Québec hausse le ton
Québec — Le ministre responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes, Benoît Pelletier, accuse le ministre des Affaires étrangères, Pierre Pettigrew, de s'appuyer sur de fausses prémisses pour refuser l'accroissement de la présence du Québec sur la scène internationale en niant la pertinence de la doctrine Gérin-Lajoie.
«La première fausse prémisse, c'est que toute la question des relations internationales relève exclusivement d'Ottawa», a indiqué Benoît Pelletier au cours d'un entretien téléphonique.
Tout en qualifiant de dépassée la doctrine Gérin-Lajoie, qui veut que les compétences du Québec se prolongent sur la scène internationale, ce qui permet à la province de signer des ententes avec des pays souverains, Pierre Pettigrew a déclaré qu'il refusait de répondre favorablement aux demandes du gouvernement de Jean Charest. Il ne veut pas créer de «précédents» qui pourrait éventuellement être utilisé par «un fanatique de l'indépendance du Québec au gouvernement».
«C'est la théorie de la stagnation», a fait remarquer M. Pelletier. Ou bien c'est un gouvernement souverainiste qui est au pouvoir et Ottawa n'est pas prêt à lui céder un pouce, ou bien c'est un gouvernement fédéraliste, auquel Ottawa dit non par crainte des précédents. Le ministre québécois a invité M. Pettigrew à moderniser sa conception des relations internationales à la lumière de la mondialisation, qui fait en sorte que des compétences réservées aux États fédérés deviennent l'enjeu de négociations internationales.
Dans une lettre au ton très ferme qu'ils ont fait parvenir au Devoir, M. Pelletier et la ministre des Relations internationales du Québec, Monique Gagnon-Tremblay, soulignent que la position, exprimée par M. Pettigrew, de l'unicité de la voix canadienne à l'étranger, une thèse développée dans les années 60, était purement défensive et déjà sans fondement à cette époque. «Aujourd'hui, nombre d'États fédérés ou non souverains, un peu partout dans le monde, voient de plus en plus la nécessité d'être présents sur la scène internationale», écrivent-ils.
Jean Charest a par ailleurs profité de sa rencontre d'une vingtaine de minutes avec le président chinnois hier pour répliquer à Pierre Pettigrew.
M. Charest a déclaré qu'aucune thèse n'empêchera le Québec d'occuper la place qui lui revient. Le premier ministre du Québec a souligné que «la réalité dépasse les discours», comme en fait foi son tête-à-tête avec le président chinois.
«La tendance, c'est que les États fédérés occupent de plus en plus de place, a défendu M. Charest. En Europe ou ailleurs, les États ou provinces ont une volonté d'être de plus en plus présents dans les forums internationaux pour défendre leurs compétences, parce que la mondialisation fait en sorte que nos compétences sont de plus en plus "interpellées" dans les accords internationaux.»
M. Pettigrew justifiait sa position en disant craindre de créer un précédent qui pourrait être réutilisé par un «fanatique de l'indépendance».
Jean Charest estime que les appréhensions de M. Pettigrew ne sont pas légitimes. Il affirme que le Québec a sa place dans les institutions internationales et a l'intention d'être très présent au cours des prochaines années. «Le Québec s'assume sur le plan international, on ne reculera jamais là-dessus, a commenté M. Charest. On ne veut pas en faire moins, on veut en faire plus. Et on va en faire plus. M. Pettigrew s'expliquera. On va s'asseoir bientôt avec nos vis-à-vis fédéraux pour discuter de la place que le Québec doit occuper dans les institutions internationales, comme M. Martin l'avait promis.» Il a ajouté qu'il ne reculera pas d'un iota sur cette question et que, au contraire, il a l'intention de faire des gains.
Du côté de l'opposition officielle, on soutient que les «fanatiques» se trouvent à Ottawa. «Le Québec est autonome dans ses relations internationales dans les matières qui relèvent de sa compétence constitutionnelle. C'est un fait établi et ce n'est pas une affaire d'indépendantistes ou de fédéralistes», a dit le porte-parole de l'opposition officielle en matière de relations internationales, Daniel Turp.
