Lettres: L'affaire Boisclair
Pierre Vadeboncoeur - Le 20 octobre 2005
21 octobre 2005
Le débat plus ou moins feutré qui a cours entre les aspirants à la direction du PQ a pour effet paradoxal de masquer une évidence: M. Boisclair ne doit pas être élu à la direction du PQ.
Cette évidence disparaît derrière les prudences multiples qui enveloppent, on le comprend, cette question embarrassante sur un collègue, un copartisan et un concurrent. Embarrassante, sans doute, mais capitale.
Curieusement, donc, le problème causé par la candidature de M. Boisclair échappe à la discussion alors que c'est, et de loin, pour l'heure et pour l'avenir, le principal. Michel David, dans un article fort lucide qu'il publiait dans Le Devoir du 2 octobre, parlait «de l'incalculable risque que M. Boisclair fera courir au PQ et au mouvement souverainiste à compter du 16 novembre».
Tel est justement le sujet qu'on n'aborde pas. À elle seule, cette question équilibre pourtant toutes les autres. Elle reste néanmoins sous le boisseau, ou à peu près.
Il ne s'agit pas pour autant de juger M. Boisclair. Le problème n'est pas d'ordre moral mais politique. On peut estimer la personne pour ses qualités personnelles ou politiques, mais il est urgent de s'aviser que, pour le poste en question, M. Boisclair est malheureusement beaucoup trop vulnérable aux attaques, et cela, on l'a dit, est évidemment très risqué. D'avance, les libéraux se bidonnent. Rien ne leur conviendrait sans doute davantage que son élection.
Ses concurrents ne peuvent pas sonner l'alarme. Cela, on le comprend très bien. Une intervention de leur part serait des plus délicates et pourrait être mal reçue. Ils sont coincés, comme le laisse entendre Michel David à propos de Mme Marois. Mais l'opinion dans le parti, elle, pourrait réagir, avoir un sursaut de lucidité, comme l'évoque le journaliste.
Le problème soulevé par M. Boisclair avec cette histoire de cocaïne est du jamais vu. Ce problème tranche sur les questions dont il peut s'agir pour l'élection d'un chef de parti. L'affaire n'est pas le genre de choses dont on puisse disposer en se contentant de discuter d'autres sujets comme si celui-là n'existait pas. N'oubliez pas d'ailleurs que le PQ est un parti dont tout l'establishment canadien veut se débarrasser, gens d'affaires, tous les partis au Canada sauf le Bloc, gouvernements, avec l'appui officieux des intérêts d'outre-frontière.
M. Landry, s'il avait connu l'histoire, l'aurait jugée «extrêmement grave», déclare-t-il. Par conséquent, aujourd'hui qu'on le connaît, du moins en partie, on peut la tenir pour très inquiétante. Ce n'est pas l'espèce d'atout qui convient pour aspirer à diriger un parti et un État puissamment contestés. C'est triste, et on peut compatir, mais c'est ainsi.
Cette évidence disparaît derrière les prudences multiples qui enveloppent, on le comprend, cette question embarrassante sur un collègue, un copartisan et un concurrent. Embarrassante, sans doute, mais capitale.
Curieusement, donc, le problème causé par la candidature de M. Boisclair échappe à la discussion alors que c'est, et de loin, pour l'heure et pour l'avenir, le principal. Michel David, dans un article fort lucide qu'il publiait dans Le Devoir du 2 octobre, parlait «de l'incalculable risque que M. Boisclair fera courir au PQ et au mouvement souverainiste à compter du 16 novembre».
Tel est justement le sujet qu'on n'aborde pas. À elle seule, cette question équilibre pourtant toutes les autres. Elle reste néanmoins sous le boisseau, ou à peu près.
Il ne s'agit pas pour autant de juger M. Boisclair. Le problème n'est pas d'ordre moral mais politique. On peut estimer la personne pour ses qualités personnelles ou politiques, mais il est urgent de s'aviser que, pour le poste en question, M. Boisclair est malheureusement beaucoup trop vulnérable aux attaques, et cela, on l'a dit, est évidemment très risqué. D'avance, les libéraux se bidonnent. Rien ne leur conviendrait sans doute davantage que son élection.
Ses concurrents ne peuvent pas sonner l'alarme. Cela, on le comprend très bien. Une intervention de leur part serait des plus délicates et pourrait être mal reçue. Ils sont coincés, comme le laisse entendre Michel David à propos de Mme Marois. Mais l'opinion dans le parti, elle, pourrait réagir, avoir un sursaut de lucidité, comme l'évoque le journaliste.
Le problème soulevé par M. Boisclair avec cette histoire de cocaïne est du jamais vu. Ce problème tranche sur les questions dont il peut s'agir pour l'élection d'un chef de parti. L'affaire n'est pas le genre de choses dont on puisse disposer en se contentant de discuter d'autres sujets comme si celui-là n'existait pas. N'oubliez pas d'ailleurs que le PQ est un parti dont tout l'establishment canadien veut se débarrasser, gens d'affaires, tous les partis au Canada sauf le Bloc, gouvernements, avec l'appui officieux des intérêts d'outre-frontière.
M. Landry, s'il avait connu l'histoire, l'aurait jugée «extrêmement grave», déclare-t-il. Par conséquent, aujourd'hui qu'on le connaît, du moins en partie, on peut la tenir pour très inquiétante. Ce n'est pas l'espèce d'atout qui convient pour aspirer à diriger un parti et un État puissamment contestés. C'est triste, et on peut compatir, mais c'est ainsi.
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