Libre opinion: Le silence féministe
Alors que tout le monde monte aux barricades pour dénoncer la bêtise des propos d'un certain psychiatre à Tout le monde en parle, il s'est trouvé peu de monde pour commenter les propos du représentant de Fathers 4 justice invité à la fin de l'émission. L'homme rejetait leur malheur sur le dos des féministes et personne, depuis, ne s'est manifesté.
Ai-je manqué quelque chose ou aucun organisme féministe ni même féminin ne s'est prononcé pour dénoncer les propos de Benoît Lacroix? Et d'Yves Pageau (également représentant de F4J), qui, depuis quelques semaines, colporte la même haine des féministes?
Ce qui me fait réfléchir dans toute cette histoire, c'est que tout le monde s'est indigné des propos racistes tenus à l'émission, mais je n'ai pas entendu grand-chose sur les paroles accusatrices du père pour la justice. Pourquoi? Où étaient les féministes (la Fédération des femmes du Québec, le Conseil du statut de la femme, entre autres) pour répondre à ces attaques?
Pourquoi n'ont-elles pas répondu quand Lacroix a affirmé, par exemple, qu'il y avait autant de femmes que d'hommes battus? D'ailleurs, que signifie cette course aux statistiques? Cette rivalité dans le malheur? On a déjà vu meilleure argumentation pour faire valoir ses idées.
Je soupçonne des féministes de ne pas avoir voulu répondre afin de ne pas jeter de l'huile sur le feu. Ce que j'ai choisi de faire en premier lieu. Mais cela fait des années que j'entends ces discours «radicaux», et j'en ai plus qu'assez. Alors je me suis dit qu'il était insensé d'avoir peur des réactions. Pourquoi ne pas oser se défendre?
La mêlée et la crédibilité
Les féministes, toutes dominantes soient-elles si l'on en croit les F4J, craignent désormais la rectitude politique.
Il est vrai que dès qu'une femme se lance dans la mêlée, elle perd de la crédibilité. Regardez Pauline Marois: depuis qu'elle a annoncé ses ambitions, en demandant une course à la direction en juin dernier («trahissant» son chef, quelle horreur), elle marche sur des oeufs, et se fait damer le pion par un jeune politicien, sensible, je l'admets, mais moins expérimenté.
On dit, dans diverses tribunes téléphoniques et certains journaux, qu'elle a «grenouillé» (n'est-ce pas une pratique plutôt répandue en politique?), qu'elle est agressive quand elle répond à ses collègues lors des débats.
Je ne favorise ni l'un ni l'autre des candidats, mais je me rends compte que les femmes ont encore du mal à prendre une place de choix en politique. Louise Harel fait l'affaire pour garder le troupeau en attendant le vrai chef, mais ce n'est pas elle, ni même une femme (d'ailleurs il n'y a pas d'autres candidates que Marois en lice) que l'on veut pour diriger le parti.
Bien peu de femmes parviennent à faire leur place en jouant du coude et en utilisant les mêmes pratiques que les hommes: en émettant des opinions claires et tranchées et en adoptant un ton fougueux, en usant de stratégies dominatrices (avec lesquelles je ne suis pas nécessairement d'accord, mais il s'agit d'un autre sujet dont il faudra débattre un jour).
Parlez-en à Isabelle Maréchal, interviewée à Télé-Québec mercredi dernier: elle avouait elle-même son problème d'image, tant elle a du mal à faire passer son caractère affirmé. La voilà qui devait se justifier, auprès de l'animateur, d'afficher son ambition. Il la confrontait à son désir d'être partout et de dire oui à tout. Je m'excuse, mais ses collègues masculins ne font-ils pas la même chose? Ne figurent-ils pas parfois dans les magazines à potins, et ne travaillent-ils pas à plusieurs tribunes? Où est le problème?
Partout dans le monde on loue notre société québécoise, que l'on dit évoluée parce que les sexes y sont égaux. Il faut croire que nous faisons de la publicité mensongère. En fait, dès que l'on touche au pouvoir et à l'image, on ne juge pas les femmes et les hommes selon les mêmes critères.
