Le système de santé privé français: mythe ou réalité?
En réponse au jugement Chaoulli, le gouvernement Charest entend ouvrir la porte au financement privé de services actuellement couverts par la Régie de l'assurance maladie du Québec (ci-après RAMQ). Ceci n'a rien de surprenant au regard de la tendance générale de la société québécoise actuelle et des politiques mises en place.
Cependant, ce qui nous a le plus irrités et surpris, ce sont certaines comparaisons rapides avec le système de santé français et son secteur privé. En effet, écoutant quelques tribunes téléphoniques ou discours journalistiques, nous en arrivions à la conclusion qu'il fallait peut-être savoir de quoi on parle et s'entendre. Qu'est-ce que le secteur privé dans le système de santé français? Comment fonctionne-t-il?
Sans répondre en intégralité à ces questions, il nous semblait important de rappeler un ou deux traits fondamentaux du système de santé français afin que le profane ne se fasse plus leurrer par des argumentations du style: «Regardez en France, la cohabitation privé public marche, il faut s'en inspirer.»
Soyons clair, le système français est un des meilleurs du monde non pas parce qu'il fait une place de choix au privé, mais bien parce qu'il est public et fondé sur la solidarité.
Pas d'influence sur la qualité et le coût
La différence entre le privé et le public, pour le patient, en France, réside essentiellement dans la possibilité de choisir son médecin ou son chirurgien (il reste difficile de savoir à l'avance quel médecin va nous soigner ou nous opérer dans le système public) et sur les conditions d'hébergement (possibilité d'une chambre individuelle spacieuse dans un établissement de soins privé).
Rien de différent au niveau du portefeuille du patient entre ces deux systèmes, et ce, qu'il bénéficie ou non d'une assurance complémentaire. Il est parfois difficile d'ailleurs de savoir si l'établissement d'accueil est privé ou public. En effet, pour le patient, le privé n'est qu'un nom, une étiquette sans grande influence sur la qualité et le coût des soins. Voilà, une caractéristique essentielle du privé en France: le coût, pour le patient est pratiquement le même, réserve faite que la médecine et la pédiatrie sont des domaines pas ou peu pris en charge par le secteur privé hospitalier (appelé couramment clinique en France) et que la très grosse chirurgie (comme, par exemple, les greffes) ne sont pratiquées que dans le cadre de l'hospitalisation publique.
Un autre élément fondamental dans le fonctionnement du système de santé français est la reconnaissance d'une trentaine de pathologies dites d'affections de longue durée (maladies cardiovasculaires, problème de diabète, cancer, etc.) par l'assurance maladie qui couvre automatiquement à 100 % les soins nécessaires à ces maladies. Le privé ne finance donc pas les maladies les plus invalidantes et les plus coûteuses. Ceci reste uniquement la part du public.
Un complément, pas un substitut
Le dernier point concerne l'assurance complémentaire. Au Québec, une des craintes est que les personnes défavorisées ne soient pas en mesure de contracter une assurance privée. En effet, quelle assurance va accepter de couvrir un diabétique fumeur, faisant peu d'exercice et qui de toute façon n'aurait même pas les moyens de se payer une telle assurance? Pas grand monde, probablement.
En France, le problème ne se pose pas en ses termes puisque, d'une part, comme nous l'avons dit, les maladies graves et coûteuses relèvent entièrement de la couverture des soins prise en charge par la sécurité sociale (équivalent de la RAMQ) et, d'autre part, les questionnaires de santé ne sont pas choses fréquentes, puisque, dans leur essence, ils sont discriminatoires et contraires à l'esprit du système assurantiel français.
Sans questionnaire de santé ni besoin de couvrir les soins les plus lourds, on comprendra aisément que les assurances complémentaires (très souvent des mutuelles) ne sont pas un substitut à la sécurité sociale, mais un complément dans une offre concurrentielle.
Notons également que certaines assurances souhaiteraient assurer le risque entièrement, mais cela reste objet de débat en France, car l'énorme majorité des Français souhaite conserver la sécurité sociale dans sa fonction actuelle. Il est utile de rappeler que le fondement de la sécurité sociale est d'assurer un accès égal aux soins à tous, les mesures les plus récentes comme la couverture maladie universelle (mise en place en 1996) ayant encore renforcé cet aspect des choses.
