Émissions de gaz à effet de serre - Le Québec critiqué après l'abandon de son plan de réduction des GES
Louis-Gilles Francoeur
4 octobre 2005
Photo : Jacques Grenier
Le transport représente de loin la plus importante source de GES au Québec.
Le Québec obtient la «note de passage» en matière d'émissions de gaz à effet de serre malgré ses faibles émissions par habitant parce que le gouvernement Charest «n'a pas reconduit» le plan de réduction que son prédécesseur avait mis au point et s'apprêtait à refaire au moment du déclenchement des dernières élections.
C'est ce que conclut une étude comparative de la performance des provinces canadiennes dans l'atteinte des objectifs du protocole de Kyoto, rendue publique hier par la Fondation David-Suzuki. L'analyse en question a été réalisée par un universitaire, Dale Marshall.
Le rapport constate d'entrée de jeu que toutes les provinces, sauf le Yukon (-8,6%), ont augmenté leurs émissions par rapport au niveau de 1990, année de référence choisie par la communauté internationale comme baromètre de l'efficacité dans la lutte contre les changements climatiques.
La Saskatchewan vient en tête des provinces qui ont le plus mauvais score avec une augmentation de ses émissions de 44 % par rapport à 1990, suivie de l'Alberta (+33,3 %) et du Nouveau-Brunswick (+32,9 %) et par la Colombie-Britannique (+23 %). Le groupe des provinces qui affichent des «augmentations moyennes» comprend le Québec (+8,5 %), l'Île-du-Prince Édouard (+8,3 %), la Nouvelle-Écosse (+10,4 %) et le Manitoba (+11,5 %). L'Ontario (+15,9 %) apparaît en bonne position grâce à la faible intensité de ses émissions pour son PIB, mais, en chiffres absolus, c'est la deuxième source en importance au Canada, derrière l'Alberta, la championne des émissions globales.
Le Québec et l'Île-du-Prince-Édouard sont avec le Manitoba les provinces qui ont élaboré après l'an 2000 les plans les plus exhaustifs de lutte contre les changements climatiques. Mais le Québec et la plus petite province canadienne ont abandonné depuis quelques années l'application des plans annoncés, dont elles n'ont pas annoncé par ailleurs la reconduction. Au Québec, une commission parlementaire avait été tenue sur cette question avant les élections, mais, par la suite, le gouvernement Charest n'en a plus parlé, ce qui attire au Québec le reproche d'avoir laissé tomber ce défi politique majeur. Le Québec et le Manitoba sont cependant félicités pour leur virage vers les énergies vertes, l'éolien au Québec et la géothermie au Manitoba, une technologie que le Québec aurait grand intérêt à mettre en valeur compte tenu de l'importance du chauffage des maisons dans son bilan énergétique, souligne le rapport. Ces deux provinces ont été les alliées les plus sûres du gouvernement fédéral avant la ratification du protocole de Kyoto.
D'autre part, on reproche au Québec d'avoir favorisé l'augmentation de ses émissions par la construction d'une centrale au gaz à Bécancour et d'envisager la construction de nouveaux barrages. L'étude voit dans cette stratégie une source potentielle importante de GES même si la littérature scientifique impute cet impact aux barrages situés plus au sud plutôt qu'aux barrages nordiques. Le transport, ajoute le rapport, représente de loin la plus importante source de GES au Québec, et rien n'est fait pour régler ce problème en croissance. Au Québec, le secteur des édifices commerciaux vient en troisième lieu, suivi par la grande industrie, qui a cependant réussi à réduire ses émissions de 15 % principalement attribuables aux manufacturiers et aux producteurs d'aluminium.
Quant à l'Ontario, qui n'a aucun plan précis de réductions, le rapport note qu'il envisage néanmoins des mesures musclées avec un plan combiné de lutte contre la pollution et les changements climatiques, qui passe notamment par la fermeture de cinq centrales thermiques au charbon, probablement transformées au gaz naturel. Par contre, le rapport désavoue la relance du nucléaire dans cette province, qui pourrait remplacer cette filière par des politiques musclées de conservation, d'efficacité énergétique et d'énergie renouvelables.
C'est ce que conclut une étude comparative de la performance des provinces canadiennes dans l'atteinte des objectifs du protocole de Kyoto, rendue publique hier par la Fondation David-Suzuki. L'analyse en question a été réalisée par un universitaire, Dale Marshall.
Le rapport constate d'entrée de jeu que toutes les provinces, sauf le Yukon (-8,6%), ont augmenté leurs émissions par rapport au niveau de 1990, année de référence choisie par la communauté internationale comme baromètre de l'efficacité dans la lutte contre les changements climatiques.
La Saskatchewan vient en tête des provinces qui ont le plus mauvais score avec une augmentation de ses émissions de 44 % par rapport à 1990, suivie de l'Alberta (+33,3 %) et du Nouveau-Brunswick (+32,9 %) et par la Colombie-Britannique (+23 %). Le groupe des provinces qui affichent des «augmentations moyennes» comprend le Québec (+8,5 %), l'Île-du-Prince Édouard (+8,3 %), la Nouvelle-Écosse (+10,4 %) et le Manitoba (+11,5 %). L'Ontario (+15,9 %) apparaît en bonne position grâce à la faible intensité de ses émissions pour son PIB, mais, en chiffres absolus, c'est la deuxième source en importance au Canada, derrière l'Alberta, la championne des émissions globales.
Le Québec et l'Île-du-Prince-Édouard sont avec le Manitoba les provinces qui ont élaboré après l'an 2000 les plans les plus exhaustifs de lutte contre les changements climatiques. Mais le Québec et la plus petite province canadienne ont abandonné depuis quelques années l'application des plans annoncés, dont elles n'ont pas annoncé par ailleurs la reconduction. Au Québec, une commission parlementaire avait été tenue sur cette question avant les élections, mais, par la suite, le gouvernement Charest n'en a plus parlé, ce qui attire au Québec le reproche d'avoir laissé tomber ce défi politique majeur. Le Québec et le Manitoba sont cependant félicités pour leur virage vers les énergies vertes, l'éolien au Québec et la géothermie au Manitoba, une technologie que le Québec aurait grand intérêt à mettre en valeur compte tenu de l'importance du chauffage des maisons dans son bilan énergétique, souligne le rapport. Ces deux provinces ont été les alliées les plus sûres du gouvernement fédéral avant la ratification du protocole de Kyoto.
D'autre part, on reproche au Québec d'avoir favorisé l'augmentation de ses émissions par la construction d'une centrale au gaz à Bécancour et d'envisager la construction de nouveaux barrages. L'étude voit dans cette stratégie une source potentielle importante de GES même si la littérature scientifique impute cet impact aux barrages situés plus au sud plutôt qu'aux barrages nordiques. Le transport, ajoute le rapport, représente de loin la plus importante source de GES au Québec, et rien n'est fait pour régler ce problème en croissance. Au Québec, le secteur des édifices commerciaux vient en troisième lieu, suivi par la grande industrie, qui a cependant réussi à réduire ses émissions de 15 % principalement attribuables aux manufacturiers et aux producteurs d'aluminium.
Quant à l'Ontario, qui n'a aucun plan précis de réductions, le rapport note qu'il envisage néanmoins des mesures musclées avec un plan combiné de lutte contre la pollution et les changements climatiques, qui passe notamment par la fermeture de cinq centrales thermiques au charbon, probablement transformées au gaz naturel. Par contre, le rapport désavoue la relance du nucléaire dans cette province, qui pourrait remplacer cette filière par des politiques musclées de conservation, d'efficacité énergétique et d'énergie renouvelables.
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