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Lettres: Un «e» sur «tavern»

Jean Lapierre - Montréal, le 4 septembre 2005  12 septembre 2005 
Dans Notre-Dame-de-Grâce, le Conseil supérieur de la langue française a finalement eu gain de cause. La lettre e a été ajoutée sur l'enseigne «tavern» de la brasserie située au 5555 de la rue Monkland, angle Old Orchard, au coeur du village Monkland, tout comme Eaton's, dans les années 80, avait été obligé de retirer la lettre s de l'enseigne de son grand magasin à rayons de la rue Sainte-Catherine.

Montréal sauvegarde ainsi son image française de façade mais, en réalité, 28 ans après l'adoption de la Charte de la langue française, la loi 101, l'anglais est encore aujourd'hui la langue la plus utilisée par les Québécois de diverses origines lorsqu'ils travaillent ensemble dans les cuisines, les grandes surfaces, les usines, les bureaux, etc.

En 2004, l'indice de fécondité au Québec était de 1,4 alors qu'il doit être de 2,1 enfants par femme en âge d'enfanter pour que la population québécoise se renouvelle naturellement. En conséquence, depuis plus de 20 ans, la Belle Province compte sur la venue de très nombreux immigrants pour maintenir sa particularité française en terre d'Amérique.

La loi 101 a été une bouée de sauvetage pour beaucoup d'enseignants des écoles françaises du Québec qui, grâce à elle, ont pu conserver leur emploi, cette loi obligeant les immigrants à fréquenter leurs établissements plutôt que de continuer à envoyer leurs enfants aux écoles anglaises qui, traditionnellement, accueillaient la plupart des nouveaux venus.

Espérons que la qualité de l'enseignement de la langue de Shakespeare s'est améliorée dans les écoles françaises depuis mon enfance. En effet, en cette époque de mondialisation des marchés, quoi qu'en disent les bureaucrates de la langue de Molière, la connaissance de l'anglais est souvent essentielle pour dénicher un emploi dans le secteur privé, même un petit boulot au salaire minimum et sans sécurité d'emploi.
 
 
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