Le CHUM au centre-ville - La résistance persiste grâce au financement public
La résistance à la création d'une technopole de la santé unique autour du futur CHUM au centre-ville de Montréal persiste grâce au financement public. Avec le soutien des gouvernements fédéral et provincial ainsi que celui de la Ville de Montréal, l'organisme Montréal International propose la mise en place d'une technopole éclatée en cinq pôles, dont l'un à la gare de triage d'Outremont.
Montréal International vient en effet de lancer, dans un document dont Le Devoir a obtenu copie, un appel d'offres sur invitation pour obtenir une étude sur une stratégie de déploiement du secteur des sciences de la vie qualifiée de «grappe multipolaire». Douze firmes de consultants dont Ernst and Young, Secor, McKinsey et Price Waterhouse Cooper, ont été sollicitées pour ce contrat d'une valeur de 350 000 $ à 400 000 $.
Comme le souligne le document, il s'agit de profiter des investissements dans les hôpitaux universitaires annoncés en mars dernier par Québec, et qui entraîneront une «dynamisation du secteur des sciences de la vie et des concentrations des actifs existants ou en émergence autour de pôles». Alors que Montréal International prônait, lors du débat sur le site d'implantation du futur CHUM l'hiver dernier, la concentration des sciences de la vie sur la seule gare de triage d'Outremont, aujourd'hui, l'organisme constate qu'on ne peut faire fi des nouveaux enjeux. Il faut ainsi prendre en compte la volonté entre autres des universités de créer «de nouveaux espaces dédiés à la recherche et à sa mise en valeur pour le développement d'activités complémentaires», peut-on lire dans le document.
On y souligne également que, «dans un secteur d'effervescence où plusieurs pôles sont à la planification de leur développement, une réflexion plus globale s'impose sur l'intégration des actifs existants et en émergence ainsi que sur le rôle des pôles dans le cheminement d'une entreprise depuis l'innovation jusqu'à la commercialisation.»
Le futur CHUM aura beau être construit là où s'élève actuellement l'hôpital Saint-Luc, la technopole proposée sur son pourtour ne serait plus qu'un des cinq pôles décrits par Montréal International et ses partenaires. Outre le centre-ville, on parle du pôle du campus Macdonald (faculté d'agriculture, de sciences de l'environnement et de nutrition de l'université McGill), du «Corridor de l'Ouest» (soit la présence de grandes pharmaceutiques le long de l'autoroute 40 ainsi que le Technoparc Saint-Laurent), le pôle de l'Est avec notamment le Centre de biotechnologies Angus et finalement la gare de triage d'Outremont renommée ici pôle Côte-des-Neiges.
L'Administration du maire Tremblay est intimement liée à cette stratégie. Dès le printemps, la Ville a eu une oreille attentive au projet de l'Université de Montréal de prendre de l'expansion dans la gare de triage d'Outremont et d'y déménager notamment des laboratoires de recherches connexes au secteur de la santé. Des discussions informelles ont même eu lieu avec le fédéral et le provincial quant aux aspects financiers d'une telle idée.
Montréal International spécifie dans son document que l'appel d'offres se fait à la demande du «comité de pilotage» crée par la Ville et auquel participent les différents ordres gouvernementaux. Ce comité devra s'assurer du bon déroulement de l'appel d'offres, mais aussi que les résultats atteindront l'objectif d'assurer une meilleure collaboration entre le CHUM, son pendant anglophone, le CHU mère-enfant (soit l'hôpital Sainte-Justine) et le secteur des sciences de la vie.
Ironiquement, les militants de la formation politique du maire Tremblay (UCIM) ont adopté à l'unanimité en congrès la fin de semaine dernière une proposition visant à s'assurer que le projet du CHUM inclura la technopole de la santé. La résolution prend en compte «la mise en valeur de l'ensemble des terrains avoisinants, notamment ceux qui pourraient être rendus disponibles par le recouvrement de l'autoroute Ville-Marie».
Benoît Labonté, candidat de l'UCIM à la mairie de l'arrondissement Ville-Marie, qui est à l'origine de cette proposition, s'est dit hier non seulement surpris de la situation, mais inquiet. «Je comprends mal comment le gouvernement du Québec accepte d'un côté d'investir plus d'un milliard dans l'implantation du CHUM dans un endroit donné, et, de l'autre côté, de financer une étude qui pourrait justifier la dispersion de la technopole. [...] Il faut être prudent. Créer une technopole va coûter très cher en investissements publics. Alors si les sommes disponibles sont fractionnées, on n'ira pas chercher le plein effet qu'on pourrait avoir avec l'établissement d'une technopole adjacente au site choisi. Les fonds publics ne sont pas illimités», a souligné M. Labonté. Le contrat doit être octroyé jeudi prochain. L'étude est attendue pour janvier.
