Des bloquistes coûtent cher aux contribuables
Ottawa — Les députés du Bloc québécois figurent parmi ceux qui présentent les notes de frais de déplacement les plus salées à la Chambre des communes. Si la moyenne des demandes de remboursement de dépenses des élus fédéraux a été d'un peu plus de 8000 $ par élu, sept bloquistes ont reçu plus de 30 000 $ chacun.
Ainsi, sur les 14 députés (tous partis confondus) ayant demandé des remboursements de plus de
30 000 $ à la Chambre des communes en 2004-05, sept (50 %) sont des députés bloquistes, a constaté Le Devoir. Or les bloquistes ne représentent qu'un sixième (environ 18 %) de la députation au Parlement.
Ces chiffres proviennent de la divulgation, datée de mai 2005, des dépenses des députés pour l'année fiscale 2004-05. Contrairement aux chiffres inscrits dans les Comptes publics dont Le Devoir faisait état plus tôt cette semaine, ceux-ci sont ventilés entre les diverses catégories de dépenses des députés. Aussi, les frais de déplacement rapportés dans ce document ne sont que cela: les frais de transport du député et de ses employés de bureau pour des voyages faits à l'intérieur de sa circonscription ou ailleurs dans sa province. Selon le bureau du contrôleur de la Chambre des communes, joint hier, ces sommes ne comprennent ni frais d'hébergement ou de repas ni salaires.
À ce chapitre, donc, les 407 députés (ils sont plus nombreux car il s'agissait d'une année électorale) ont réclamé un total de 3,73 millions de dollars en frais de déplacement, soit une moyenne de 8287,96 $ par député. Cette somme ne comprend pas les déplacements du député entre sa circonscription et Ottawa. Or 14 députés ont demandé des remboursements supérieurs à 30 000 $: sept bloquistes, six libéraux et un conservateur.
La palme revient au libéral Bill Matthews, de Terre-Neuve, avec 58 033 $. La deuxième place va au bloquiste Roger Gaudet, de Montcalm, avec 44 883 $.
C'est plus que la députée libérale Ethel Blondin-Andrew qui, avec ses 42 302 $, a dû couvrir tous les Territoires du Nord-Ouest et rejoindre ses commettants jusqu'aux confins de l'Arctique. La circonscription de M. Gaudet, rurale et de taille moyenne, est située au nord-est de Montréal.
Trois autres députés bloquistes représentant des circonscriptions de taille similaire affichent des dépenses de déplacement très élevées. Il s'agit de Mario Laframboise (Argenteuil-Papineau-Mirabel) avec 33 721 $, Odina Desrochers (Lotbinière-Chutes-de-la-Chaudière) avec 40 400 $ et Jean-Yves Roy (Haute -Gaspésie-Matane) avec 30 369 $. Sauf peut-être M. Laframboise, ces trois députés bloquistes ne sont pas très présents sur la scène québécoise à l'extérieur de leur circonscription.
Plus tôt cette semaine, Le Devoir révélait que Roger Gaudet s'était illustré en demandant un remboursement de 100 000 $ à la Chambre des communes, ce qui comprenait ses dépenses de déplacement ainsi que certaines notes d'hôtel et de restaurant.
Le Parti conservateur, qui s'inquiétait de ces révélations du Devoir, a demandé hier au chef Gilles Duceppe de faire preuve de leadership en réclamant non pas seulement un avis au commissaire à l'éthique, Bernard Shapiro, mais bien une enquête. «Comme chef du parti, il a la responsabilité de confronter son député. Il a entre les mains le pouvoir d'obtenir les réponses», a expliqué Lawrence Cannon, responsable de l'organisation du Parti conservateur au Québec. Pour le moment, le Bloc a demandé un avis à M. Shapiro afin de savoir si le député Roger Gaudet a contrevenu au code des conflits d'intérêts des députés.
Certains des libéraux ont eux aussi des factures de déplacement élevées compte tenu de la petitesse relative de leur circonscription et de leur province. Il s'agit de Dominic Leblanc (32 607 $) et Andy Savoy (32 703 $), du Nouveau-Brunswick, Robert Thibault (37 398 $), de la Nouvelle-Écosse, et Lawrence
MacAuley (30 384 $), de l'Île-du-Prince-Édouard.
Enfin, les quatre autres députés ayant réclamé plus de 30 000 $ représentent des circonscriptions plus étendues. Il s'agit des bloquistes Yvon Lévesque (le nord du Québec), Michel Guimond (de l'est de Québec jusqu'à la Haute-Côte-Nord) et Raynald Blais (Gaspésie et les Îles) ainsi que du conservateur Inky Mark, du Manitoba. Reste malgré tout que leurs dépenses sont beaucoup plus élevées que celles de bien d'autres députés représentant de très vastes circonscriptions. On peut penser à Bev Desjarlais, qui représente tout le nord du Manitoba et qui n'a réclamé que 16 066 $, ou encore Charlie Angus qui, pour couvrir tout le nord de l'Ontario, a réclamé 19 276 $.
Dépenses nulles
Le député qui remporte la palme au chapitre des dépenses les moins élevées est le libéral David McGuinty (le frère du premier ministre de l'Ontario), qui représente une circonscription d'Ottawa. Il n'a pas réclamé un sou à titre de frais de déplacement. Certes, cela peut s'expliquer par le fait que son comté très urbain n'est pas grand («Ça me prend 20 minutes pour aller d'un bout à l'autre», dit-il), mais il y a plus. En effet, il en va d'une philosophie.
