Lettres: L'État de droit ?
Jean-Jacques Couvrette - Magog, le 11 août 2005
26 août 2005
Qu'est-ce que l'État de droit en 2005? Guantánamo, le bois d'oeuvre, la sempiternelle discussion Canada fédéral et ses provinces à propos des compétences, une constitution rapatriée sans la signature de la province de Québec, bref, une démocratie qu'on ne sait plus enseigner.
Quatre-vingt-douze ans, John Kenneth Galbraith, grand économiste américain, publie La République des satisfaits; le brave homme a su résumer l'idée du temps actuel de l'économie. Nous vivons à une époque de stagnation organisée par des «votants» béats ou, pire, golfeurs satisfaits et dynamiques. Le béat est un être simple, il respire dans une providentielle inconscience; il a quelques dépits, il craint la nostalgie, il a une prétention aristocratique, il cause latin. Il consomme passivement du pétrole, contrairement au golfeur satisfait qui en consomme activement. Le béat est un retraité, n'insistons pas. Le satisfait, lui, a qualité plus redoutable: c'est un dissimulateur qui est aussi un menteur car il est manipulateur: il vous raconte que c'est dans votre intérêt. Le satisfait est content, il a droit à l'arrogance, il porte beau, comme on disait. Il a raison car il connaît la simplicité: Evil is to not be with me. Son temps est plat. Il parle d'emblée, il ne vous laisse aucune place; ce n'est pas qu'il dise quelque chose, c'est qu'il n'aime pas entendre. Il parle, donc, il est le droit. Souvent premier ministre, même président. [...]
Quatre-vingt-douze ans, John Kenneth Galbraith, grand économiste américain, publie La République des satisfaits; le brave homme a su résumer l'idée du temps actuel de l'économie. Nous vivons à une époque de stagnation organisée par des «votants» béats ou, pire, golfeurs satisfaits et dynamiques. Le béat est un être simple, il respire dans une providentielle inconscience; il a quelques dépits, il craint la nostalgie, il a une prétention aristocratique, il cause latin. Il consomme passivement du pétrole, contrairement au golfeur satisfait qui en consomme activement. Le béat est un retraité, n'insistons pas. Le satisfait, lui, a qualité plus redoutable: c'est un dissimulateur qui est aussi un menteur car il est manipulateur: il vous raconte que c'est dans votre intérêt. Le satisfait est content, il a droit à l'arrogance, il porte beau, comme on disait. Il a raison car il connaît la simplicité: Evil is to not be with me. Son temps est plat. Il parle d'emblée, il ne vous laisse aucune place; ce n'est pas qu'il dise quelque chose, c'est qu'il n'aime pas entendre. Il parle, donc, il est le droit. Souvent premier ministre, même président. [...]
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