400 millions de moins pour Québec
La flambée du prix du pétrole freinera de 40 % la croissance prévue
Robert Dutrisac
1 septembre 2005
Photo : Agence Reuters
Selon les études du ministère des Finances, une hausse de 5 ¢ le litre coûte 36 millions au trésor public québécois, compensée partiellement par une augmentation des revenus de 14 millions.
Québec — La hausse vertigineuse du prix du pétrole ralentira de façon importante l'économie québécoise, mais le Québec devrait être en mesure d'éviter la récession.
C'est ce qu'a indiqué hier le ministre des Finances, Michel Audet, qui, avec son collègue Pierre Corbeil, le ministre des Ressources naturelles et de la Faune, a commenté cette flambée du prix de l'essence et les conséquences qu'elle aurait sur l'économie et les finances publiques. «On n'est pas en récession mais c'est un ralentissement de la croissance économique de l'ordre de 1 %», a dit Michel Audet.
Ce recul de 1 % de la croissance prévue de 2,5 % en 2004-05 diminuera de 400 millions les revenus du gouvernement du Québec. Selon le ministère des Finances du Québec qui cite une étude du ministère fédéral des Finances, une hausse de 20 % du prix du pétrole entraînerait un recul du produit intérieur brut (PIB) de 0,8 % après un an et de 1,4 % après deux ans.
Or la hausse à laquelle on assiste est bien supérieure à 20 %. À 1,35 $ le litre, le prix à la pompe dépasse de plus de 50 % le prix moyen en 2004, mais cette flambée pourrait se résorber. «Il y a une volatilité dans les prix et je pense que bien malin serait celui qui pourrait vous dire si ça va être permanent», a dit M. Audet. Son ministère ne dispose d'aucun modèle économique pour le déterminer, a-t-il précisé.
Au conseil des ministres hier, il fut amplement question de cette «crise du pétrole». M. Corbeil demandera que cette question soit à l'ordre du jour de la prochaine réunion des ministres de l'Énergie au Canada, les 18 et 19 septembre prochains. M. Audet fera de même pour qu'elle le soit à la réunion des ministres des Finances des 28 et 29 septembre.
En 2002, les libéraux, alors dans l'opposition, avaient réclamé à grands cris du gouvernement qu'il baisse les taxes provinciales sur l'essence. L'opposition officielle réagissait à un prix qui avait dépassé les 70 ¢ le litre. Aujourd'hui, le gouvernement libéral refuse de baisser les taxes, qui comptent pour 25 % du prix actuel à la pompe. «On n'a pas les moyens de le faire, simplement parce que nous sommes frappés, nous aussi, de plein fouet au moment où nos finances publiques sont serrées par cette hausse», a-t-il avancé. Le gouvernement étudie les conséquences de la flambée sur certaines industries, le taxi, le transport par camions et l'exploitation de la forêt, notamment. Mais aucune mesure concrète n'est envisagée à court terme.
Le gouvernement québécois est le plus grand consommateur de produits pétroliers au Québec. Il en achète pour 350 millions par année. Selon les calculs du ministère des Finances, le gouvernement encaisse des revenus de TVQ supplémentaires quand les prix sont en hausse mais, comme il doit payer plus cher sa propre consommation, il perd au change. Ainsi, une hausse de 5 ¢ le litre coûte 36 millions au trésor public, compensée partiellement par une augmentation des revenus de 14 millions.
Le Québec importe la totalité de sa consommation de pétrole et de gaz naturel, une source qui représente la moitié de sa consommation d'énergie, a précisé M. Corbeil. Tous les ministères et tous les organismes publics ont reçu le mandat d'évaluer quelles seront les conséquences pour eux et pour «leur clientèle», a-t-il dit. Ministères et organismes devront mettre en oeuvre des mesures d'économie d'énergie en réduisant notamment la vitesse de leur flotte de véhicules. Et ça s'applique aux limousines des ministres, a admis le ministre.
Du côté de l'opposition officielle, les députés péquistes tenaient hier leur premier caucus depuis les vacances estivales. La porte-parole en matière d'énergie, Rita Dionne-Marsolais, a exigé du gouvernement qu'il mandate la Régie de l'énergie pour qu'elle se penche sur la marge bénéficiaire des raffineurs. Cette marge serait passée de 8 ¢ à 30 ¢ à la faveur de la flambée des prix, selon certains rapports. La députée de Rosemont estime que le gouvernement Charest doit prendre des mesures pour augmenter la concurrence dans le marché québécois de l'essence. Il doit envisager d'augmenter la capacité de raffinage au Québec et permettre aux grandes surfaces, comme Costco et Loblaw, de vendre de l'essence au détail. En outre, le gouvernement devrait accorder des subventions aux acheteurs de voitures hybrides, comme le font les autres provinces.
