Pettigrew craint une récupération par les «fanatiques de l'indépendance»
Pierre Pettigrew
Ottawa — C'est parce qu'il craint de créer un «précédent» qui pourrait être réutilisé par un éventuel gouvernement péquiste que le ministre canadien des Affaires étrangères, Pierre Pettigrew, refuse de céder totalement aux demandes du gouvernement de Jean Charest, qui exige qu'Ottawa lui fasse une place sur la scène internationale.
Le ministre, qui s'exprimait lors d'une entrevue avec la Presse canadienne, s'empresse cependant de noter que cela ne signifie pas pour autant qu'il est fermé à toute présence internationale du Québec. Mais la réalité politique québécoise l'oblige à faire preuve de prévoyance.
«Je suis obligé!, s'exclame M. Pettigrew. Je dois m'assurer que je ne ferai pas de précédents avec lesquels on sera obligé de dire: "on ne peut pas revenir là-dessus", même quand on va avoir un fanatique de l'indépendance du Québec au gouvernement, éventuellement.»
Le gouvernement Charest, principalement par la voix de son ministre des Affaires intergouvernementales, Benoît Pelletier, revendique depuis quelque temps déjà qu'Ottawa lui laisse une plus grande marge de manoeuvre à l'étranger, que ce soit lors de forums internationaux ou lors de la signature d'ententes bilatérales.
À l'heure actuelle, le gouvernement du Québec peut s'exprimer dans certains contextes, mais le ministre Pelletier veut qu'Ottawa cède un peu plus de terrain et, surtout, qu'il s'y engage par écrit. En août, il décrivait les souhaits du Québec comme «une doctrine Gérin-Lajoie modernisée».
En janvier 2004, alors que le premier ministre Paul Martin entrait en poste, il avait ouvert la porte à l'idée de discuter avec Québec de la possibilité d'un accord pour encadrer la représentation des provinces sur la scène internationale.
Emballé, Québec fait depuis lors pression pour que l'ouverture se concrétise, mais Ottawa se fait tirer l'oreille. Encore la semaine dernière, le ministre Pettigrew déclarait, dans un discours prononcé à Québec, que le Canada «doit parler d'une voix cohérente, d'une voix forte, d'une voix qui, bien sûr, soit coordonnée et harmonisée à Ottawa».
Cela ne signifie pas que Québec doive se taire, note M. Pettigrew, qui répète que la contribution des Québécois est toujours la bienvenue lorsqu'il est question de sujets qui relèvent de leurs compétences. «Il faut moduler la voix du Canada en fonction de leurs expertises, déclare le ministre des Affaires étrangères. Quand c'est un dossier où ils [les Québécois] ont davantage d'expertise parce que c'est un dossier qui relève de leurs compétences, la voix canadienne doit être modulée davantage par ce qui pourrait venir du gouvernement du Québec.»
À l'heure actuelle, le gouvernement québécois peut prendre la parole lors de certains forums internationaux, à l'UNESCO ou au Sommet de la Francophonie, par exemple. Ses positions doivent toutefois s'inscrire dans la foulée de celles du Canada, et il s'agit une réalité qui doit demeurer, argue M. Pettigrew.
Pour justifier son raisonnement, le ministre cite un exemple. «Est-ce qu'un Québécois supporteur de Kyoto apprécierait que le gouvernement du Canada s'éclipse devant l'Alberta [...] qui, tout à coup, prendrait la parole et ferait une descente en ligne contre Kyoto et que ce soit cette personne-là qui refléterait notre point de vue parce que c'est une compétence partagée?», demande-t-il.
Malgré leurs divergences de vues, M. Pettigrew et sa collègue des Affaires intergouvernementales, Lucienne Robillard, doivent sous peu rencontrer leurs vis-à-vis québécois, M. Pelletier et Monique Gagnon-Tremblay, pour discuter du sujet.
Il n'y a pas que le discours des provinces à l'étranger qui préoccupe le ministre Pierre Pettigrew, qui aimerait faire du ménage dans sa propre cour, au sein du gouvernement fédéral.
Trop souvent, explique-t-il, le Canada envoie des messages différents sur la scène internationale par la voix de divers ministères.
