dimanche 27 mai 2012 Dernière mise à jour 01h01
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir

Amorce des discussions ONU-Irak

La volte-face irakienne a mis à mal la cohésion des «Cinq Grands»

18 septembre 2002 
Dans un café de Bagdad, hier matin, on prenait tranquillement connaissance de la manchette du jour concernant la décision irakienne d’autoriser le retour des inspecteurs de l’ONU.
Photo : Agence Reuters
Dans un café de Bagdad, hier matin, on prenait tranquillement connaissance de la manchette du jour concernant la décision irakienne d’autoriser le retour des inspecteurs de l’ONU.
New York — L'ONU et l'Irak ont discuté hier de la reprise des inspections en Irak tandis que la cohésion du Conseil de sécurité de l'ONU volait en éclats après l'acceptation par Bagdad d'un retour sans condition des inspecteurs en désarmement des Nations unies.

Les discussions ONU-Irak se poursuivront dans dix jours à Vienne, en Autriche, a annoncé un responsable irakien à l'issue d'une première rencontre à New York entre le chef des inspecteurs en désarmement de l'ONU (COCOVINU), le Suédois Hans Blix, et des responsables irakiens sur les modalités pratiques d'une reprise des inspections en Irak.

Ce responsable, Said Hassan, ancien ambassadeur de l'Irak à l'ONU, a précisé à la presse que le prochain round en Autriche permettrait de «mettre la dernière main aux arrangements pratiques».

Interrogé sur la date de retour à Bagdad des premiers inspecteurs, il a répondu qu'elle dépendrait «des dispositions prises par M. Blix».

Accueillie avec soulagement par les pays arabes, la volte-face irakienne a mis à mal la cohésion affichée depuis quelques jours par les «Cinq Grands», soit les membres permanents du Conseil de sécurité (États-Unis, Chine, France, Royaume-Uni, Russie), pour faire preuve de la plus grande fermeté à l'endroit de Bagdad.

Le secrétaire d'État américain Colin Powell et le ministre russe des Affaires étrangères Igor Ivanov ont publiquement étalé leur désaccord à New York sur l'opportunité d'une résolution de l'ONU renforçant le régime d'inspections en Irak tandis que le président américain George W. Bush réaffirmait la nécessité d'agir contre Saddam Hussein.

Les États-Unis, citant la mauvaise foi passée de Bagdad, souhaitent une telle résolution, mais la Russie, affirmant qu'il faut dorénavant juger l'Irak sur des résultats, y est opposée.

La France a également pris ses distances avec Washington alors que la Chine jugeait positive la lettre de Bagdad. Seule la Grande-Bretagne continue de se ranger derrière la position américaine.

«La seule manière pour que cela ne se passe pas comme d'habitude et que le passé ne se répète pas, il me semble, c'est de mettre cela dans une nouvelle résolution», a déclaré M. Powell à la presse.

M. Ivanov a rétorqué que «sur la question du travail des inspecteurs internationaux, nous n'avons pas besoin d'une résolution spéciale pour que cela débute». «Toutes les résolutions nécessaires, toutes les décisions nécessaires sont là», a ajouté le ministre russe.

Jusqu'ici, Bagdad exigeait le retour des experts dans le cadre d'un règlement global des questions en suspens entre l'Irak et l'ONU, notamment la levée de l'embargo imposé à l'Irak depuis l'invasion du Koweït en 1990.

Le président Saddam Hussein a fait savoir qu'il allait adresser dans «les tout prochains jours» un message à l'Assemblée générale de l'ONU.

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) s'est dite prête à reprendre «dès demain» ses inspections en Irak si le Conseil de sécurité le décidait.

Lors d'un déplacement électoral à Nashville, au Tennessee, M. Bush a remis la pression sur les Nations unies pour que celles-ci prennent rapidement une décision à propos de l'Irak, exprimant sa profonde méfiance à l'endroit des intentions irakiennes et adjurant l'ONU de ne «pas se faire avoir».

«Il est temps d'agir contre Saddam Hussein et de garantir la paix. Il est temps pour les Nations unies d'agir», a-t-il affirmé.

Pour sa part, le chef de la diplomatie française, Dominique de Villepin, a estimé qu'une nouvelle résolution serait discutée au Conseil de sécurité, jugeant toutefois que «d'ores et déjà, tous les éléments pour agir sont là».

Les dix membres non permanents du Conseil de sécurité, quant à eux, observent pour le moment un silence prudent tandis qu'alliés et partenaires de Washington se montrent divisés.

Si le Canada s'est prononcé comme Washington pour une nouvelle résolution du Conseil de sécurité visant à encadrer le travail des inspecteurs, deux alliés clés arabes des États-Unis, l'Égypte et la Jordanie, ont écarté cette nécessité. «Nous ne voyons pas d'autre raison d'aller devant le Conseil de sécurité autre que pour enregistrer cet accord», a déclaré le chef de la diplomatie égyptienne, Ahmed Maher.

Pour sa part, le Pentagone a annoncé que 2000 Marines américains d'une unité amphibie commenceront avant la fin septembre des manoeuvres de trois à quatre semaines au Koweït.

L'Armée de terre américaine a récemment commencé à envoyer des troupes fraîches au Koweït dans le cadre d'une rotation de six mois de ses forces blindées.

Les rebondissements dans la crise irakienne, mais aussi les chiffres de la production industrielle américaine, en baisse mensuelle de 0,3 %, ont eu aussi raison hier, sur les grands marchés boursiers, de l'euphorie créée par l'apparent geste de conciliation de l'Irak. Affichant leur extrême nervosité, les Bourses ont reculé après avoir fortement progressé en début de journée en Europe.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012