministre de déclencher des élections après Noël, elle passe à la seconde étape de son plan.
«Le plan de match est suivi, a commenté le chef bloquiste, Gilles Duceppe. Il y aura un débat [...] jeudi des conservateurs portant sur le vote de confiance et on votera lundi prochain.» La motion stipulera que «la Chambre a perdu confiance dans ce gouvernement». Elle sera adoptée, puisque l'opposition est unanime. Le gouvernement minoritaire libéral sera renversé et des élections, déclenchées. Le scrutin pourrait être aussi tôt que le 3 janvier, mais on s'attend plutôt à ce que le premier ministre choisisse le 9, le 16 ou même le 23 janvier.
Avec une telle date de scrutin, le vote serait devancé d'à peine deux mois par rapport à l'échéancier proposé par Paul Martin. Pourquoi ne pas attendre encore un peu, alors? «J'ai été un homme patient, mais je ne peux plus attendre», a répondu Stephen Harper.
Selon M. Harper, il ne reste que deux possibilités pour éviter une campagne pendant les fêtes. Ou bien le gouvernement proroge la Chambre, ce qui signifie que tous les travaux cessent — et que les projets de loi meurent au feuilleton — jusqu'à la présentation d'un nouveau discours du Trône. Ou alors le gouvernement change d'avis et promet un déclenchement après Noël. M. Martin a «une semaine complète» pour ce faire.
«M. Layton a donné à ce premier ministre toutes les occasions d'être raisonnable, démocratique et prêt au compromis, s'est justifié M. Harper. Si les libéraux ne veulent pas en faire, même si l'issue est inévitable, alors ça démontre l'incapacité du Parti libéral de travailler avec quelque autre parti politique que ce soit.»
Les libéraux ont déjà commencé leur campagne de relations publiques en accusant l'opposition, avec ces élections hâtives, de mettre en péril certains transferts financiers et des projets de loi importants pour la population. À titre d'exemple, dans son allocution hebdomadaire de dimanche, M. Martin a énuméré longuement les mesures qu'il ne pourrait pas prendre à cause de cette élection, dont la hausse des salaires des militaires canadiens (322 millions de dollars) et le dédommagement des éleveurs pour la crise de la vache folle (97 millions). Avec ces semaines de plus de Parlement, a expliqué le premier ministre aux auditeurs, «nous pouvons nous assurer que nos soldats reçoivent l'augmentation de salaire qu'ils méritent».
Dans les faits, les soldats ont déjà touché leurs augmentation, et ce, depuis avril. Le vote à la Chambre des communes n'est qu'une formalité. S'il n'a pas lieu avant le déclenchement des élections, le ministère réorganise son budget en conséquence jusqu'à l'arrivée du prochain gouvernement. Même chose pour les agriculteurs.
Quant aux baisses d'impôts pour les petits salariés promises dans le mini-budget de la semaine dernière, elles seront entérinées par le Parlement dès demain. Bien que rétroactives, elles n'entreront en vigueur que lorsque les contribuables rempliront leur déclaration de revenus, les retenues à la source n'étant pas changées maintenant. Toutes les autres mesures de ce mini-budget (baisses d'impôts pour la classe moyenne, réinvestissement dans l'éducation, etc.) n'auraient pas pu entrer en vigueur tout de suite puisqu'un projet de loi doit d'abord être rédigé et adopté par le Parlement. Il ne reste pas assez de temps pour cela.
La Chambre des communes a accepté de procéder à l'adoption expéditive de quatre projets de loi qui tenaient à coeur à tous les partis, dont les fameux chèques de 125 ou 250 $ pour pallier la hausse des prix du chauffage (C-66). Reste au Sénat à adopter ces mesures d'ici à la semaine prochaine.
«Je pense que nous pourrons faire passer cette législation rapidement, et je m'attends à ce que le sénateur Austin [leader libéral au Sénat] fasse tout [ce qui est] en son pouvoir pour expédier ceci et obtenir la sanction royale», a déclaré Tony Valeri. M. Valeri n'a pas manqué de rappeler que c'était là un vote de confiance puisque le projet de loi C-66 a une portée budgétaire. «Le Parlement a encore une fois exprimé sa confiance en ce gouvernement», s'est-il enorgueilli à sa sortie de la Chambre des communes.
Par ailleurs, le cabinet des ministres se penchera aujourd'hui sur une demande du ministre de la Défense nationale de procéder à l'achat de 16 avions militaires d'une valeur de 4,6 milliards de dollars. Il s'agit d'un plan d'achat revu à la baisse compte tenu du contexte pré-électoral.
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