Bush somme l'ONU d'agir
Le président américain laisse planer la menace d'une option militaire contre l'Irak
13 septembre 2002
Photo : Agence Reuters
Des milliers d’Irakiens ont écouté hier en direct le discours de George W. Bush aux Nations unies.
New York -Le président américain, George W. Bush, a lancé hier un ultimatum à l'Irak, sommé de désarmer «immédiatement», et mis en demeure l'ONU d'agir pour se faire respecter par Bagdad, laissant planer la menace d'une option militaire.
Dans un discours très attendu prononcé à New York devant la 57e Assemblée générale de l'ONU, le président a laissé clairement entendre que, faute de décision ferme de la part des Nations unies, Washington interviendrait en Irak.
«Nous devons défendre notre sécurité, les droits inaliénables et les pouvoirs de l'humanité. Par tradition comme par choix, les États-Unis le feront», a expliqué M. Bush, avant d'ajouter: «Les résolutions du Conseil de sécurité seront appliquées [...] ou bien alors une action sera inévitable.»
Auparavant, Kofi Annan, le secrétaire général de l'ONU, l'avait mis en garde contre une action unilatérale en Irak en rappelant que, si tout pays attaqué a effectivement «le droit à l'autodéfense», seule une «légitimité donnée par les Nations unies» peut justifier l'usage de la force en dehors de ce cadre.
À l'adresse de Saddam Hussein, le président américain a sommé le régime irakien, s'il «souhaite la paix», de révéler, retirer ou détruire «immédiatement et sans condition toutes ses armes de destruction massive, tous ses missiles longue portée et tous les matériels les accompagnant».
«Si le régime irakien souhaite la paix, il mettra [aussi] immédiatement fin à tout soutien au terrorisme et agira pour le supprimer, comme tous les pays doivent le faire conformément aux résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU», a-t-il ajouté.
«Nos principes et notre sécurité sont défiés aujourd'hui par des groupes hors la loi et des régimes qui n'acceptent aucune loi morale et ne connaissent aucune limite à leurs violentes ambitions», a déclaré le président américain en estimant que «tous ces dangers, dans leurs formes les plus mortelles et les plus agressives», se retrouvaient dans le régime irakien.
Les cinq membres du Conseil de sécurité de l'ONU se réuniront aujourd'hui au niveau ministériel à New York pour évoquer l'idée d'une résolution sur l'Irak, a indiqué hier un haut responsable américain à Washington. Selon un diplomate, aucun projet de résolution ne sera prêt avant la fin du mois.
Bagdad a réagi immédiatement au discours du président américain. La télévision publique irakienne a affirmé que toute frappe américaine contre l'Irak «mettra le feu» dans toute la région, tandis qu'un responsable du parti Baas au pouvoir, Saad Qassem Hammoudi, parlait d'«exagérations et de mensonges».
Le premier ministre britannique, Tony Blair, a salué «avec chaleur» le discours du président Bush, selon un porte-parole de Downing Street. «Il [M. Blair] a toujours pensé que les Nations unies étaient le cadre approprié pour traiter cette question de l'Irak et des armements de destruction massive, parce que c'est l'autorité de l'ONU qui a été régulièrement bafouée», a précisé le porte-parole.
Le gouvernement britannique a d'autre part annoncé la publication le 24 septembre d'un dossier britannique sur l'Irak détaillant la «menace» posée selon lui par Bagdad, publication qui coïncidera avec une séance extraordinaire du Parlement britannique sur la crise irakienne.
Le ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, jugeant que le «statu quo est intolérable», a réagi à New York de façon positive à la mise en demeure lancée par le président américain. «Le discours du président Bush est pleinement compatible avec la démarche française», a commenté M. de Villepin devant la presse.
Le chef de la diplomatie allemande, Joschka Fischer, a pour sa part jugé le discours de M. Bush «très dur et très clair, laissant peu de place aux doutes, [et] qui nécessitera une évaluation détaillée».
Le ministre canadien des Affaires étrangères, Bill Graham, l'a qualifié d'«extrêmement positif», y voyant une «déclaration de soutien aux Nations unies» (lire en page A 7).
Le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi, avait fait savoir publiquement qu'il soutiendrait un recours à l'option militaire contre l'Irak si celle-ci s'avérait nécessaire. Il sera reçu demain par George W. Bush à Camp David, la résidence de campagne du président américain.
