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    Cocaïne: Boisclair avoue

    Il reconnaît avoir «consommé» quand il était ministre

    Empêtré dans une controverse sur son passé de fêtard, le candidat à la direction du Parti québécois, André Boisclair, a reconnu hier avoir consommé de la cocaïne à quelques reprises alors qu'il était ministre.

    «Oui, il m'est arrivé de consommer. Je ne peux pas être plus clair que ça. Je vois la spirale dans laquelle on veut m'entraîner. Après ça, ça sera combien de fois, avec qui, dans quelles circonstances, à quelle date, dans quel lieu et à quel moment? On peut-tu passer à autre chose? Qu'est-ce que vous voulez de plus de moi qu'un aveu?», a lancé André Boisclair sur un ton excédé. Il a fait cette confession après avoir prononcé une conférence devant des étudiants du cégep de Lévis.

    Depuis vendredi dernier, celui qui est perçu comme le favori dans la course au leadership est talonné sur ses excès, non pas pour connaître les détails de sa vie privée, mais pour en évaluer les impacts sur ses décisions ministérielles et, par ricochet, sur son jugement. M. Boisclair a toutefois soutenu que la drogue n'avait jamais influencé ses fonctions et que son comportement de député et de ministre avait toujours été «exceptionnel». Il a refusé de préciser jusqu'en quelle année il avait consommé de la cocaïne, répétant que c'était de l'histoire ancienne.

    «Je n'ai jamais eu de problème de consommation. Je ne me suis jamais retrouvé dans une situation où j'ai exercé mes responsabilités de député ou de ministre sous l'influence de quoi que ce soit. Je me suis toujours comporté de façon responsable. Oui, j'ai fait des erreurs de jeunesse. Quoi vous dire d'autre que je le regrette», a-t-il affirmé.

    Ce dernier n'a pas caché son irritation à l'endroit de ses adversaires, et en particulier de Pauline Marois qui, dimanche, disait que les militants auraient à juger. Au passage, M. Boisclair s'en est également pris au premier ministre Jean Charest. Le visage fermé, André Boisclair a souligné qu'«il y a une limite à ce qu'on peut faire vivre à un homme politique».

    «J'ai entendu les pires bêtises à mon sujet, entretenues bien sûr par mes adversaires. Que j'étais parti à Boston en cure de désintoxication. J'ai entendu des choses complètement folles qui n'ont rien à voir avec la réalité. [...] Je vois des gens qui voudraient que j'arrête la lancée sur laquelle je suis parti. Je vois des gens soucieux peut-être de leur situation dans les sondages me porter des attaques. J'ai entendu des commentaires, des murmures et des chuchotements qui venaient du cabinet du premier ministre Charest et de son chef de cabinet», a dit M. Boisclair.

    Le directeur du cabinet du premier ministre, Stéphane Bertrand, a rectifié par voie de communiqué les allégations de l'aspirant-chef péquiste. «Les débats et les allégations dans le cadre de la course à la direction du PQ ne nous concernent pas. Nous préférons nous abstenir de tout commentaire, et ce, à tous les égards», s'est borné à dire M. Bertrand.

    André Boisclair a assuré à ses détracteurs qu'il n'entendait pas demeurer silencieux malgré leurs attaques virulentes, d'autant plus qu'il dit avoir réfléchi à cette question avant de poser sa candidature pour devenir chef du PQ. «La course à la chefferie, ce n'est pas sur ce qu'on a fait, mais sur ce qu'on peut faire», a-t-il fait valoir, soulignant sa confiance dans l'appréciation des Québécois.

    La scène politique québécoise a déjà connu d'autres élus à la vie dissolue. L'ancien ministre libéral, Yvon Picotte, aujourd'hui président de l'Action démocratique du Québec, a invité M. Boisclair à se montrer transparent dans ce dossier. Alors qu'il était sur les banquettes de l'opposition officielle, M. Picotte a sombré dans l'alcoolisme.

    «La société québécoise est très tolérante. Moi, j'ai été porté aux nues quand j'ai avoué mon problème d'alcoolisme. [...] En ne répondant pas assez clairement, c'est lui qui alimente le problème. Il va plonger dans le doute ceux qui pensent qu'il a des capacités de diriger l'État», a commenté M. Picotte, sobre maintenant depuis 27 ans.

    Ce dernier estime toutefois qu'un problème de cocaïne est plus important que les dérives de l'alcool. «C'est illégal, et le ministre prête flanc au chantage», a commenté M. Picotte.

    De son côté, l'ancien ministre péquiste sous René Lévesque, Jean-François Bertrand, est devenu toxicomane après être sorti de l'arène politique. Il a raconté son enfer en 2003 dans un livre intitulé Je suis un bum de bonne famille. M. Bertrand estime que la franchise est la meilleure porte de sortie pour M. Boisclair. «Je crois que ça aurait dû être dit dès le départ plutôt que de s'en remettre aux frasques de jeunesse qui est une expression qui est un peu trop facile», a indiqué M. Bertrand.

    Selon lui, André Boisclair est probablement l'un des bons ministres des gouvernements Bouchard et Landry. «Donc, ça nous porte à croire, ou peut-être même à conclure, qu'il en prenait probablement de façon occasionnelle sur une base récréative pour avoir du plaisir», croit M. Bertrand.

    Gilles Baril est un autre politicien dont le passé de cocaïnomane est bien connu du public. Élu à 24 ans, M. Baril est devenu un adepte de la cocaïne. Après avoir réglé son problème, il a dirigé le Pavillon du Nouveau Point de vue, à Lanoraie. Yvon Picotte est aujourd'hui à la tête de ce centre de désintoxication.












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