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Conciliation travail-famille: Charest réduit les attentes

24 octobre 2005 
Québec — Oubliez les promesses de «banques d'heures» et de «bureaux du temps» devant permettre de passer plus de temps avec vos enfants ou vos vieux parents. Le gouvernement Charest va revoir à la baisse les attentes quant à sa future politique de conciliation travail-famille, a appris la Presse Canadienne.

D'abord promise pour 2004, puis 2005, la politique de conciliation travail-famille ne verra finalement pas le jour avant 2006 et devrait, pour l'essentiel, se limiter à rappeler les mesures déjà annoncées depuis le début du mandat, sans ajouter de nouvelles mesures coûteuses.

Le gouvernement Charest estime désormais avoir déjà apporté sa large contribution pour aider les Québécois à concilier travail et vie de famille.

Cet objectif, fait-on valoir, sera atteint par diverses mesures déjà en vigueur ou en voie de l'être, comme le nouveau et plus généreux régime de congés parentaux, l'aide aux devoirs, la refonte prochaine des Centres de la petite enfance (CPE), le soutien accru aux aidants naturels ou encore le programme de soutien aux enfants.

Mercredi, en Chambre, la ministre de la Famille, Carole Théberge, avait admis que la politique serait rendue publique «en temps et lieu», sans fixer d'échéancier.

Pourtant, juste avant le remaniement de février dernier, le ministre responsable du dossier à l'époque, Claude Béchard, s'apprêtait à publier «dans quelques semaines» sa politique, qui faisait suite à une longue consultation et au dépôt d'un document.

Le changement de titulaire a fourni l'occasion au gouvernement de reprendre le dossier de zéro et de gagner du temps.

Aux étapes décisives d'approbation par les différents comités ministériels et le Conseil du trésor, la politique de M. Béchard, jugée trop coûteuse et difficile à appliquer, a heurté un mur l'hiver dernier, a-t-on appris de plusieurs sources gouvernementales.

Ce dernier avait prévu notamment que les municipalités se doteraient de «bureaux du temps» chargés d'harmoniser les heures de travail des gens avec les horaires des commerces et des services publics. Par exemple, dans un parc industriel, on aurait pu demander aux entreprises de modifier les horaires de travail pour permettre une plus grande fluidité du transport aux heures de pointe.

Par ailleurs, toujours en vue de faciliter la vie de famille, on voulait encourager les entreprises à accorder à leurs employés une banque annuelle d'heures de congés avec ou sans solde — entre 40 et 80 heures — qu'ils auraient pu utiliser à leur guise.

Pour obtenir l'adhésion des dirigeants d'entreprises, on avait prévu offrir des incitatifs fiscaux sous forme de crédits d'impôts aux employeurs «pro-familles».

À ce chapitre, le Québec voulait prendre pour modèle la France, où les entreprises qui adoptent des mesures familiales peuvent faire payer par le gouvernement jusqu'à 60 % des sommes investies.






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