«La première fausse prémisse, c'est que toute la question des relations internationales relève exclusivement d'Ottawa», a indiqué Benoît Pelletier au cours d'un entretien téléphonique.
Tout en qualifiant de dépassée la doctrine Gérin-Lajoie, qui veut que les compétences du Québec se prolongent sur la scène internationale, ce qui permet à la province de signer des ententes avec des pays souverains, Pierre Pettigrew a déclaré qu'il refusait de répondre favorablement aux demandes du gouvernement de Jean Charest. Il ne veut pas créer de «précédents» qui pourrait éventuellement être utilisé par «un fanatique de l'indépendance du Québec au gouvernement».
«C'est la théorie de la stagnation», a fait remarquer M. Pelletier. Ou bien c'est un gouvernement souverainiste qui est au pouvoir et Ottawa n'est pas prêt à lui céder un pouce, ou bien c'est un gouvernement fédéraliste, auquel Ottawa dit non par crainte des précédents. Le ministre québécois a invité M. Pettigrew à moderniser sa conception des relations internationales à la lumière de la mondialisation, qui fait en sorte que des compétences réservées aux États fédérés deviennent l'enjeu de négociations internationales.
Dans une lettre au ton très ferme qu'ils ont fait parvenir au Devoir, M. Pelletier et la ministre des Relations internationales du Québec, Monique Gagnon-Tremblay, soulignent que la position, exprimée par M. Pettigrew, de l'unicité de la voix canadienne à l'étranger, une thèse développée dans les années 60, était purement défensive et déjà sans fondement à cette époque. «Aujourd'hui, nombre d'États fédérés ou non souverains, un peu partout dans le monde, voient de plus en plus la nécessité d'être présents sur la scène internationale», écrivent-ils.
Jean Charest a par ailleurs profité de sa rencontre d'une vingtaine de minutes avec le président chinnois hier pour répliquer à Pierre Pettigrew.
M. Charest a déclaré qu'aucune thèse n'empêchera le Québec d'occuper la place qui lui revient. Le premier ministre du Québec a souligné que «la réalité dépasse les discours», comme en fait foi son tête-à-tête avec le président chinois.
«La tendance, c'est que les États fédérés occupent de plus en plus de place, a défendu M. Charest. En Europe ou ailleurs, les États ou provinces ont une volonté d'être de plus en plus présents dans les forums internationaux pour défendre leurs compétences, parce que la mondialisation fait en sorte que nos compétences sont de plus en plus "interpellées" dans les accords internationaux.»
M. Pettigrew justifiait sa position en disant craindre de créer un précédent qui pourrait être réutilisé par un «fanatique de l'indépendance».
Jean Charest estime que les appréhensions de M. Pettigrew ne sont pas légitimes. Il affirme que le Québec a sa place dans les institutions internationales et a l'intention d'être très présent au cours des prochaines années. «Le Québec s'assume sur le plan international, on ne reculera jamais là-dessus, a commenté M. Charest. On ne veut pas en faire moins, on veut en faire plus. Et on va en faire plus. M. Pettigrew s'expliquera. On va s'asseoir bientôt avec nos vis-à-vis fédéraux pour discuter de la place que le Québec doit occuper dans les institutions internationales, comme M. Martin l'avait promis.» Il a ajouté qu'il ne reculera pas d'un iota sur cette question et que, au contraire, il a l'intention de faire des gains.
Du côté de l'opposition officielle, on soutient que les «fanatiques» se trouvent à Ottawa. «Le Québec est autonome dans ses relations internationales dans les matières qui relèvent de sa compétence constitutionnelle. C'est un fait établi et ce n'est pas une affaire d'indépendantistes ou de fédéralistes», a dit le porte-parole de l'opposition officielle en matière de relations internationales, Daniel Turp.
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