Lettres: Fausse décentralisation
Frédéric Bujold - Québec, le 28 septembre 2005
5 octobre 2005
Le choix de Roberval pour l'installation du bureau du forestier en chef ne constitue pas un acte de décentralisation.
Depuis le début des consultations publiques sur la gestion de la forêt publique québécoise, les régions réclament plus de pouvoir dans la gestion de leurs ressources naturelles. Les responsables de la Conférence régionale des élus (CRE) du Saguenay-Lac-Saint-Jean voulaient que le bureau du forestier en chef soit dans leur région. Ils crient maintenant victoire. Le député de Roberval, Karl Blackburn, se réjouit. Le ministre Pierre Corbeil considère que le gouvernement démontre une ouverture vers la décentralisation. Il semble d'ailleurs que tous y voient un acte de décentralisation.
Attention! La décentralisation sous-entend que l'État accorde des pouvoirs de décision et de gestion à des organes autonomes régionaux ou locaux. Est-ce que le pouvoir est vraiment transféré aux régions dans le cas présent? Non! Est-ce que le bureau de forestier en chef est un organe autonome régional? Non! Même si le forestier en chef a son pupitre à Roberval, ses voisins n'auront pas davantage de pouvoir. Si on prend chacun des quelques 30 étages du complexe G de Québec (édifice du gouvernement provincial) et qu'on les répartis partout dans les régions, la structure organisationnelle restera tout de même centrale. Lorsque les élus de la région vont voir arriver le forestier en chef avec son carnet d'adresse de la capitale nationale, ils vont s'apercevoir qu'ils se sont fait passé un sapin!
Depuis le début des consultations publiques sur la gestion de la forêt publique québécoise, les régions réclament plus de pouvoir dans la gestion de leurs ressources naturelles. Les responsables de la Conférence régionale des élus (CRE) du Saguenay-Lac-Saint-Jean voulaient que le bureau du forestier en chef soit dans leur région. Ils crient maintenant victoire. Le député de Roberval, Karl Blackburn, se réjouit. Le ministre Pierre Corbeil considère que le gouvernement démontre une ouverture vers la décentralisation. Il semble d'ailleurs que tous y voient un acte de décentralisation.
Attention! La décentralisation sous-entend que l'État accorde des pouvoirs de décision et de gestion à des organes autonomes régionaux ou locaux. Est-ce que le pouvoir est vraiment transféré aux régions dans le cas présent? Non! Est-ce que le bureau de forestier en chef est un organe autonome régional? Non! Même si le forestier en chef a son pupitre à Roberval, ses voisins n'auront pas davantage de pouvoir. Si on prend chacun des quelques 30 étages du complexe G de Québec (édifice du gouvernement provincial) et qu'on les répartis partout dans les régions, la structure organisationnelle restera tout de même centrale. Lorsque les élus de la région vont voir arriver le forestier en chef avec son carnet d'adresse de la capitale nationale, ils vont s'apercevoir qu'ils se sont fait passé un sapin!
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