Pour ajuster le tir, le ministre souhaite faire du ministère des Affaires étrangères l'«agence centrale» qui coordonnerait les messages du gouvernement canadien destinés à l'étranger.
Le ministre, qui s'exprimait lors d'une entrevue avec la Presse canadienne, s'empresse cependant de noter que cela ne signifie pas pour autant qu'il est fermé à toute présence internationale du Québec. Mais la réalité politique québécoise l'oblige à faire preuve de prévoyance.
«Je suis obligé!, s'exclame M. Pettigrew. Je dois m'assurer que je ne ferai pas de précédents avec lesquels on sera obligé de dire: "on ne peut pas revenir là-dessus", même quand on va avoir un fanatique de l'indépendance du Québec au gouvernement, éventuellement.»
Le gouvernement Charest, principalement par la voix de son ministre des Affaires intergouvernementales, Benoît Pelletier, revendique depuis quelque temps déjà qu'Ottawa lui laisse une plus grande marge de manoeuvre à l'étranger, que ce soit lors de forums internationaux ou lors de la signature d'ententes bilatérales.
À l'heure actuelle, le gouvernement du Québec peut s'exprimer dans certains contextes, mais le ministre Pelletier veut qu'Ottawa cède un peu plus de terrain et, surtout, qu'il s'y engage par écrit. En août, il décrivait les souhaits du Québec comme «une doctrine Gérin-Lajoie modernisée».
En janvier 2004, alors que le premier ministre Paul Martin entrait en poste, il avait ouvert la porte à l'idée de discuter avec Québec de la possibilité d'un accord pour encadrer la représentation des provinces sur la scène internationale.
Emballé, Québec fait depuis lors pression pour que l'ouverture se concrétise, mais Ottawa se fait tirer l'oreille. Encore la semaine dernière, le ministre Pettigrew déclarait, dans un discours prononcé à Québec, que le Canada «doit parler d'une voix cohérente, d'une voix forte, d'une voix qui, bien sûr, soit coordonnée et harmonisée à Ottawa».
Cela ne signifie pas que Québec doive se taire, note M. Pettigrew, qui répète que la contribution des Québécois est toujours la bienvenue lorsqu'il est question de sujets qui relèvent de leurs compétences. «Il faut moduler la voix du Canada en fonction de leurs expertises, déclare le ministre des Affaires étrangères. Quand c'est un dossier où ils [les Québécois] ont davantage d'expertise parce que c'est un dossier qui relève de leurs compétences, la voix canadienne doit être modulée davantage par ce qui pourrait venir du gouvernement du Québec.»
À l'heure actuelle, le gouvernement québécois peut prendre la parole lors de certains forums internationaux, à l'UNESCO ou au Sommet de la Francophonie, par exemple. Ses positions doivent toutefois s'inscrire dans la foulée de celles du Canada, et il s'agit une réalité qui doit demeurer, argue M. Pettigrew.
Pour justifier son raisonnement, le ministre cite un exemple. «Est-ce qu'un Québécois supporteur de Kyoto apprécierait que le gouvernement du Canada s'éclipse devant l'Alberta [...] qui, tout à coup, prendrait la parole et ferait une descente en ligne contre Kyoto et que ce soit cette personne-là qui refléterait notre point de vue parce que c'est une compétence partagée?», demande-t-il.
Malgré leurs divergences de vues, M. Pettigrew et sa collègue des Affaires intergouvernementales, Lucienne Robillard, doivent sous peu rencontrer leurs vis-à-vis québécois, M. Pelletier et Monique Gagnon-Tremblay, pour discuter du sujet.
Il n'y a pas que le discours des provinces à l'étranger qui préoccupe le ministre Pierre Pettigrew, qui aimerait faire du ménage dans sa propre cour, au sein du gouvernement fédéral.
Trop souvent, explique-t-il, le Canada envoie des messages différents sur la scène internationale par la voix de divers ministères.
Pour ajuster le tir, le ministre souhaite faire du ministère des Affaires étrangères l'«agence centrale» qui coordonnerait les messages du gouvernement canadien destinés à l'étranger.
Haut de la page

