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L'automne «chaud» ne sera pas

Marie-Andrée Chouinard   14 septembre 2005 
Un règlement se profile du côté des enseignants et des employés de la fonction publique: Québec pourrait annoncer à la fin de cette semaine qu'il a réussi à s'entendre tant avec les professeurs du primaire et du secondaire (FSE-CSQ) qu'avec les syndiqués du Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) et du Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ).

Selon ce que Le Devoir a appris, le gouvernement innoverait en acceptant de régler d'abord avec ces 145 000 employés la portion normative de la négociation — les conditions de travail —, reportant à plus tard un épineux débat salarial.

L'automne sera-t-il moins chaud que certains l'avaient prédit? Selon nos informations, les 80 000 enseignants réunis sous la bannière de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ) pourraient présenter dès lundi prochain une entente de principe aux membres de leur conseil fédéral.

S'il arrive effectivement à s'entendre avec ce syndicat, qui a promis pour l'automne un «grand dérangement» dans les écoles du Québec, le gouvernement Charest pourrait faire d'une pierre deux coups en réglant aussi avec un autre important groupe de travailleurs, ceux du SFPQ, (43 000 employés) et du SPGQ (19 000 employés).

Déjà réunis sous un étendard commun, celui du Secrétariat intersyndical des services publics (SISP), les trois syndicats représentent une portion non négligeable des employés publics et ont dans leur manche des moyens de pression «dérangeants», explique une source. «Si ces syndicats règlent, Québec vient de s'enlever une bonne part de pression publique», ajoute-t-elle.

Alors qu'ils étaient sur le point de régler en juin dernier, les enseignants et le gouvernement ont abruptement interrompu leurs échanges, mais repris la cadence à la rentrée. Un blitz entamé la semaine dernière avec les professeurs de la FSE a donné lieu à des avancées, avant que la discussion ne soit stoppée en fin de semaine, histoire «d'aller vérifier les mandats dont chacun disposait», a expliqué hier Jean Laporte, porte-parole de la FSE-CSQ.

Après des échanges repris lundi et hier, la partie patronale a demandé un arrêt des discussions hier après-midi et doit revenir aujourd'hui avec les éléments finaux de sa proposition. Une réunion importante à Québec cet après-midi, dans les hautes instances gouvernementales, doit permettre d'attacher quelques dernières ficelles et, surtout, de donner le feu vert à l'offre gouvernementale.

«Le blitz reprendrait donc jeudi [demain] et vendredi», expliquent tant la FSE que le Comité patronal de négociation des commissions scolaires (CPNC). «Ça va bien, mais nous avons encore des questions importantes à régler», affirme le directeur des communications du CPNC, Jean-Pierre St-Gelais. «Notre exécutif nous a donné le mandat de poursuivre la négociation avec ce qu'il y a sur la table», explique Jean Laporte. Le conseil fédéral de la FSE, qui devait avoir lieu demain et vendredi, est toutefois reporté au début de la semaine prochaine, où une entente de principe pourrait être présentée.

Du côté du SPGQ et du SFPQ, la négociation serait aussi sur le point de se conclure, ce qui permettrait au gouvernement de «régler un gros morceau» en présentant les dossiers de l'ensemble de ces groupes d'employés. En raison de l'heure tardive, il a été impossible hier de joindre les porte-parole de ces deux syndicats.

Outre les bouleversements de la rentrée et le boycottage des activités parascolaires et culturelles, les enseignants avaient promis de «déranger» le cours des choses à l'école, ce qui a clairement mis les parents en furie dès le début de la rentrée. Au printemps dernier, les employés de la fonction publique ont aussi perturbé grandement les activités gouvernementales, notamment en paralysant certains services à l'aide de trois demi-journées de grève.

En réglant la portion normative de la discussion d'abord, Québec innove. Il s'agirait en effet d'une première, qui reporterait à la fin de l'automne la portion salariale des échanges, qui ont lieu avec le Conseil du trésor. La CSQ ne ferait alors plus cavalier seul puisqu'à ce moment, le front commun de la CSN et de la FTQ sera aussi de la partie, ce qui n'est pas encore le cas.






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