Après cela, on viendra dire que le matriarcat québécois étouffe les hommes et les petits garçons. À en juger par la grossièreté et la faiblesse des idées qui règnent dans les débats actuels, je me demande ce qui leur fait le plus de tort.
Ai-je manqué quelque chose ou aucun organisme féministe ni même féminin ne s'est prononcé pour dénoncer les propos de Benoît Lacroix? Et d'Yves Pageau (également représentant de F4J), qui, depuis quelques semaines, colporte la même haine des féministes?
Ce qui me fait réfléchir dans toute cette histoire, c'est que tout le monde s'est indigné des propos racistes tenus à l'émission, mais je n'ai pas entendu grand-chose sur les paroles accusatrices du père pour la justice. Pourquoi? Où étaient les féministes (la Fédération des femmes du Québec, le Conseil du statut de la femme, entre autres) pour répondre à ces attaques?
Pourquoi n'ont-elles pas répondu quand Lacroix a affirmé, par exemple, qu'il y avait autant de femmes que d'hommes battus? D'ailleurs, que signifie cette course aux statistiques? Cette rivalité dans le malheur? On a déjà vu meilleure argumentation pour faire valoir ses idées.
Je soupçonne des féministes de ne pas avoir voulu répondre afin de ne pas jeter de l'huile sur le feu. Ce que j'ai choisi de faire en premier lieu. Mais cela fait des années que j'entends ces discours «radicaux», et j'en ai plus qu'assez. Alors je me suis dit qu'il était insensé d'avoir peur des réactions. Pourquoi ne pas oser se défendre?
La mêlée et la crédibilité
Les féministes, toutes dominantes soient-elles si l'on en croit les F4J, craignent désormais la rectitude politique.
Il est vrai que dès qu'une femme se lance dans la mêlée, elle perd de la crédibilité. Regardez Pauline Marois: depuis qu'elle a annoncé ses ambitions, en demandant une course à la direction en juin dernier («trahissant» son chef, quelle horreur), elle marche sur des oeufs, et se fait damer le pion par un jeune politicien, sensible, je l'admets, mais moins expérimenté.
On dit, dans diverses tribunes téléphoniques et certains journaux, qu'elle a «grenouillé» (n'est-ce pas une pratique plutôt répandue en politique?), qu'elle est agressive quand elle répond à ses collègues lors des débats.
Je ne favorise ni l'un ni l'autre des candidats, mais je me rends compte que les femmes ont encore du mal à prendre une place de choix en politique. Louise Harel fait l'affaire pour garder le troupeau en attendant le vrai chef, mais ce n'est pas elle, ni même une femme (d'ailleurs il n'y a pas d'autres candidates que Marois en lice) que l'on veut pour diriger le parti.
Bien peu de femmes parviennent à faire leur place en jouant du coude et en utilisant les mêmes pratiques que les hommes: en émettant des opinions claires et tranchées et en adoptant un ton fougueux, en usant de stratégies dominatrices (avec lesquelles je ne suis pas nécessairement d'accord, mais il s'agit d'un autre sujet dont il faudra débattre un jour).
Parlez-en à Isabelle Maréchal, interviewée à Télé-Québec mercredi dernier: elle avouait elle-même son problème d'image, tant elle a du mal à faire passer son caractère affirmé. La voilà qui devait se justifier, auprès de l'animateur, d'afficher son ambition. Il la confrontait à son désir d'être partout et de dire oui à tout. Je m'excuse, mais ses collègues masculins ne font-ils pas la même chose? Ne figurent-ils pas parfois dans les magazines à potins, et ne travaillent-ils pas à plusieurs tribunes? Où est le problème?
Partout dans le monde on loue notre société québécoise, que l'on dit évoluée parce que les sexes y sont égaux. Il faut croire que nous faisons de la publicité mensongère. En fait, dès que l'on touche au pouvoir et à l'image, on ne juge pas les femmes et les hommes selon les mêmes critères.
Après cela, on viendra dire que le matriarcat québécois étouffe les hommes et les petits garçons. À en juger par la grossièreté et la faiblesse des idées qui règnent dans les débats actuels, je me demande ce qui leur fait le plus de tort.
Haut de la page

