Lettres: Finis les livres ?
Pierre-Luc Beauchamp - Montréal, le 5 septembre 2005
7 septembre 2005
Le matin du 30 août, le jour de mes 25 ans, quelle ne fut pas ma surprise de lire un «papier» où on décrivait le livre imprimé comme un outil autrefois bien utile mais qui serait aujourd'hui un support dépassé et dont l'ordinateur aura vite fait de nous faire oublier les tares.
Je jetai donc un regard à ma bibliothèque bien-aimée et me demandai comment M. Paquet, qui est informaticien, pouvait concevoir que le livre est un «cul-de-sac». «L'auteur décide ce que le lecteur saura et ce qu'il ignorera.» Drôle de déclaration de la part de quelqu'un qui se dit spécialiste en éducation. Comme si la connaissance était une information statique, classée pour toujours une fois lue sur une de ces belles pages odorantes qui font le charme de l'imprimé. Au contraire, je conçois le livre comme un point de départ et non comme un cul-de-sac. Un lecteur lit un livre dans sa totalité. Il a entre les mains un objet achevé, une pensée formalisée en un tout qui invite à la mise en question, à l'investigation et au remaniement de sa propre pensée. «Alors que la réalité est complexe, l'imprimé est fermé sur lui-même.» Non, M. Paquet, l'imprimé est au contraire une fenêtre dont les contours bien délimités permettent de ne pas se perdre dans un dédale d'informations désordonnées et souvent contradictoires, voire dénaturées.
En tant que chercheur, j'ai beaucoup d'affinités avec l'ordinateur, qui me rend des milliers de services. Cependant, jamais il ne m'est venu à l'idée de comparer cet outil de gestion à l'outil de pensée et de réflexion qu'est le livre imprimé. Ceux qui voient l'ordinateur comme un outil de remplacement du livre oublient que depuis son avènement, les coûts en papier n'ont pas nécessairement baissé et que les travaux des étudiants ne sont pas meilleurs (parfois pires en raison d'Internet et du plagiat qu'il entraîne).
De plus, je lisais récemment que publier un travail scientifique sur Internet coûte parfois plus cher que de le faire imprimer en raison du temps investi et de la gestion des publications en ligne. En fait, je crois que l'ordinateur est beaucoup plus le successeur de la télévision, la faisant passer d'une forme passive et obsolète à un outil dynamique et interactif. [...]
Je jetai donc un regard à ma bibliothèque bien-aimée et me demandai comment M. Paquet, qui est informaticien, pouvait concevoir que le livre est un «cul-de-sac». «L'auteur décide ce que le lecteur saura et ce qu'il ignorera.» Drôle de déclaration de la part de quelqu'un qui se dit spécialiste en éducation. Comme si la connaissance était une information statique, classée pour toujours une fois lue sur une de ces belles pages odorantes qui font le charme de l'imprimé. Au contraire, je conçois le livre comme un point de départ et non comme un cul-de-sac. Un lecteur lit un livre dans sa totalité. Il a entre les mains un objet achevé, une pensée formalisée en un tout qui invite à la mise en question, à l'investigation et au remaniement de sa propre pensée. «Alors que la réalité est complexe, l'imprimé est fermé sur lui-même.» Non, M. Paquet, l'imprimé est au contraire une fenêtre dont les contours bien délimités permettent de ne pas se perdre dans un dédale d'informations désordonnées et souvent contradictoires, voire dénaturées.
En tant que chercheur, j'ai beaucoup d'affinités avec l'ordinateur, qui me rend des milliers de services. Cependant, jamais il ne m'est venu à l'idée de comparer cet outil de gestion à l'outil de pensée et de réflexion qu'est le livre imprimé. Ceux qui voient l'ordinateur comme un outil de remplacement du livre oublient que depuis son avènement, les coûts en papier n'ont pas nécessairement baissé et que les travaux des étudiants ne sont pas meilleurs (parfois pires en raison d'Internet et du plagiat qu'il entraîne).
De plus, je lisais récemment que publier un travail scientifique sur Internet coûte parfois plus cher que de le faire imprimer en raison du temps investi et de la gestion des publications en ligne. En fait, je crois que l'ordinateur est beaucoup plus le successeur de la télévision, la faisant passer d'une forme passive et obsolète à un outil dynamique et interactif. [...]
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