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La fin de la discrimination sexuelle est la clé du développement

12 octobre 2005 
New York — L'égalité des sexes «réduit la pauvreté, tout en sauvant et en améliorant des vies». Elle est la clé de la réalisation des Objectifs de développement du millénaire (ODM), proclame le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) dans un rapport publié aujourd'hui.

Les efforts planétaires pour faire reculer la pauvreté sont «voués à l'échec, à moins que les dirigeants du monde n'agissent dès maintenant pour mettre fin à la discrimination sexuelle», affirme ce document annuel sur l'état de la population mondiale.

Intitulé «La promesse d'égalité: égalité des sexes, santé en matière de procréation et objectifs du millénaire pour le développement», la publication de ce rapport coïncide avec le 60e anniversaire de la Charte de l'ONU, qui a proclamé l'égalité des droits des hommes et des femmes.

Une promesse aux femmes et aux enfants

Il rappelle aux dirigeants de la planète la promesse faite aux femmes et aux jeunes du monde, dans le cadre des ODM adoptés en 2000 et de nouveau proclamés lors d'un sommet à New York en septembre. Parmi ces huit objectifs figurent l'égalité des sexes, la lutte contre la mortalité infantile et la promotion de la santé en matière de procréation.

Selon lui, «investir dans les femmes et les jeunes, qui constituent la majorité de la population mondiale, accélérera le développement à long terme. Ne pas le faire risque d'affermir l'emprise de la pauvreté pour des générations à venir».

«La discrimination gaspille le capital humain en refusant à la moitié de l'humanité le droit de réaliser son plein potentiel. Elle débouche sur une productivité plus faible et des coûts de santé plus élevés. Elle entraîne aussi des taux de mortalité plus élevés chez les mères et les enfants et menace sérieusement les efforts faits pour réduire la pauvreté», soulignent ses auteurs.

À l'échelle mondiale, les problèmes de santé en matière de procréation — dont le VIH/sida — constituent la cause majeure de mortalité et de morbidité chez les femmes âgées de 15 à 44 ans. Ils entraînent la perte de plus de 250 millions d'années de vie productive par année, souligne le document.

«Le manque d'accès aux contraceptifs modernes est la cause principale d'environ 76 millions de grossesses non recherchées dans le seul monde en développement et d'environ 19 millions d'avortements pratiqués dans des conditions dangereuses au niveau mondial, chaque année.»

Le document avertit que la violence, la plupart du temps domestique, «continue de terroriser des millions de femmes et de filles», «causant autant de morts que le cancer dans la classe d'âge de 15 à 44 ans».

Malgré des progrès législatifs dans certains des pays les plus pauvres, «le rythme du changement est bien trop lent», déplore-t-il. Quelque 600 millions de femmes sont encore illettrées dans le monde contre 320 millions d'hommes.

«Bien que l'accès à l'éducation primaire augmente, seulement 69 % des filles en Asie du Sud et 49 % en Afrique subsaharienne vont au bout de ce cycle d'études. Au niveau secondaire, le fossé est encore plus large avec seulement 47 % et 30 % sur ces deux continents respectivement.»

Le rapport réaffirme le lien entre pauvreté et manque d'accès au planning familial, soulignant que la population mondiale, aujourd'hui de 6,5 milliards, devrait passer à 9,1 milliards en 2050.

«La baisse du taux de fécondité et de mortalité signifie qu'une proportion plus importante de jeunes entrent dans les années productives de leur vie avec relativement moins de personnes à charge. S'il se combine avec des politiques sociales et économiques avisées, ce phénomène peut se traduire par une augmentation de l'épargne et des ressources disponibles pour investir dans chaque enfant.»

Le rapport souligne que cette «prime démographique» explique la croissance sans précédent des économies de l'Asie de l'Est entre 1965 et 1990 et pourrait réduire de 14 % entre 2000 et 2015 la pauvreté dans le monde en développement.
 
 
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