Irak, les pressions s'accentuent
Pendant que les propos des dirigeants de la Maison-Blanche se font de plus en plus menaçants contre le régime de Bagdad, des Américains profitent de leur dimanche pour descendre dans la rue et plaider en faveur de la paix, comme hier, à un carrefour
Les pressions sur l'Irak ont encore augmenté ce week-end de la part des États-Unis à la veille de discussions cruciales à l'ONU pour contraindre l'Irak à désarmer, lequel reste inflexible.
Bagdad, sommé d'appliquer les résolutions du Conseil de sécurité et de désarmer, lie en effet toujours son désarmement à une levée de l'embargo. De son côté, la conseillère pour la sécurité nationale du président George W. Bush, Condoleezza Rice, a affirmé hier à la chaîne de télévision Fox que l'«Irak a clairement des liens avec le terrorisme, y compris al-Qaïda». Le président Bush n'avait pas fait état de tels liens lors de son discours, jeudi à New York, devant la 57e Assemblée générale des Nations unies.
Condoleezza Rice a affirmé que «des membres d'al-Qaïda ont été vus à Bagdad» tout en précisant que son intention n'était pas de dire que Saddam Hussein était lié au complot ayant abouti aux attentats du 11 septembre contre les États-Unis.
Selon l'hebdomadaire The Sunday Telegraph, le dossier à charge contre l'Irak que le gouvernement britannique doit publier le 24 septembre devrait notamment contenir la première preuve définitive que Saddam Hussein a permis aux principaux chefs du réseau al-Qaïda de s'entraîner sur son territoire.
Une version provisoire du dossier, selon le journal, contient des informations détaillées sur la manière dont deux dirigeants d'al-Qaïda, Abu Zubair et Rafid Fatah, se sont entraînés dans des camps terroristes en Irak et sont encore en relation avec le régime de Bagdad.
Le dossier, ajoute The Sunday Telegraph, doit dévoiler que Saddam Hussein a reconstruit trois usines d'armes chimiques et biologiques. Il contient enfin des précisions sur le programme nucléaire irakien, et notamment sur les activités secrètes d'une usine de production d'uranium à Al-Qaim, à 256 kilomètres à l'ouest de Bagdad.
L'hebdomadaire Newsweek, dans son édition publiée aujourd'hui, affirme de son côté que les États-Unis, dans les années 1980, ont fourni à l'Irak de quoi fabriquer des armes biologiques
«Dans les années 1980, quand l'Irak était en guerre avec l'Iran, les États-Unis ont décidé d'aider l'Irak et ont commencé à fournir au dictateur Saddam Hussein des ressources et matériels militaires, y compris des cargaisons de +bactéries/champignons/protozoaires+ à la commission irakienne à l'énergie atomique (IAEC)», selon le journal.
Confirmant la volonté affichée cette semaine par les États-Unis de progresser rapidement sur le dossier irakien, le secrétaire d'État Colin Powell a déclaré, pour sa part, s'attendre à ce que la communauté internationale condamne rapidement le mépris par l'Irak des résolutions de l'ONU le concernant.
Les débats, au Conseil de sécurité, sur ces nouvelles résolutions devraient être clos d'ici «quelques semaines, et non quelques mois» et l'on devrait également établir dans ce délai un calendrier fixant la date-limite à laquelle Saddam Hussein doit obéir aux exigences des Nations unies, a expliqué Powell sur la chaîne américaine NBC.
«Saddam (Hussein) sait ce qu'il a à faire. Elles (les résolutions) existent depuis des années», a-t-il dit, ajoutant qu'il avait eu des entretiens satisfaisants avec plusieurs dirigeants étrangers après le discours prononcé jeudi par Bush devant les Nations unies.
«Nous ne pouvons pas laisser cela continuer éternellement. Pendant ce temps, le président (américain) conserve toutes ses options», a-t-il déclaré aux journalistes.
