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Lettres: Les rues de Montréal

Lucie Chagnon - Montréal, le 28 septembre 2005  5 octobre 2005 
J'ai lu dans mon Devoir du mercredi 28 septembre la lettre d'un monsieur qui se questionne, inquiet, au sujet du comportement des Montréalais sur la route.

Tiens, oui, parlons-en. Plus tard le même jour, alors que je revenais à la maison en voiture, on m'a coupée deux fois, je me suis fait faire un bras d'honneur par un automobiliste qui a failli m'emboutir parce qu'il n'a pas fait son «stop» (!), j'ai croisé deux cyclistes qui roulaient en sens contraire, et je me suis retrouvée prise dans un flot d'étudiants qui sortaient d'un collège en traversant n'importe où sauf au passage piéton. Des coïncidences, direz-vous? Un condensé d'exemples choisis pour nourrir un argument?

Mais non, tout ça est arrivé sur un trajet de 20 minutes, par une journée des plus banales. Tous les jours, on voit, on subit, on commet ces gestes irresponsables ou agressifs. Des gestes potentiellement dangereux pour la sécurité de tous, en particulier celle de nos enfants. Et la situation se dégrade d'année en année. Pourquoi? Trop de monde circulent sur les routes? Signalisation et organisation urbaine dépassées par rapport au flot grandissant de véhicules?

En général, je préfère nettement qu'on s'en remette au bon vouloir des gens pour que ça tourne rond en société, mais on constate que le bon vouloir de plusieurs de ceux qui partagent la route se résume à tasser les autres pour passer le premier. Dernièrement, à la suite de plusieurs plaintes de résidants, un policier s'est posté au coin d'une rue assez achalandée, où les accrocs au code de la route sont monnaie courante (coin Laurier et Fabre, pour ne pas le nommer). Je vous assure que c'était beau de voir soudainement les automobilistes respecter la limite de vitesse, les piétons traverser au coin et les cyclistes faire un arrêt complet. Et, voyant cela, on se dit que si les sociétés civilisées ont inventé la police, c'est peut-être que ça sert à quelque chose, que ça empêche l'irresponsabilité et la négligence de se transformer en délinquance. Est-ce que la sécurité des rues de Montréal est dans la liste des priorités de nos candidats à la mairie? Parce qu'on est plusieurs à s'inquiéter de ce qui devient un vrai fléau.
 
 
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