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Loto-Québec prend le virage récréotouristique

Kathleen Lévesque   3 novembre 2005 
Il n’y a pas de solution de rechange au projet de déménagement du Casino de Montréal au bassin Peel (dont on voit la maquette ci-dessus), prévient le p.-d.g. de Loto-Québec, Alain Cousineau.
Il n’y a pas de solution de rechange au projet de déménagement du Casino de Montréal au bassin Peel (dont on voit la maquette ci-dessus), prévient le p.-d.g. de Loto-Québec, Alain Cousineau.
Il n'y a pas de solution de rechange au projet de déménagement du Casino de Montréal au bassin Peel, prévient le p.-d.g. de Loto-Québec, Alain Cousineau.

Même si le gouvernement a exigé que la société d'État présente l'hypothèse d'un agrandissement du casino à l'île Notre-Dame, M. Cousineau se montre catégorique. Ce n'est pas une solution de rechange à la création d'un complexe de divertissement, qui représente une occasion unique pour Loto-Québec de prendre le virage récréotouristique, a plaidé Alain Cousineau lors d'une rencontre éditoriale avec Le Devoir hier.

«Il n'y a pas d'autre option. On a étudié l'option de l'île Notre-Dame et on ne pense pas qu'on devrait s'engager dans cette voie. Si vous croyez qu'il y a un débat actuellement, attendez de voir celui qu'on aurait avec les environnementalistes. En plus, nos partenaires ne nous suivraient pas: l'hôtel, la salle de spectacles... [...] Le coût sur l'île est énorme. Quand on fait l'analyse en bout de piste, cette option-là ne tient pas», estime M. Cousineau.

Le p.-d.g. a fait une tournée médiatique afin de présenter le bilan social de Loto-Québec. Le document intitulé Pour une contribution responsable se veut un complément au rapport annuel 2004-05 et n'a rien à voir avec une quelconque opération de promotion du projet au bassin Peel, a insisté M. Cousineau. «Le consensus qui a prévalu quand l'État a mis sur pied le premier casino s'effrite. On voyait bien qu'il y avait toute une série de mauvaises interprétations sur le jeu excessif, les contributions de Loto-Québec à la société. On sentait le besoin de répondre à ces préoccupations. On a donc amorcé ce travail-là dans la foulée du plan de développement, il y a 18 mois», a expliqué M. Cousineau.

Chose certaine, les déclarations du p.-d.g. de la société d'État ne manquent pas de rappeler les réserves que plusieurs ministres ont jusqu'à maintenant exprimées face au projet. D'ailleurs, si Québec ne donne pas son aval, Loto-Québec se contentera du statu quo et d'un coup de pinceau. «Si le projet du bassin Peel ne se fait pas, on va rénover la vitrine, les ascenseurs. On a 80 millions à mettre. Mais pour nous, ce n'est pas une option», a-t-il lancé.

En juin dernier, Loto-Québec présentait publiquement son projet de 1,18 milliard de dollars qu'elle souhaite mener en collaboration avec le Cirque du Soleil. Le gouvernement a dès lors mis sur pied un comité interministériel pour en faire l'analyse. Mais ce n'est que la semaine dernière que les travaux ont débuté sous la présidence de Guy Coulombe. La décision finale pourrait ainsi être quelque peu retardée; le dépôt de l'étude au sujet des impacts du projet sur la santé publique a été reporté en janvier prochain.

«Ce scénario n'est pas le mien. En 2004, je croyais qu'on aurait une décision sur l'opportunité d'aller de l'avant entre six mois et un an», a laissé tomber M. Cousineau, visiblement agacé par la lenteur de la machine gouvernementale.

Alain Cousineau demeure toutefois enthousiaste devant la vision récréotouristique du développement de Loto-Québec. Selon lui, le jeu devient un levier pour que la société d'État étende ses tentacules du côté du divertissement: c'est la voie de l'avenir. «Las Vegas a fait ce changement. Il y a quelques années, le jeu représentait 100 % des bénéfices à Vegas. Ils ont changé la nature de la chose et c'est devenu la capitale mondiale de la gastronomie, n'en déplaise à plusieurs. Les hôtels, les restaurants, les spectacles, on ne faisait pas d'argent avec ça. Aujourd'hui, un tiers des bénéfices vient du jeu. Ils ont diversifié leur offre; ils sont devenus des centres de divertissement», a expliqué M. Cousineau.

Si Montréal doit s'inspirer de cette expérience, il ne doit toutefois pas devenir un symbole du jeu, croit Alain Cousineau. «On va se sortir de ça si on réalise la jonction du centre de foires, le stade Saputo, la salle de spectacles de 2500 places, le quai des artistes. On va créer un centre de divertissement; le casino n'est qu'un élément. On a choisi de ne pas faire clinquant et "centre d'achats". On a décidé qu'on ferait une vitrine sur la création et la culture au Québec», a-t-il affirmé.

Il faut profiter de la reconnaissance de Montréal à titre de ville festive, croit M. Cousineau, qui assure qu'il y a un véritable potentiel pour le divertissement à grand déploiement. «On va arrêter de rêver petit. Le Cirque du Soleil a choisi de mettre son génie créatif ici alors qu'il est sollicité à New York, à Miami et en Chine», a-t-il souligné.

Pour ce qui est des critiques virulentes de certains organismes communautaires des quartiers avoisinants, Loto-Québec a déjà soumis une proposition pour calmer les craintes. La société d'État envisage le retrait des quelque 180 appareils de loterie vidéo répartis à 31 endroits à travers Pointe-Saint-Charles. Les appareils de loterie vidéo sont la principale source de profit pour Loto-Québec mais également la cause première du jeu pathologique.

«On s'est engagés à prendre des mesures d'atténuation. On a indiqué qu'on implanterait un programme d'emplois préférentiel. Deuxièmement, pour faciliter l'accès à ces emplois qui ne sont pas spécialisés, on est prêts à travailler sur la mise en place de cliniques d'employabilité. Et puis, la situation permet la création d'entreprises d'économie sociale comme dans le gardiennage, l'entretien ou l'accueil», a mentionné M. Cousineau. Aussi, Loto-Québec pourrait contribuer financièrement à des projets d'habitation sociale dans l'arrondissement du Sud-Ouest.
 
 
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  • Roland Berger
    Abonné
    jeudi 3 novembre 2005 09h07
    Loto-Québec
    Quelle similitude entre l'attitude d'Hydro-Québec et de Loto-Québec. Les deux savent mieux que le petit monde ce qui est bon pour le petit monde. Loto-Québec va s'enrichir et les « habitants » de Pointe-Saint-Charles ramasseront les miettes en faisant du gardiennage, de l'entretien et de l'accueil. À condition bien sûr qu'ils puissent passer par les CLINIQUES d'employabilité, nous dit son Excellence Cousineau. Vive le néolibéralisme !

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