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Lettres: Les laissés-pour-compte de la santé mentale

19 octobre 2005 
Après plus de sept ans de travail avec les personnes itinérantes, nous ne saurions être plus en accord avec David Lussier, coordonnateur des communications de l'organisme Mission Bon Accueil, lorsqu'il affirme que «les sans-abri ont besoin de plus qu'un lit, un repas et un toit temporaire».

Au cours de ces années de travail avec les sans-abri, les intervenants du Centre Saint-Pierre ont multiplié les rencontres café pour les amener à se dire et à se raconter avant d'envisager avec eux un projet concret pour les amener à faire de petits pas vers la réintégration sociale. Ce travail nous a permis de mettre sur pied l'organisme L'Entrepôt du sac à dos, un lieu où ces personnes peuvent entreposer leurs maigres biens, prendre un café et surtout briser leur solitude. Nous parlons ici d'écoute active dans une démarche de relation d'aide, d'un suivi individuel psychosocial.

Nous pourrions en faire beaucoup plus. La réalité de la maladie mentale est très présente chez nous. Cette problématique dérange beaucoup les itinérants entre eux; nous animons des rencontres café qui informent au sujet de cette réalité. Ce qui nous manque le plus, c'est le temps et la présence de professionnels pour faire du dépistage. Ce dépistage, il faut le faire sur place en s'intégrant à ces personnes.

Mais les laissés-pour-compte de notre société sont aussi des laissés-pour-compte de la santé mentale. On a désinstitutionnalisé sans prévoir des ressources pour ces personnes fragiles, habituées à se faire tenir la main pour fonctionner un tant soit peu dans la vie.

Assurer un lit, un repas et un toit temporaire est essentiel. Mais si, un jour, nous voulons vraiment nous attaquer au problème, nous devrons en faire beaucoup plus et consentir des ressources financières importantes pour le suivi psychosocial des personnes itinérantes.

Nous joignons notre voix à celle de tous les gens qui réclament d'urgence une véritable politique sur les sans-abri.






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