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Lettres: Pourquoi je ne voterai pas pour André Boisclair

André Payette - Journaliste, écrivain, ancien président du PQ de Westmount-Saint-Louis, Montréal, le 13 octobre 2005  17 octobre 2005 
Membre du Parti québécois depuis dix ans, j'ai milité en faveur de l'indépendance du Québec, de la prise du pouvoir aux diverses élections et de la victoire du OUI lors du premier et du second référendum. C'est pourquoi je ne voterai pas en faveur d'André Boisclair à la direction du PQ, pour des raisons de stratégie politique.

Si Boisclair était élu à la tête du parti, le serait-il d'abord à la prochaine élection générale? Loin d'être sûr. Mais si c'était le cas, pourrions-nous remporter le référendum et par conséquent l'indépendance comme nous le souhaitons. Sans doute pas. Pourquoi?

Aucun rapport avec son orientation sexuelle avouée. Nous en avons connu d'autres semblables sans avoir à les nommer. Mais à cause de son propre aveu d'usage de cocaïne. Confession louable en effet, mais doublée du refus de répondre à toutes les questions. C'est là que le bât blesse et blesserait davantage.

Pour des actes de moindre gravité, des membres de la classe politique d'ici et d'ailleurs ont dû démissionner de leur poste. C'est le geste qu'on attendait d'eux.

Boisclair a beau dire n'avoir eu jamais de contact avec le crime organisé, il a tout de même commis un ou des actes criminels et eu des contacts avec un ou des fournisseurs dans des circonstances encore inconnues pendant qu'il occupait la fonction de ministre. Il s'agit là d'un acte irresponsable issu d'une erreur de jugement manifeste.

Or, on sait à quel point les fédémaniaques aidés par l'État canadian ont pu tripoter les résultats du dernier référendum de bien des manières depuis le non-respect de la loi québécoise sur les consultations populaires, jusqu'à la citoyenneté instantanée de dernière minute de nouveaux immigrants en passant par les électeurs à distance et les non-résidents.

Si Ottawa décidait de faire intervenir la GRC dans l'affaire Boisclair avant la prochaine élection ou au moment du référendum, on ne sait pas ce qui en résulterait, mais on apprendrait peut-être bien des choses. Et le simple déclenchement connu d'une enquête policière dans une affaire de drogue illicite suffirait à renverser la vapeur favorable à une élection ou à un référendum.

Une intégrité parfaite me paraît être la qualité essentielle au leader d'un parti ayant les visées nationales d'un pays comme le Québec.
 
 
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