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Cocaïne: s'il avait su, Landry aurait enquêté

Le comportement de Boisclair aurait été jugé «extrêmement grave»

Robert Dutrisac   19 octobre 2005 
Québec — Si Bernard Landry, en tant que premier ministre, avait eu vent du fait que le ministre André Boisclair consommait de la cocaïne, il aurait ordonné une enquête qui aurait pu conduire à sa destitution.

«Ç'aurait été une chose extrêmement grave pour moi», a dit Bernard Landry. L'ancien premier ministre a lancé ce pavé dans la mare alors qu'il s'apprêtait à prononcer une allocution devant les étudiants de l'Université Laval sur un sujet de prédilection: les nations et la mondialisation.

«Si ça m'était arrivé comme premier ministre, c'est sûr que j'aurais pris les mesures que j'aurais crues nécessaires», à commencer par connaître les faits, a dit M. Landry. «J'aurais fait faire une enquête sur les circonstances, sur la façon, sur la manière, sur la fréquence.»

Aurait-il destitué M. Boisclair? «J'aurais jugé d'après les faits», a dit M. Landry sans écarter cette hypothèse. Quand il était premier ministre, M. Landry a confié à M. Boisclair le portefeuille des Affaires municipales puis celui de l'Environnement.

Pour M. Landry, il s'agit toutefois d'une «question théorique» puisqu'il n'a jamais été informé de tels faits. C'est sous Lucien Bouchard que le jeune ministre aurait consommé de la cocaïne, a souligné M. Landry, qui a précisé qu'il n'était pas au courant de ce comportement à cette époque.

Joint hier, André Boisclair a dit que la réponse donnée par M. Landry était «responsable» et que, s'il était premier ministre, il adopterait la même attitude dans de telles circonstances.

M. Landry croit que M. Boisclair a dit «en son âme et conscience» ce qu'il devait dire sur sa consommation passée de cocaïne. Pour le reste, c'est aux militants du Parti québécois de juger «en leur âme et conscience» la candidature de M. Boisclair, estime l'ancien premier ministre.

Sur un autre front, M. Landry croit que Pauline Marois se trompe en attribuant à sa condition de femme ses difficultés à rallier les militants péquistes. «Je respecte sa pensée, mais ce n'est pas mon opinion. Le Québec est une société avancée en matière d'égalité homme-femme. Alors, j'ai l'impression que ça ne doit pas être pris en compte.»

Mme Marois, qui avait remis en question le leadership de M. Landry dès 2004, devra chercher ailleurs les raisons qui expliquent ses difficultés de campagne au leadership, analyse l'ancien chef. «On ne juge pas par le sexe, par l'orientation sexuelle ou par la religion mais par des facteurs profondément reliés aux capacités de la personne», a-t-il fait valoir.

Avec la Presse canadienne
 
 
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