Le dirigeant irakien s'était engagé après la guerre du Golfe, en 1991, à mettre fin à tous les programmes irakiens de fabrication d'armes biologiques, nucléaires et de missiles balistiques.
Samedi, Bush a déclaré à son sujet: «Il a défié les Nations unies à 16 reprises. Pas une fois, pas deux: 16 fois. Assez, c'est assez.»
«Ne vous y trompez pas: si nous (les États-Unis) devons traiter le problème, nous le ferons», a-t-il ajouté.
Signe que la menace d'une intervention militaire américaine contre l'Irak est prise au sérieux au Proche-Orient, Moshe Yaalon, chef d'état-major de l'armée israélienne, a affirmé que l'État hébreu était prêt à faire face à une éventuelle offensive irakienne.
Durant la guerre du Golfe 39 missiles Scud irakiens à charge conventionnelle avaient frappé Israël. Aujourd'hui, les autorités craignent que Bagdad ne fasse usage d'armes plus destructrices en représailles à une initiative américaine.
«Nous sommes bien préparés, tant en termes de défense qu'en termes de réponse offensive, si le besoin s'en fait sentir», a déclaré Yaalon, s'exprimant sur l'antenne de Radio Israël.
Le monde arabe réagit
Quatre jours après le discours du président George W. Bush, le monde arabe a commencé à suggérer au président saddam Hussein d'assouplir sa position.
«Tant que l'Irak dit qu'il ne dispose pas d'armes de destruction massive et qu'il n'a pas de plans pour en produire, pourquoi n'accepte-t-il pas le retour des inspecteurs pour régler l'affaire», a déclaré hier à CNN le chef de la diplomatie saoudienne, le prince Saoud Al-Fayçal.
Il a par ailleurs laissé entendre que son pays permettrait aux États-Unis d'utiliser leurs bases d'Arabie Saoudite si les Nations Unies approuvaient une action militaire contre l'Irak.
Pour l'heure, l'Irak continue à camper sur ses positions : «Bush est un menteur, fils de menteur. Et ce n'est pas là une insulte, mais bien une vérité», écrivait hier le quotidien As-Saoura, organe du parti Baas au pouvoir à Bagdad.
De son côté, Naji Sabri, le ministre irakien des Affaires étrangères, a réaffirmé, pour sa première déclaration à la presse à New York, que le retour des inspecteurs devrait entraîner la levée des sanctions qui frappent l'Irak depuis l'invasion du Koweït en 1999.
"Ce n'est pas une condition (...) Ce sont les Etats-Unis qui posent des conditions", a déclaré M. Sabri, après un entretien samedi avec son homologue français, Dominique de Villepin.
Cet entretien, le premier entre M. Sabri et le représentant d'un pays membre du Conseil de sécurité depuis le discours jeudi du président George W. Bush exigeant le désarmement de l'Irak, a été l'occasion, selon un diplomate français, d'assurer Bagdad de l'unité et de la détermination de la communauté internationale.
M. Sabri a eu samedi un premier entretien, en compagnie du secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, avec M. Annan qui le recevra à nouveau la semaine prochaine.
La pression, ce week-end, sur l'Irak, est également venu de la part de plusieurs dirigeants occidentaux. Le premier ministre italien, Silvio Berlusconi, reçu ce week-end à Camp David par George W. Bush a estimé qu'en cas de blocage à l'ONU, une intervention aurait lieu au début de l'année prochaine.
Dans une interview à la chaîne de télévision Sky, le ministre des Affaires étrangères britanniques, M. Straw, a averti que l'ONU devrait prévenir Saddam Hussein que, s'il ne se débarrasse par des armes de destruction en sa possession, "son régime devra disparaître".
«Le choix lui appartient et il ne lui reste pas beaucoup de temps pour prendre sa décision», a-t-il ajouté.
