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Legendre se rapproche de Boisclair

Clairandrée Cauchy   10 novembre 2005 
Les jeux d’alliance officiels ou sous-entendus se sont précisés davantage hier au cours du septième débat sur la santé qui avait lieu à Gatineau.

Ménageant visiblement André Boisclair qui l’appuyait sur son idée de créer une caisse santé pour parer au déclin démographique, Richard Legendre a continué d’asticoter Pauline Marois sur sa déclaration comme quoi il y aurait «cinq ans de perturbation» après un référendum gagnant sur la souveraineté. «Pauline, est-ce que notre système de santé va subir cinq années de perturbations ou cinq années d’amélioration», a-t-il lancé.
Reconnaissant que la souveraineté donnerait au Québec des «moyens intéressants», Pauline Marois a fait valoir qu’il «faudra quand même faire des choix de société», soulignant que le document sur les finances d’un Québec souverain prédisait une marge de manoeuvre de seulement 1,3 milliard la première année. «Ce ne sera pas un miracle tout d’un coup», a-t-elle poursuivi, notant toutefois que les nouvelles marges de manoeuvre devraient aller en priorité en éducation.
C’est Jean-Claude Saint-André qui est venu à sa rescousse, en faisant valoir que les perturbations viendront d’Ottawa au lendemain d’un Oui: «Le gouvernement fédéral va poser des gestes pour semer l’incertitude dans la population. Ce sera au gouvernement du Québec de poser des gestes pour la rassurer.»
Avec comme trame de fond le jugement de la Cour suprême qui pave la voie à des assurances privées en santé, tous les candidats, à l’exception de Ghislain Lebel, ont formulé leur profession de foi en un système de santé public. Une nuance cependant, André Boisclair a précisé que le système doit rester «dans sa grande planification sous le contrôle de l’État» et reposer sur un «accès universel et gratuit».
Pauline Marois a dit «choisir le système public plutôt que le profit». «Je rejette d’emblée le système à deux vitesses», a-t-elle déclaré, qualifiant le jugement Chaoulli d’«inacceptable». Elle faisait écho aux candidats identifiés campés plus à gauche sur l’échiquier.
Ce dernier des septs débats thématiques a aussi donné lieu à un rapprochement entre André Boisclair et Richard Legendre, le premier endossant l’idée d’une caisse santé lancée par François Legault, dont Richard Legendre a épousé le programme en se lançant dans la course. M. Legendre a détaillé plus avant ce projet. Le Québec devrait selon lui épargner chaque année un milliard de dollars dès maintenant pour être en mesure de verser dans 25 ans entre 2 et 2,5 milliards de plus «pour faire face à l’augmentation des coûts reliés au vieillissement de la population». André Boisclair souscrit à ce projet et juge «urgente» la création d’une telle caisse.
Dans le ton de la polémique qui a marqué cette course à la chefferie, l’écologiste Jean Ouimet y est quant à lui allé d’une longue tirade sur la consommation de drogues, légales et illégales, qu’il s’agisse de la cigarette, du café, de la cocaïne ou du ‘crystal meth’.
Sur un ton plus sérieux, Richard Legendre a fait une fleur à André Boisclair, qui cherche par tous les moyens à mettre un trait définitif sur la controverse qui le poursuit sur sa consommation de drogue. Il s’est «engagé» dans son discours de fermeture «à tout faire pour accorder [aux militants] une dernière semaine dans le calme et l’esprit d’équipe avant le 16 novembre».
Le favori dans la course, qui est resté à l’abri de la controverse hier, a pour sa part joué le rassembleur, rappelant les nombreux jeunes militants qu’il a recrutés. «Je veux m’adresser à Pauline, notre candidate, et aux autres candidats, pour leur dire que je mettrai la même énergie pour nous réunir si vous me faites confiance pendant cette course», a conclu André Boisclair. Mordante, Pauline Marois a répliqué dans sa propre conclusion: «Les Québécois ne se contenteront pas de phrases creuses, de jovialisme et de langues de bois.»
Le candidat de Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre Pierre Dubuc a réitéré son invitation à appuyer Pauline Marois au deuxième tour en vantant ses talents de «rassembleuse». Ghislain Lebel s’est quant à lui rangé derrière André Boisclair pour le second choix, un appui que le principal intéressé a accueilli avec prudence, en précisant qu’il existait entre eux des divergences d’opinions.
Deux autres candidats dits minoritaires, Jean Ouimet et Gilbert Paquette, devraient eux aussi donner des consignes de ralliement à leurs supporters d’ici la fin de la semaine, tout indique que Pauline Marois pourrait bénéficier de leur appui.






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