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Ce serait plutôt «oui» au projet de constitution irakienne

N/A ZZZN/A   17 octobre 2005 
Un employé d’élection entassait hier dans un camion des dizaines d’urnes devant être transportées depuis Sadr City, banlieue pauvre de Bagdad, jusqu’au quartier général de la Commission électorale irakienne. Plus de 60 % d’Irakiens auraien
Photo : Agence France-Presse
Un employé d’élection entassait hier dans un camion des dizaines d’urnes devant être transportées depuis Sadr City, banlieue pauvre de Bagdad, jusqu’au quartier général de la Commission électorale irakienne. Plus de 60 % d’Irakiens auraien
Bagdad — Le dépouillement s'est poursuivi hier en Irak, où le suspense règne au lendemain d'un référendum constitutionnel dont quelques provinces à majorité sunnite pourraient détenir la clé, bien que la victoire du «oui» soit l'hypothèse la plus répandue.

Les Nations unies, la Grande-Bretagne, le Canada et les États-Unis ont salué la participation des Irakiens, qui était toujours estimée hier à plus de 61 % des électeurs.

«Nous n'avons pas d'information sur l'issue du référendum, mais en tant que processus politique, pour le peuple irakien, c'est une nouvelle avancée vraiment importante», a déclaré la secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice, en visite à Londres.

«On pense que le oui l'a probablement emporté. Mais nous verrons bien», a-t-elle ajouté, citant des «estimations des gens sur le terrain».

Ces propos ont étonné Carina Perelli, présidente du département d'assistance électorale de l'ONU, selon qui, «jusqu'à présent, à moins que Mme Rice ait de meilleures informations que la Commission électorale, il n'y a aucun moyen de connaître le taux de participation ni le résultat» du vote.

«C'est un jour très positif pour le peuple irakien ainsi que pour la paix dans le monde», a de son côté déclaré George Bush. «Je suis satisfait des indications initiales montrant que le niveau de violence a été considérablement moins élevé que lors des dernières élections.»

La Grande-Bretagne et le Canada ont également félicité les Irakiens. «Le nombre d'Irakiens qui se sont rendus aux urnes témoigne de l'esprit du peuple irakien et de son engagement à l'égard de l'avenir de l'Irak», a déclaré le chef de la diplomatie canadienne Pierre Pettigrew dans un communiqué, en soulignant que le vote avait eu lieu «en dépit des tentatives répétées des insurgés de faire dérailler la transition démocratique».

Au niveau national, la participation se situe aux alentours de 63-64 %, soit «au-dessus des 58 % enregistrés en janvier», a déclaré à Reuters le président de la Commission électorale irakienne, Hussein al Hendaoui.

Les premiers résultats publiés hier confirment l'hypothèse d'une ligne de partage confessionnelle marquée par une nette victoire du «oui» dans les provinces chiites du Sud et un rejet massif dans le coeur sunnite du centre et de l'Ouest. Le texte serait rejeté si le «non» l'emportait avec une majorité des deux tiers dans trois provinces au moins.

«Non» à Salaheddin et Anbar, «oui» à Ninive

Dans la province de Salaheddin, l'une des trois à majorité sunnite qui attirent tous les regards, 70 % des électeurs ont voté «non», a déclaré un membre de la Commission électorale. Ce dernier a toutefois souligné le caractère provisoire de ce résultat qui doit faire l'objet de nouveaux décomptes.

«La participation est de 80 %», a ajouté Saleh Khalil Farradj, qui s'exprimait de Tikrit, ville natale de Saddam Hussein, au nord de Bagdad. Outre celle de Salaheddin, la province d'Anbar devrait également rejeter le texte à une large majorité.

Le résultat final du référendum pourrait donc se jouer dans la province de Ninive, plus au nord, avec la ville de Mossoul qui abrite deux millions de sunnites et de Kurdes.

Mais de source gouvernementale autorisée, on affirme que le «oui» l'emporte à 75 % après dépouillement de 419 000 des 643 000 bulletins, ce qui semble exclure un renversement de tendance en faveur du «non».

Dans la province de Diyala, où la minorité sunnite est fortement représentée, le «non» ne devrait pas non plus atteindre le seuil des deux tiers des suffrages.

Dans le camp sunnite, certains semblent déjà se résoudre à la victoire du «oui».

«Si nous sommes certains qu'il n'y a eu aucune fraude ou infraction, nous nous attellerons sérieusement à cette nouvelle réalité», a déclaré Hussein Falloudji, responsable sunnite qui a participé aux négociations sur la Constitution.

«Nous nous préparons à prendre pleinement part aux élections à venir afin de créer un nouvel équilibre au parlement et nous agirons résolument pour amender la Constitution», a-t-il ajouté.

Les premiers résultats officiels du référendum devraient être dévoilés à la fin de la semaine.

Cinq marines tués à Ramadi

D'autres mettent en doute la validité du scrutin, dont les résultats sont pour eux pilotés par Washington.

«Condoleezza Rice a fait une déclaration. Je pense que c'est un signal envoyé à la Commission électorale pour qu'elle valide la constitution», a déclaré le leader nationaliste sunnite Saleh al Moutlak. Selon lui, plus de 80 % des sunnites — qui représentent 20 % de la population irakienne — ont voté «non».

Les sunnites, qui avaient boycotté les législatives de janvier, estiment que la création d'un État fédéral prévue par la Constitution risque de faire éclater l'unité du pays, tout en favorisant les régions chiites et kurdes riches en pétrole.

Des négociations de dernière minute avaient toutefois permis avant le scrutin le ralliement de deux partis sunnites modérés — le Parti islamique irakien et la Dotation sunnite — après la conclusion d'un accord politique, sous la pression des États-Unis, pour que le texte fondamental puisse encore être amendé après les élections législatives de la mi-décembre.

Si la constitution est adoptée, ce scrutin permettra d'élire une assemblée permanente pour quatre ans et un gouvernement sera investi avant la fin de l'année. Si le «non» l'emporte, le processus devra reprendre de zéro avec l'élection à cette même date d'un parlement intérimaire chargé de rédiger un nouveau projet de constitution, lequel sera soumis à référendum au plus tard en octobre 2006.

Plus de 15,5 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes pour se prononcer sur un texte jetant les bases d'un Irak fédéral et décentralisé. Une partie des Arabes sunnites s'est ralliée à cet énoncé après des changements de dernière minute permettant de le modifier après les prochaines législatives, officiellement fixées au 15 décembre, comme l'a confirmé un décret rendu public hier par le Conseil présidentiel irakien.

Entouré de mesures de sécurité exceptionnelles, le scrutin de samedi s'est globalement déroulé dans le calme, même si cinq soldats américains ont été tués par l'explosion d'une bombe artisanale au passage de leur véhicule à Ramadi, dans l'ouest du pays.

Ces pertes portent à au moins 1970 le nombre de militaires américains tués depuis le début de la guerre en Irak en 2003.

Trois roquettes se sont par ailleurs abattues hier matin sur la «zone verte», secteur fortifié du centre de Bagdad qui abrite le siège du gouvernement, mais aucun dégât n'a été signalé.






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