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L'un des «cerveaux» présumés du 11 septembre - Ben Alshibh pourrait être extradé aux États-Unis

N/A ZZZN/A , N/A ZZZN/A   16 septembre 2002 
Karachi — Arrêté la semaine dernière à Karachi, Ramzi Binalshibh, considéré comme l'un des «cerveaux» des attentats du 11 septembre, pourrait être extradé aux États-Unis: «en général», les membres présumés d'Al-Qaida sont remis aux Américains, a souligné hier le ministère pakistanais de l'Intérieur.

Ben Alshibh et au moins neuf autres membres présumés d'Al-Qaida continuaient d'être interrogés par les agents de renseignements pakistanais et américains, cinq jours après l'important coup de filet de Karachi, a précisé un responsable du ministère ayant requis l'anonymat. Ce sont les Américains qui procèdent aux interrogatoires, mais les suspects sont techniquement sous la garde des Pakistanais.

«Nous collaborons avec les autorités pakistanaises pour nous assurer qu'il aille au bon endroit», a déclaré pour sa part Condoleezza Rice, la conseillère en sécurité du président américain George W. Bush. «Il ne fait aucun doute que les États-Unis le veulent», car son arrestation constitue «une important percée», a-t-elle ajouté sur la chaîne ABC.

Le ministre allemand de l'Intérieur Otto Schily a annoncé hier que Berlin ne demanderait pas l'extradition de Binalchibh.

Schily a déclaré sur la chaîne de télévision ARD que l'Allemagne n'était pas directement touchée par les crimes dont on accuse Ramzi ben Alshibh et ne demanderait donc pas son extradition.

«La demande d'extradition faite par les États-Unis passe en priorité», a-t-il expliqué. Samedi, le ministre de l'Intérieur avait fait part de la volonté allemande de demander l'extradition de ben Alshibh , compte tenu du mandat d'arrêt international lancé par Berlin à son encontre. Schily avait toutefois reconnu la nécessité de négocier avec d'autres pays étant dans la même situation.

Les autorités américaines soupçonnent ce ressortissant yéménite de 30 ans, qui s'est vu refuser un visa américain à au moins quatre reprises avant le 11 septembre, d'avoir voulu se joindre aux pirates de l'air impliqués dans les attentats de l'an dernier.

«C'est un assez gros poisson. Il appartient peut-être au cercle des responsables du 11 septembre», a déclaré hier le secrétaire d'État américain Colin Powell sur CNN.

Il aurait d'ailleurs partagé dans cette ville allemande un appartement avec Mohamed Atta, chef présumé des commandos de pirates de l'air du 11 septembre.

Le cas ben Alshibh risque de poser un nouveau problème juridique. Il pourrait être inculpé devant un tribunal américain ou Washington pourrait réclamer à Islamabad de le lui remettre en tant que «combattant ennemi», ce qui le ferait sortir du cadre juridique légal américain.

Un site Web islamiste a démenti hier cette arrestation, parlant de propagande et de mensonges de la part des «Croisés et de leurs agents au sein du régime pakistanais apostat».

Selon le Washington Post, les États-Unis ont intensifié leurs recherches pour débusquer les membres du réseau terroriste al-Qaïda au Yemen, considéré comme l'un des points chauds de la guerre contre le terrorisme.

«Le Yemen est devenu une zone d'un intérêt accru pour les forces américaines et alliées», a déclaré au journal un haut responsable de l'administration américaine.

Les États-Unis sont particulièrement déterminés à traquer plusieurs dirigeants d'al-Qaïda qui ont trouvé refuge dans les zones tribales yéménites, séjour de longue date d'Oussama Ben Laden, précisait le quotidien dans son détion dominicale.

Des membres du réseau avaient trouvé refuge et protection parmi les chefs militants islamistes qui dirigent le pays, selon le Washington Post.

Le Yemen est aussi considéré depuis longtemps par plusieurs gouvernements comme une éventuelle base arrière pour les militants qui aimeraient détrôner la famille royale saoudienne.

Si Ben Laden est vivant, «ce serait pour lui un endroit légitime où aller, avec le Pakistan», a déclaré un responsable du contre-espionnage américain au journal.

Pendant l'été, un suspect d'al-Qaïda détenu par les Américains en Afghanistan a révélé les noms des membres d'une cellule au Yemen qui étaient en train d'amasser des stocks d'explosifs de plastic. Il a décrit leur intention de s'en prendre aux intérêts américains dans la région.

Après les attaques du 11 septembre, le Yemen, sous pression américaine, a pris des mesures contre des combattants présumés d'al-Qaïda. Mais le ministre des Affaires étrangères yéménite, Abu-Bakr al-Qurbi, a précisé dans une interview à un journal arabe, le 8 septembre, qu'il ne «livrerait» aucun captif du réseau terroriste à des nations étrangères, écrit le journal.

Des responsables américains ont déclaré samedi que l'un des membres présumés d'al-Qaïda d'origine yéménite interpellé vendredi à Buffalo (État de New York) s'était montré coopératif avec les autorités américaines, révélant des informations sur les activités de sa cellule et sur ses complices.






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