Montréal International vient en effet de lancer, dans un document dont Le Devoir a obtenu copie, un appel d'offres sur invitation pour obtenir une étude sur une stratégie de déploiement du secteur des sciences de la vie qualifiée de «grappe multipolaire». Douze firmes de consultants dont Ernst and Young, Secor, McKinsey et Price Waterhouse Cooper, ont été sollicitées pour ce contrat d'une valeur de 350 000 $ à 400 000 $.
Comme le souligne le document, il s'agit de profiter des investissements dans les hôpitaux universitaires annoncés en mars dernier par Québec, et qui entraîneront une «dynamisation du secteur des sciences de la vie et des concentrations des actifs existants ou en émergence autour de pôles». Alors que Montréal International prônait, lors du débat sur le site d'implantation du futur CHUM l'hiver dernier, la concentration des sciences de la vie sur la seule gare de triage d'Outremont, aujourd'hui, l'organisme constate qu'on ne peut faire fi des nouveaux enjeux. Il faut ainsi prendre en compte la volonté entre autres des universités de créer «de nouveaux espaces dédiés à la recherche et à sa mise en valeur pour le développement d'activités complémentaires», peut-on lire dans le document.
On y souligne également que, «dans un secteur d'effervescence où plusieurs pôles sont à la planification de leur développement, une réflexion plus globale s'impose sur l'intégration des actifs existants et en émergence ainsi que sur le rôle des pôles dans le cheminement d'une entreprise depuis l'innovation jusqu'à la commercialisation.»
Le futur CHUM aura beau être construit là où s'élève actuellement l'hôpital Saint-Luc, la technopole proposée sur son pourtour ne serait plus qu'un des cinq pôles décrits par Montréal International et ses partenaires. Outre le centre-ville, on parle du pôle du campus Macdonald (faculté d'agriculture, de sciences de l'environnement et de nutrition de l'université McGill), du «Corridor de l'Ouest» (soit la présence de grandes pharmaceutiques le long de l'autoroute 40 ainsi que le Technoparc Saint-Laurent), le pôle de l'Est avec notamment le Centre de biotechnologies Angus et finalement la gare de triage d'Outremont renommée ici pôle Côte-des-Neiges.
L'Administration du maire Tremblay est intimement liée à cette stratégie. Dès le printemps, la Ville a eu une oreille attentive au projet de l'Université de Montréal de prendre de l'expansion dans la gare de triage d'Outremont et d'y déménager notamment des laboratoires de recherches connexes au secteur de la santé. Des discussions informelles ont même eu lieu avec le fédéral et le provincial quant aux aspects financiers d'une telle idée.
Montréal International spécifie dans son document que l'appel d'offres se fait à la demande du «comité de pilotage» crée par la Ville et auquel participent les différents ordres gouvernementaux. Ce comité devra s'assurer du bon déroulement de l'appel d'offres, mais aussi que les résultats atteindront l'objectif d'assurer une meilleure collaboration entre le CHUM, son pendant anglophone, le CHU mère-enfant (soit l'hôpital Sainte-Justine) et le secteur des sciences de la vie.
Ironiquement, les militants de la formation politique du maire Tremblay (UCIM) ont adopté à l'unanimité en congrès la fin de semaine dernière une proposition visant à s'assurer que le projet du CHUM inclura la technopole de la santé. La résolution prend en compte «la mise en valeur de l'ensemble des terrains avoisinants, notamment ceux qui pourraient être rendus disponibles par le recouvrement de l'autoroute Ville-Marie».
Benoît Labonté, candidat de l'UCIM à la mairie de l'arrondissement Ville-Marie, qui est à l'origine de cette proposition, s'est dit hier non seulement surpris de la situation, mais inquiet. «Je comprends mal comment le gouvernement du Québec accepte d'un côté d'investir plus d'un milliard dans l'implantation du CHUM dans un endroit donné, et, de l'autre côté, de financer une étude qui pourrait justifier la dispersion de la technopole. [...] Il faut être prudent. Créer une technopole va coûter très cher en investissements publics. Alors si les sommes disponibles sont fractionnées, on n'ira pas chercher le plein effet qu'on pourrait avoir avec l'établissement d'une technopole adjacente au site choisi. Les fonds publics ne sont pas illimités», a souligné M. Labonté. Le contrat doit être octroyé jeudi prochain. L'étude est attendue pour janvier.
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