ÀBagdad, enfin, trois députés français de la majorité présidentielle ont appelé dimanche l'Irak à autoriser le retour des inspecteurs en désarmement de l'ONU pour éviter une guerre et se sont rendus sur un ancien site nucléaire soupçonné par Washington et Londres d'avoir repris ses activités.
Le gouvernement français a fait savoir qu'il désapprouvait cette visite.
Bagdad, sommé d'appliquer les résolutions du Conseil de sécurité et de désarmer, lie en effet toujours son désarmement à une levée de l'embargo. De son côté, la conseillère pour la sécurité nationale du président George W. Bush, Condoleezza Rice, a affirmé hier à la chaîne de télévision Fox que l'«Irak a clairement des liens avec le terrorisme, y compris al-Qaïda». Le président Bush n'avait pas fait état de tels liens lors de son discours, jeudi à New York, devant la 57e Assemblée générale des Nations unies.
Condoleezza Rice a affirmé que «des membres d'al-Qaïda ont été vus à Bagdad» tout en précisant que son intention n'était pas de dire que Saddam Hussein était lié au complot ayant abouti aux attentats du 11 septembre contre les États-Unis.
Selon l'hebdomadaire The Sunday Telegraph, le dossier à charge contre l'Irak que le gouvernement britannique doit publier le 24 septembre devrait notamment contenir la première preuve définitive que Saddam Hussein a permis aux principaux chefs du réseau al-Qaïda de s'entraîner sur son territoire.
Une version provisoire du dossier, selon le journal, contient des informations détaillées sur la manière dont deux dirigeants d'al-Qaïda, Abu Zubair et Rafid Fatah, se sont entraînés dans des camps terroristes en Irak et sont encore en relation avec le régime de Bagdad.
Le dossier, ajoute The Sunday Telegraph, doit dévoiler que Saddam Hussein a reconstruit trois usines d'armes chimiques et biologiques. Il contient enfin des précisions sur le programme nucléaire irakien, et notamment sur les activités secrètes d'une usine de production d'uranium à Al-Qaim, à 256 kilomètres à l'ouest de Bagdad.
L'hebdomadaire Newsweek, dans son édition publiée aujourd'hui, affirme de son côté que les États-Unis, dans les années 1980, ont fourni à l'Irak de quoi fabriquer des armes biologiques
«Dans les années 1980, quand l'Irak était en guerre avec l'Iran, les États-Unis ont décidé d'aider l'Irak et ont commencé à fournir au dictateur Saddam Hussein des ressources et matériels militaires, y compris des cargaisons de +bactéries/champignons/protozoaires+ à la commission irakienne à l'énergie atomique (IAEC)», selon le journal.
Confirmant la volonté affichée cette semaine par les États-Unis de progresser rapidement sur le dossier irakien, le secrétaire d'État Colin Powell a déclaré, pour sa part, s'attendre à ce que la communauté internationale condamne rapidement le mépris par l'Irak des résolutions de l'ONU le concernant.
Les débats, au Conseil de sécurité, sur ces nouvelles résolutions devraient être clos d'ici «quelques semaines, et non quelques mois» et l'on devrait également établir dans ce délai un calendrier fixant la date-limite à laquelle Saddam Hussein doit obéir aux exigences des Nations unies, a expliqué Powell sur la chaîne américaine NBC.
«Saddam (Hussein) sait ce qu'il a à faire. Elles (les résolutions) existent depuis des années», a-t-il dit, ajoutant qu'il avait eu des entretiens satisfaisants avec plusieurs dirigeants étrangers après le discours prononcé jeudi par Bush devant les Nations unies.
«Nous ne pouvons pas laisser cela continuer éternellement. Pendant ce temps, le président (américain) conserve toutes ses options», a-t-il déclaré aux journalistes.
Le dirigeant irakien s'était engagé après la guerre du Golfe, en 1991, à mettre fin à tous les programmes irakiens de fabrication d'armes biologiques, nucléaires et de missiles balistiques.
