Le PQ tel qu'il est
Bernard Descôteaux
16 septembre 2005
D'une course au leadership, on attend toujours beaucoup. On imagine que le parti où elle se déroule s'en trouvera transformé et que, porté par un vent de renouveau, il gagnera les prochaines élections de façon éclatante. Au Parti québécois, on n'échappe pas à cet espoir, mais n'attendons pas de la course qui s'est amorcée officiellement hier qu'elle mène à de grands changements. Le 16 novembre, ce parti sera à peu de chose près le parti qu'on connaît aujourd'hui, l'accent nouveau provenant de la personnalité du chef qui aura été élu.
Les conditions dans lesquelles se déroulera la campagne pour trouver un successeur à Bernard Landry au cours des deux prochains mois sont particulières puisque le débat d'idées qui accompagne normalement un tel événement a déjà eu lieu. Le programme du parti a été fixé, sinon coulé dans le béton, lors du congrès national de juin dernier, ce qui laisse bien peu d'espace aux candidats qui auraient une vision ne serait-ce qu'un peu différente de ce qui a été adopté par les militants.
L'impression qui se dégage des débats qui ont eu lieu jusqu'ici entre les candidats est que le prochain chef du Parti québécois devra être un simple exécuteur de la volonté exprimée par les membres. La seule liberté de penser que ceux-ci semblent pouvoir s'autoriser a trait à la manière de mettre en application les divers articles du programme. Déjà, quelques candidats ont commencé à rédiger ce qui sera leur plan d'action, l'un prônant de porter le taux de réussite scolaire de 85 à 90 %, un autre de réduire les listes d'attente des salles d'urgence, un troisième de fermer la centrale nucléaire de Gentilly. On sera dans le détail plutôt que sur le fond, si on devait en rester là.
Le seul candidat qui a osé remettre franchement en cause un des préceptes du programme est Louis Bernard. Il conteste le bien-fondé de l'article qui prévoit qu'une déclaration unilatérale d'indépendance suivra immédiatement une victoire du OUI à un prochain référendum. Il prône plutôt de négocier d'abord la transition avec le reste du Canada, comme on peut le lire dans la page ci-contre.
Une telle liberté de penser et de parler ouvertement pourra faire la différence entre une campagne au leadership réussie ou une campagne tout simplement banale. Un chef de parti a bien sûr le mandat de porter le programme de son parti, mais il doit pouvoir l'inspirer. On ne pourra pas mesurer les qualités de leadership des candidats si, dans les semaines qui viennent, ils choisissent de se limiter à nous entretenir de leurs qualités personnelles et des défauts des autres. Ce qu'on voudra savoir, c'est davantage ce qu'ils entendent faire à l'avenir que ce qu'ils ont fait par le passé.
L'idée voulant que le programme voté en juin est un cadre dont les candidats ne doivent pas sortir ne doit pas être vue comme une règle immuable. Certes, ce programme est le fruit d'une démarche à laquelle ont participé de nombreux militants, et cela doit être respecté. Par contre, le prochain chef du Parti québécois aura sa propre légitimité. Dans cette course, les candidats s'adressent à l'ensemble des membres du parti et, l'élection se faisant au suffrage universel, ils peuvent se permettre de sortir de l'orthodoxie du programme, d'y apporter des nuances, de proposer des orientations nouvelles.
Aux candidats comme aux membres du parti, il faut par ailleurs rappeler que cette course concerne l'ensemble des Québécois. Ceux-ci ne voteront pas le 15 novembre, mais plus tard, lors des prochaines élections générales, ils choisiront un premier ministre. Ce qui comptera alors sera non pas l'engagement du nouveau chef péquiste à respecter un programme mais son aptitude à faire progresser le Québec à tous égards. Ce premier ministre aura d'abord à gouverner avant de faire la souveraineté.
Les conditions dans lesquelles se déroulera la campagne pour trouver un successeur à Bernard Landry au cours des deux prochains mois sont particulières puisque le débat d'idées qui accompagne normalement un tel événement a déjà eu lieu. Le programme du parti a été fixé, sinon coulé dans le béton, lors du congrès national de juin dernier, ce qui laisse bien peu d'espace aux candidats qui auraient une vision ne serait-ce qu'un peu différente de ce qui a été adopté par les militants.
L'impression qui se dégage des débats qui ont eu lieu jusqu'ici entre les candidats est que le prochain chef du Parti québécois devra être un simple exécuteur de la volonté exprimée par les membres. La seule liberté de penser que ceux-ci semblent pouvoir s'autoriser a trait à la manière de mettre en application les divers articles du programme. Déjà, quelques candidats ont commencé à rédiger ce qui sera leur plan d'action, l'un prônant de porter le taux de réussite scolaire de 85 à 90 %, un autre de réduire les listes d'attente des salles d'urgence, un troisième de fermer la centrale nucléaire de Gentilly. On sera dans le détail plutôt que sur le fond, si on devait en rester là.
Le seul candidat qui a osé remettre franchement en cause un des préceptes du programme est Louis Bernard. Il conteste le bien-fondé de l'article qui prévoit qu'une déclaration unilatérale d'indépendance suivra immédiatement une victoire du OUI à un prochain référendum. Il prône plutôt de négocier d'abord la transition avec le reste du Canada, comme on peut le lire dans la page ci-contre.
Une telle liberté de penser et de parler ouvertement pourra faire la différence entre une campagne au leadership réussie ou une campagne tout simplement banale. Un chef de parti a bien sûr le mandat de porter le programme de son parti, mais il doit pouvoir l'inspirer. On ne pourra pas mesurer les qualités de leadership des candidats si, dans les semaines qui viennent, ils choisissent de se limiter à nous entretenir de leurs qualités personnelles et des défauts des autres. Ce qu'on voudra savoir, c'est davantage ce qu'ils entendent faire à l'avenir que ce qu'ils ont fait par le passé.
L'idée voulant que le programme voté en juin est un cadre dont les candidats ne doivent pas sortir ne doit pas être vue comme une règle immuable. Certes, ce programme est le fruit d'une démarche à laquelle ont participé de nombreux militants, et cela doit être respecté. Par contre, le prochain chef du Parti québécois aura sa propre légitimité. Dans cette course, les candidats s'adressent à l'ensemble des membres du parti et, l'élection se faisant au suffrage universel, ils peuvent se permettre de sortir de l'orthodoxie du programme, d'y apporter des nuances, de proposer des orientations nouvelles.
Aux candidats comme aux membres du parti, il faut par ailleurs rappeler que cette course concerne l'ensemble des Québécois. Ceux-ci ne voteront pas le 15 novembre, mais plus tard, lors des prochaines élections générales, ils choisiront un premier ministre. Ce qui comptera alors sera non pas l'engagement du nouveau chef péquiste à respecter un programme mais son aptitude à faire progresser le Québec à tous égards. Ce premier ministre aura d'abord à gouverner avant de faire la souveraineté.
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