«Je ne réclame aucuns frais pour le kilométrage effectué dans ma circonscription. Je considère que ça fait partie de mes responsabilités», a-t-il expliqué en entrevue.
Ainsi, sur les 14 députés (tous partis confondus) ayant demandé des remboursements de plus de
30 000 $ à la Chambre des communes en 2004-05, sept (50 %) sont des députés bloquistes, a constaté Le Devoir. Or les bloquistes ne représentent qu'un sixième (environ 18 %) de la députation au Parlement.
Ces chiffres proviennent de la divulgation, datée de mai 2005, des dépenses des députés pour l'année fiscale 2004-05. Contrairement aux chiffres inscrits dans les Comptes publics dont Le Devoir faisait état plus tôt cette semaine, ceux-ci sont ventilés entre les diverses catégories de dépenses des députés. Aussi, les frais de déplacement rapportés dans ce document ne sont que cela: les frais de transport du député et de ses employés de bureau pour des voyages faits à l'intérieur de sa circonscription ou ailleurs dans sa province. Selon le bureau du contrôleur de la Chambre des communes, joint hier, ces sommes ne comprennent ni frais d'hébergement ou de repas ni salaires.
À ce chapitre, donc, les 407 députés (ils sont plus nombreux car il s'agissait d'une année électorale) ont réclamé un total de 3,73 millions de dollars en frais de déplacement, soit une moyenne de 8287,96 $ par député. Cette somme ne comprend pas les déplacements du député entre sa circonscription et Ottawa. Or 14 députés ont demandé des remboursements supérieurs à 30 000 $: sept bloquistes, six libéraux et un conservateur.
La palme revient au libéral Bill Matthews, de Terre-Neuve, avec 58 033 $. La deuxième place va au bloquiste Roger Gaudet, de Montcalm, avec 44 883 $.
C'est plus que la députée libérale Ethel Blondin-Andrew qui, avec ses 42 302 $, a dû couvrir tous les Territoires du Nord-Ouest et rejoindre ses commettants jusqu'aux confins de l'Arctique. La circonscription de M. Gaudet, rurale et de taille moyenne, est située au nord-est de Montréal.
Trois autres députés bloquistes représentant des circonscriptions de taille similaire affichent des dépenses de déplacement très élevées. Il s'agit de Mario Laframboise (Argenteuil-Papineau-Mirabel) avec 33 721 $, Odina Desrochers (Lotbinière-Chutes-de-la-Chaudière) avec 40 400 $ et Jean-Yves Roy (Haute -Gaspésie-Matane) avec 30 369 $. Sauf peut-être M. Laframboise, ces trois députés bloquistes ne sont pas très présents sur la scène québécoise à l'extérieur de leur circonscription.
Plus tôt cette semaine, Le Devoir révélait que Roger Gaudet s'était illustré en demandant un remboursement de 100 000 $ à la Chambre des communes, ce qui comprenait ses dépenses de déplacement ainsi que certaines notes d'hôtel et de restaurant.
Le Parti conservateur, qui s'inquiétait de ces révélations du Devoir, a demandé hier au chef Gilles Duceppe de faire preuve de leadership en réclamant non pas seulement un avis au commissaire à l'éthique, Bernard Shapiro, mais bien une enquête. «Comme chef du parti, il a la responsabilité de confronter son député. Il a entre les mains le pouvoir d'obtenir les réponses», a expliqué Lawrence Cannon, responsable de l'organisation du Parti conservateur au Québec. Pour le moment, le Bloc a demandé un avis à M. Shapiro afin de savoir si le député Roger Gaudet a contrevenu au code des conflits d'intérêts des députés.
Certains des libéraux ont eux aussi des factures de déplacement élevées compte tenu de la petitesse relative de leur circonscription et de leur province. Il s'agit de Dominic Leblanc (32 607 $) et Andy Savoy (32 703 $), du Nouveau-Brunswick, Robert Thibault (37 398 $), de la Nouvelle-Écosse, et Lawrence
MacAuley (30 384 $), de l'Île-du-Prince-Édouard.
Enfin, les quatre autres députés ayant réclamé plus de 30 000 $ représentent des circonscriptions plus étendues. Il s'agit des bloquistes Yvon Lévesque (le nord du Québec), Michel Guimond (de l'est de Québec jusqu'à la Haute-Côte-Nord) et Raynald Blais (Gaspésie et les Îles) ainsi que du conservateur Inky Mark, du Manitoba. Reste malgré tout que leurs dépenses sont beaucoup plus élevées que celles de bien d'autres députés représentant de très vastes circonscriptions. On peut penser à Bev Desjarlais, qui représente tout le nord du Manitoba et qui n'a réclamé que 16 066 $, ou encore Charlie Angus qui, pour couvrir tout le nord de l'Ontario, a réclamé 19 276 $.
Dépenses nulles
Le député qui remporte la palme au chapitre des dépenses les moins élevées est le libéral David McGuinty (le frère du premier ministre de l'Ontario), qui représente une circonscription d'Ottawa. Il n'a pas réclamé un sou à titre de frais de déplacement. Certes, cela peut s'expliquer par le fait que son comté très urbain n'est pas grand («Ça me prend 20 minutes pour aller d'un bout à l'autre», dit-il), mais il y a plus. En effet, il en va d'une philosophie.
«Je ne réclame aucuns frais pour le kilométrage effectué dans ma circonscription. Je considère que ça fait partie de mes responsabilités», a-t-il expliqué en entrevue.
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