Samedi, Bush a déclaré à son sujet: «Il a défié les Nations unies à 16 reprises. Pas une fois, pas deux: 16 fois. Assez, c'est assez.»
«Ne vous y trompez pas: si nous (les États-Unis) devons traiter le problème, nous le ferons», a-t-il ajouté.
Signe que la menace d'une intervention militaire américaine contre l'Irak est prise au sérieux au Proche-Orient, Moshe Yaalon, chef d'état-major de l'armée israélienne, a affirmé que l'État hébreu était prêt à faire face à une éventuelle offensive irakienne.
Durant la guerre du Golfe 39 missiles Scud irakiens à charge conventionnelle avaient frappé Israël. Aujourd'hui, les autorités craignent que Bagdad ne fasse usage d'armes plus destructrices en représailles à une initiative américaine.
«Nous sommes bien préparés, tant en termes de défense qu'en termes de réponse offensive, si le besoin s'en fait sentir», a déclaré Yaalon, s'exprimant sur l'antenne de Radio Israël.
Le monde arabe réagit
Quatre jours après le discours du président George W. Bush, le monde arabe a commencé à suggérer au président saddam Hussein d'assouplir sa position.
«Tant que l'Irak dit qu'il ne dispose pas d'armes de destruction massive et qu'il n'a pas de plans pour en produire, pourquoi n'accepte-t-il pas le retour des inspecteurs pour régler l'affaire», a déclaré hier à CNN le chef de la diplomatie saoudienne, le prince Saoud Al-Fayçal.
Il a par ailleurs laissé entendre que son pays permettrait aux États-Unis d'utiliser leurs bases d'Arabie Saoudite si les Nations Unies approuvaient une action militaire contre l'Irak.
Pour l'heure, l'Irak continue à camper sur ses positions : «Bush est un menteur, fils de menteur. Et ce n'est pas là une insulte, mais bien une vérité», écrivait hier le quotidien As-Saoura, organe du parti Baas au pouvoir à Bagdad.
De son côté, Naji Sabri, le ministre irakien des Affaires étrangères, a réaffirmé, pour sa première déclaration à la presse à New York, que le retour des inspecteurs devrait entraîner la levée des sanctions qui frappent l'Irak depuis l'invasion du Koweït en 1999.
"Ce n'est pas une condition (...) Ce sont les Etats-Unis qui posent des conditions", a déclaré M. Sabri, après un entretien samedi avec son homologue français, Dominique de Villepin.
Cet entretien, le premier entre M. Sabri et le représentant d'un pays membre du Conseil de sécurité depuis le discours jeudi du président George W. Bush exigeant le désarmement de l'Irak, a été l'occasion, selon un diplomate français, d'assurer Bagdad de l'unité et de la détermination de la communauté internationale.
M. Sabri a eu samedi un premier entretien, en compagnie du secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, avec M. Annan qui le recevra à nouveau la semaine prochaine.
La pression, ce week-end, sur l'Irak, est également venu de la part de plusieurs dirigeants occidentaux. Le premier ministre italien, Silvio Berlusconi, reçu ce week-end à Camp David par George W. Bush a estimé qu'en cas de blocage à l'ONU, une intervention aurait lieu au début de l'année prochaine.
Dans une interview à la chaîne de télévision Sky, le ministre des Affaires étrangères britanniques, M. Straw, a averti que l'ONU devrait prévenir Saddam Hussein que, s'il ne se débarrasse par des armes de destruction en sa possession, "son régime devra disparaître".
«Le choix lui appartient et il ne lui reste pas beaucoup de temps pour prendre sa décision», a-t-il ajouté.
ÀBagdad, enfin, trois députés français de la majorité présidentielle ont appelé dimanche l'Irak à autoriser le retour des inspecteurs en désarmement de l'ONU pour éviter une guerre et se sont rendus sur un ancien site nucléaire soupçonné par Washington et Londres d'avoir repris ses activités.
Le gouvernement français a fait savoir qu'il désapprouvait cette visite.
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