En attendant que les membres du Conseil de sécurité se déterminent sur une nouvelle résolution, les États-Unis ont commencé à démontrer que leurs avertissements n'étaient pas à prendre à la légère.
Ils renforcent sérieusement leur dispositif militaire dans le Golfe, et 600 membres du personnel du quartier général du Commandement central américain, basé à Tampa (Floride), se rendront en novembre au Qatar, officiellement dans le cadre d'«exercices».
Après le discours de M. Bush écartant les craintes d'attaque imminente des États-Unis, le baril de pétrole brut a perdu près de un dollar sur le marché à terme new-yorkais. Le prix du brut de référence (light sweet crude) pour livraison rapprochée en octobre a cédé 92 ¢ à 28,85 $ après avoir gagné 4 ¢ à 29,77 $ mercredi.
Le chef de la majorité démocrate du Sénat, Tom Daschle, a jugé hier que le président républicain George W. Bush n'avait pas prouvé dans son discours à l'ONU la nécessité d'une attaque militaire préventive contre l'Irak.
Qualifiant l'intervention présidentielle de «puissante pour montrer que Saddam Hussein pose un danger réel», le sénateur a néanmoins estimé que George W. Bush «n'avait pas encore démontré la nécessité d'une action militaire préventive» contre Bagdad. «Ce discours a été utile mais pas concluant», a ajouté le sénateur du Dakota du Sud lors d'une conférence de presse.
Plusieurs questions subsistent, a-t-il dit, dont celle de «la réaction des Nations unies et du degré de soutien international» que les États-Unis recevront pour forcer d'une façon ou d'une autre l'Irak à accepter le retour des inspecteurs de l'ONU et à détruire les armements incriminés.
Le sénateur Daschle s'est refusé à donner une date butoir pour un vote du Congrès appuyant une éventuelle action du président. «Il y aura un débat au Congrès qui prendra un certain temps», a-t-il déclaré, ajoutant: «Nous ne voulons pas précipiter les choses.»
En revanche, le sénateur Trent Lott (Mississippi), le dirigeant de la minorité républicaine du Sénat, a jugé «vital» devant la presse «que le Congrès vote sans attendre pour montrer au monde son soutien au président et lui donner l'autorité dont il a besoin pour protéger le peuple américain et le monde».
Dans un discours très attendu prononcé à New York devant la 57e Assemblée générale de l'ONU, le président a laissé clairement entendre que, faute de décision ferme de la part des Nations unies, Washington interviendrait en Irak.
«Nous devons défendre notre sécurité, les droits inaliénables et les pouvoirs de l'humanité. Par tradition comme par choix, les États-Unis le feront», a expliqué M. Bush, avant d'ajouter: «Les résolutions du Conseil de sécurité seront appliquées [...] ou bien alors une action sera inévitable.»
Auparavant, Kofi Annan, le secrétaire général de l'ONU, l'avait mis en garde contre une action unilatérale en Irak en rappelant que, si tout pays attaqué a effectivement «le droit à l'autodéfense», seule une «légitimité donnée par les Nations unies» peut justifier l'usage de la force en dehors de ce cadre.
À l'adresse de Saddam Hussein, le président américain a sommé le régime irakien, s'il «souhaite la paix», de révéler, retirer ou détruire «immédiatement et sans condition toutes ses armes de destruction massive, tous ses missiles longue portée et tous les matériels les accompagnant».
«Si le régime irakien souhaite la paix, il mettra [aussi] immédiatement fin à tout soutien au terrorisme et agira pour le supprimer, comme tous les pays doivent le faire conformément aux résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU», a-t-il ajouté.
«Nos principes et notre sécurité sont défiés aujourd'hui par des groupes hors la loi et des régimes qui n'acceptent aucune loi morale et ne connaissent aucune limite à leurs violentes ambitions», a déclaré le président américain en estimant que «tous ces dangers, dans leurs formes les plus mortelles et les plus agressives», se retrouvaient dans le régime irakien.
Les cinq membres du Conseil de sécurité de l'ONU se réuniront aujourd'hui au niveau ministériel à New York pour évoquer l'idée d'une résolution sur l'Irak, a indiqué hier un haut responsable américain à Washington. Selon un diplomate, aucun projet de résolution ne sera prêt avant la fin du mois.
