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Des péquistes pressés de voter

Marie-Pierre Paquin-Boutin   14 novembre 2005 
Après une première journée de vote sans problème, plus de 36 % des membres du PQ ont fait leur choix hier, soit 51 025. Ils étaient manifestement impatients d'élire leur prochain chef puisque, déjà en mi-journée, 25 % des 150 000 membres en règle avaient exprimé leurs préférences.

«Nous nous attendions à une forte participation en ce dimanche, et nous savions qu'il y avait un engouement après cinq mois de campagne, mais nous sommes tout de même un peu surpris. Dès l'ouverture hier matin, des gens attendaient pour voter», a déclaré la présidente d'élection, Lyne Marcoux. C'est la première fois en quinze ans que les membres du PQ sont appelés à élire leur chef, le dernier en lice étant Pierre Marc Johnson élu en 1985.

Malgré cette affluence et le mode non traditionnel de ce scrutin par téléphone, les organisateurs ne craignaient pas les ratés technologiques. «L'opération se déroule très bien et on est très satisfaits. Jusqu'à présent, on ne signale aucun accroc pour voter, seulement un délai pour les gens qui ont des questions de précisions», a précisé Mme Marcoux.

Depuis 8h hier matin et jusqu'à 17h demain soir, les membres du PQ peuvent voter en utilisant l'une des 1000 lignes téléphoniques mises à leur disposition. Les électeurs doivent indiquer, par ordre de préférence, leurs choix parmi les huit candidats. Si aucun d'eux n'obtient 50 % +1 des suffrages au premier tour, un second décompte est prévu en répartissant les voix des candidats ayant obtenu moins de 15 % des votes. Le nom du vainqueur sera connu demain soir lors d'un rassemblement au Centre de foires de Québec.

Les deux principaux candidats à la direction, Pauline Marois et André Boisclair, ont profité de cette fin de campagne pour effectuer une tournée éclair dans plusieurs régions du Québec.

Après un saut en Outaouais et dans les Laurentides samedi, André Boisclair était de passage hier en Mauricie et en Estrie. Aujourd'hui, l'aspirant chef ira courtiser les militants de Québec et du Bas-Saint-Laurent. «L'opération "sortie de vote" bat son plein», a confié hier au Devoir M. Boisclair en route vers Granby pour un autre bain de foule. «L'accueil et le travail des bénévoles sur le terrain est fantastique, tout le monde est à pied d'oeuvre et a les yeux rivés sur le 15 novembre», a-t-il dit.

Interrogé sur ses chances de remporter le scrutin demain soir, M. Boisclair tempère son enthousiasme et soutient que «même si les choses se déroulent bien, on est loin du compte». «Pour le moment, je me concentre sur le vote, et mon premier objectif est que le parti sorte plus uni que jamais de cette course», ajoute-t-il. Le quotidien La Presse rapportait hier que l'organisation d'André Boisclair, confiante de remporter la victoire, avait déjà commencé à planifier les lendemains de l'élection au PQ. Selon cette source, le directeur du bureau de relations publiques montréalais National, Daniel Audet, a quitté ses fonctions afin de se rendre «plus disponible» pour l'équipe de M. Boisclair.

M. Audet a été chef de cabinet de Bernard Landry quand le PQ a pris le pouvoir avec Jacques Parizeau en 1994. Il a aussi été délégué général du Québec à Londres sous l'administration de Lucien Bouchard. Depuis juin dernier, Daniel Audet était déjà parmi les principaux conseillers d'André Boisclair, dans la course à la direction.

Pauline Marois a pour sa part rencontré des militants en Estrie. Samedi soir, elle a lancé devant quelque 700 militants réunis au Spectrum de Montréal un appel aux partisans de l'ancien chef du PQ, Bernard Landry, leur assurant qu'il aurait toujours un rôle à jouer dans la marche vers la souveraineté. «On a besoin de lui, il répondra présent», a-t-elle déclaré. Mme Marois a obtenu de nouveaux appuis, samedi, dont ceux de l'ancien ministre des gouvernements Parizeau et Bouchard, Jacques Baril, et de la députée bloquiste de Compton-Stanstead, France Bonsant. Elle a de plus reçu l'appui d'une trentaine de responsables locaux et régionaux du PQ.

M. Boisclair n'est pas en reste, puisque quelque 30 députés péquistes ou bloquistes lui ont réitéré leur appui en vantant son expérience et ses idées, en soutenant qu'il est animé par le sentiment d'urgence au sujet de la souveraineté et qu'il est parvenu à redonner le goût de la politique à des milliers de Québécois.

Les aspirants chefs ont par ailleurs tous deux affirmé qu'ils accepteraient le choix des membres du parti et qu'ils se rallieraient au chef élu.



Trop de candidats

En marge de la tenue de ce scrutin, Bernard Landry a déclaré que la campagne à sa succession avait peut-être été un peu trop longue, ce qui a donné lieu à certains «petits» dérapages «qui ont été dénoncés avec raison par [sa] successeure Louise Harel».

«Les affrontements politiques ne sont pas toujours esthétiques, ne sont pas toujours élégants. L'important est que la démocratie joue et que la meilleure personne prenne ma succession», a dit l'ancien premier ministre en entrevue à NTR.

Il a de plus regretté le nombre de candidats qui se sont lancés dans la course. «C'était leur droit [...] mais plus il y a de candidats, moins il y a de temps de parole pour les candidats principaux.»

Celui qui est demeuré à l'écart de la campagne refuse toujours de dévoiler son choix. «Je ne veux pas abuser de mon influence d'ancien chef, et j'ai des amis fidèles et partisans dans à peu près tous les camps. De plus, je ne veux pas introduire un élément de discorde», a expliqué M. Landry qui n'écarte pas la possibilité de jouer un rôle politique au cours des prochaines années. «Je serai disponible pour l'avenir du Québec. L'indépendance nationale du Québec est le combat de ma vie. Ce n'est pas parce que je ne suis plus chef du Parti québécois que je vais arrêter de le mener où le besoin se fera sentir.»

Avec la Presse canadienne






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Vos réactions

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  • Roland Berger
    Abonné
    lundi 14 novembre 2005 09h24
    Plus commode le dimanche !
    « Il est plus commode de voter le dimanche qu'une fois plongée dans la semaine de travail. Non ? »

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