Le Québec peut s'inspirer du système français sur le plan de l'accessibilité et de la gratuité. Oui, inspirons-nous de la France. Pour ce qui est du secteur privé, il paraît difficile de faire des comparaisons tant les systèmes sont différents, sauf à tomber dans une certaine forme d'idéologie.
Cependant, ce qui nous a le plus irrités et surpris, ce sont certaines comparaisons rapides avec le système de santé français et son secteur privé. En effet, écoutant quelques tribunes téléphoniques ou discours journalistiques, nous en arrivions à la conclusion qu'il fallait peut-être savoir de quoi on parle et s'entendre. Qu'est-ce que le secteur privé dans le système de santé français? Comment fonctionne-t-il?
Sans répondre en intégralité à ces questions, il nous semblait important de rappeler un ou deux traits fondamentaux du système de santé français afin que le profane ne se fasse plus leurrer par des argumentations du style: «Regardez en France, la cohabitation privé public marche, il faut s'en inspirer.»
Soyons clair, le système français est un des meilleurs du monde non pas parce qu'il fait une place de choix au privé, mais bien parce qu'il est public et fondé sur la solidarité.
Pas d'influence sur la qualité et le coût
La différence entre le privé et le public, pour le patient, en France, réside essentiellement dans la possibilité de choisir son médecin ou son chirurgien (il reste difficile de savoir à l'avance quel médecin va nous soigner ou nous opérer dans le système public) et sur les conditions d'hébergement (possibilité d'une chambre individuelle spacieuse dans un établissement de soins privé).
Rien de différent au niveau du portefeuille du patient entre ces deux systèmes, et ce, qu'il bénéficie ou non d'une assurance complémentaire. Il est parfois difficile d'ailleurs de savoir si l'établissement d'accueil est privé ou public. En effet, pour le patient, le privé n'est qu'un nom, une étiquette sans grande influence sur la qualité et le coût des soins. Voilà, une caractéristique essentielle du privé en France: le coût, pour le patient est pratiquement le même, réserve faite que la médecine et la pédiatrie sont des domaines pas ou peu pris en charge par le secteur privé hospitalier (appelé couramment clinique en France) et que la très grosse chirurgie (comme, par exemple, les greffes) ne sont pratiquées que dans le cadre de l'hospitalisation publique.
Un autre élément fondamental dans le fonctionnement du système de santé français est la reconnaissance d'une trentaine de pathologies dites d'affections de longue durée (maladies cardiovasculaires, problème de diabète, cancer, etc.) par l'assurance maladie qui couvre automatiquement à 100 % les soins nécessaires à ces maladies. Le privé ne finance donc pas les maladies les plus invalidantes et les plus coûteuses. Ceci reste uniquement la part du public.
Un complément, pas un substitut
Le dernier point concerne l'assurance complémentaire. Au Québec, une des craintes est que les personnes défavorisées ne soient pas en mesure de contracter une assurance privée. En effet, quelle assurance va accepter de couvrir un diabétique fumeur, faisant peu d'exercice et qui de toute façon n'aurait même pas les moyens de se payer une telle assurance? Pas grand monde, probablement.
En France, le problème ne se pose pas en ses termes puisque, d'une part, comme nous l'avons dit, les maladies graves et coûteuses relèvent entièrement de la couverture des soins prise en charge par la sécurité sociale (équivalent de la RAMQ) et, d'autre part, les questionnaires de santé ne sont pas choses fréquentes, puisque, dans leur essence, ils sont discriminatoires et contraires à l'esprit du système assurantiel français.
Sans questionnaire de santé ni besoin de couvrir les soins les plus lourds, on comprendra aisément que les assurances complémentaires (très souvent des mutuelles) ne sont pas un substitut à la sécurité sociale, mais un complément dans une offre concurrentielle.
Notons également que certaines assurances souhaiteraient assurer le risque entièrement, mais cela reste objet de débat en France, car l'énorme majorité des Français souhaite conserver la sécurité sociale dans sa fonction actuelle. Il est utile de rappeler que le fondement de la sécurité sociale est d'assurer un accès égal aux soins à tous, les mesures les plus récentes comme la couverture maladie universelle (mise en place en 1996) ayant encore renforcé cet aspect des choses.
Le Québec peut s'inspirer du système français sur le plan de l'accessibilité et de la gratuité. Oui, inspirons-nous de la France. Pour ce qui est du secteur privé, il paraît difficile de faire des comparaisons tant les systèmes sont différents, sauf à tomber dans une certaine forme d'idéologie.
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