C'est ce qu'a indiqué hier le ministre des Finances, Michel Audet, qui, avec son collègue Pierre Corbeil, le ministre des Ressources naturelles et de la Faune, a commenté cette flambée du prix de l'essence et les conséquences qu'elle aurait sur l'économie et les finances publiques. «On n'est pas en récession mais c'est un ralentissement de la croissance économique de l'ordre de 1 %», a dit Michel Audet.
Ce recul de 1 % de la croissance prévue de 2,5 % en 2004-05 diminuera de 400 millions les revenus du gouvernement du Québec. Selon le ministère des Finances du Québec qui cite une étude du ministère fédéral des Finances, une hausse de 20 % du prix du pétrole entraînerait un recul du produit intérieur brut (PIB) de 0,8 % après un an et de 1,4 % après deux ans.
Or la hausse à laquelle on assiste est bien supérieure à 20 %. À 1,35 $ le litre, le prix à la pompe dépasse de plus de 50 % le prix moyen en 2004, mais cette flambée pourrait se résorber. «Il y a une volatilité dans les prix et je pense que bien malin serait celui qui pourrait vous dire si ça va être permanent», a dit M. Audet. Son ministère ne dispose d'aucun modèle économique pour le déterminer, a-t-il précisé.
Au conseil des ministres hier, il fut amplement question de cette «crise du pétrole». M. Corbeil demandera que cette question soit à l'ordre du jour de la prochaine réunion des ministres de l'Énergie au Canada, les 18 et 19 septembre prochains. M. Audet fera de même pour qu'elle le soit à la réunion des ministres des Finances des 28 et 29 septembre.
En 2002, les libéraux, alors dans l'opposition, avaient réclamé à grands cris du gouvernement qu'il baisse les taxes provinciales sur l'essence. L'opposition officielle réagissait à un prix qui avait dépassé les 70 ¢ le litre. Aujourd'hui, le gouvernement libéral refuse de baisser les taxes, qui comptent pour 25 % du prix actuel à la pompe. «On n'a pas les moyens de le faire, simplement parce que nous sommes frappés, nous aussi, de plein fouet au moment où nos finances publiques sont serrées par cette hausse», a-t-il avancé. Le gouvernement étudie les conséquences de la flambée sur certaines industries, le taxi, le transport par camions et l'exploitation de la forêt, notamment. Mais aucune mesure concrète n'est envisagée à court terme.
Le gouvernement québécois est le plus grand consommateur de produits pétroliers au Québec. Il en achète pour 350 millions par année. Selon les calculs du ministère des Finances, le gouvernement encaisse des revenus de TVQ supplémentaires quand les prix sont en hausse mais, comme il doit payer plus cher sa propre consommation, il perd au change. Ainsi, une hausse de 5 ¢ le litre coûte 36 millions au trésor public, compensée partiellement par une augmentation des revenus de 14 millions.
Le Québec importe la totalité de sa consommation de pétrole et de gaz naturel, une source qui représente la moitié de sa consommation d'énergie, a précisé M. Corbeil. Tous les ministères et tous les organismes publics ont reçu le mandat d'évaluer quelles seront les conséquences pour eux et pour «leur clientèle», a-t-il dit. Ministères et organismes devront mettre en oeuvre des mesures d'économie d'énergie en réduisant notamment la vitesse de leur flotte de véhicules. Et ça s'applique aux limousines des ministres, a admis le ministre.
Du côté de l'opposition officielle, les députés péquistes tenaient hier leur premier caucus depuis les vacances estivales. La porte-parole en matière d'énergie, Rita Dionne-Marsolais, a exigé du gouvernement qu'il mandate la Régie de l'énergie pour qu'elle se penche sur la marge bénéficiaire des raffineurs. Cette marge serait passée de 8 ¢ à 30 ¢ à la faveur de la flambée des prix, selon certains rapports. La députée de Rosemont estime que le gouvernement Charest doit prendre des mesures pour augmenter la concurrence dans le marché québécois de l'essence. Il doit envisager d'augmenter la capacité de raffinage au Québec et permettre aux grandes surfaces, comme Costco et Loblaw, de vendre de l'essence au détail. En outre, le gouvernement devrait accorder des subventions aux acheteurs de voitures hybrides, comme le font les autres provinces.
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