Bagdad a réagi immédiatement au discours du président américain. La télévision publique irakienne a affirmé que toute frappe américaine contre l'Irak «mettra le feu» dans toute la région, tandis qu'un responsable du parti Baas au pouvoir, Saad Qassem Hammoudi, parlait d'«exagérations et de mensonges».
Le premier ministre britannique, Tony Blair, a salué «avec chaleur» le discours du président Bush, selon un porte-parole de Downing Street. «Il [M. Blair] a toujours pensé que les Nations unies étaient le cadre approprié pour traiter cette question de l'Irak et des armements de destruction massive, parce que c'est l'autorité de l'ONU qui a été régulièrement bafouée», a précisé le porte-parole.
Le gouvernement britannique a d'autre part annoncé la publication le 24 septembre d'un dossier britannique sur l'Irak détaillant la «menace» posée selon lui par Bagdad, publication qui coïncidera avec une séance extraordinaire du Parlement britannique sur la crise irakienne.
Le ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, jugeant que le «statu quo est intolérable», a réagi à New York de façon positive à la mise en demeure lancée par le président américain. «Le discours du président Bush est pleinement compatible avec la démarche française», a commenté M. de Villepin devant la presse.
Le chef de la diplomatie allemande, Joschka Fischer, a pour sa part jugé le discours de M. Bush «très dur et très clair, laissant peu de place aux doutes, [et] qui nécessitera une évaluation détaillée».
Le ministre canadien des Affaires étrangères, Bill Graham, l'a qualifié d'«extrêmement positif», y voyant une «déclaration de soutien aux Nations unies» (lire en page A 7).
Le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi, avait fait savoir publiquement qu'il soutiendrait un recours à l'option militaire contre l'Irak si celle-ci s'avérait nécessaire. Il sera reçu demain par George W. Bush à Camp David, la résidence de campagne du président américain.
En attendant que les membres du Conseil de sécurité se déterminent sur une nouvelle résolution, les États-Unis ont commencé à démontrer que leurs avertissements n'étaient pas à prendre à la légère.
Ils renforcent sérieusement leur dispositif militaire dans le Golfe, et 600 membres du personnel du quartier général du Commandement central américain, basé à Tampa (Floride), se rendront en novembre au Qatar, officiellement dans le cadre d'«exercices».
Après le discours de M. Bush écartant les craintes d'attaque imminente des États-Unis, le baril de pétrole brut a perdu près de un dollar sur le marché à terme new-yorkais. Le prix du brut de référence (light sweet crude) pour livraison rapprochée en octobre a cédé 92 ¢ à 28,85 $ après avoir gagné 4 ¢ à 29,77 $ mercredi.
Le chef de la majorité démocrate du Sénat, Tom Daschle, a jugé hier que le président républicain George W. Bush n'avait pas prouvé dans son discours à l'ONU la nécessité d'une attaque militaire préventive contre l'Irak.
Qualifiant l'intervention présidentielle de «puissante pour montrer que Saddam Hussein pose un danger réel», le sénateur a néanmoins estimé que George W. Bush «n'avait pas encore démontré la nécessité d'une action militaire préventive» contre Bagdad. «Ce discours a été utile mais pas concluant», a ajouté le sénateur du Dakota du Sud lors d'une conférence de presse.
Plusieurs questions subsistent, a-t-il dit, dont celle de «la réaction des Nations unies et du degré de soutien international» que les États-Unis recevront pour forcer d'une façon ou d'une autre l'Irak à accepter le retour des inspecteurs de l'ONU et à détruire les armements incriminés.
Le sénateur Daschle s'est refusé à donner une date butoir pour un vote du Congrès appuyant une éventuelle action du président. «Il y aura un débat au Congrès qui prendra un certain temps», a-t-il déclaré, ajoutant: «Nous ne voulons pas précipiter les choses.»
En revanche, le sénateur Trent Lott (Mississippi), le dirigeant de la minorité républicaine du Sénat, a jugé «vital» devant la presse «que le Congrès vote sans attendre pour montrer au monde son soutien au président et lui donner l'autorité dont il a besoin pour protéger le peuple américain et le monde».
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