Libre opinion: L'homme de la réconciliation
Jacques Gauthier - Auteur et professeur à l'Université Saint-Paul d'Ottawa
24 août 2005
Frère Roger est mort comme il a vécu, en priant. Victime d'une agression au couteau le 16 août, le fondateur et prieur de la communauté oecuménique de Taizé est «entré dans la vie» à 90 ans pendant la prière du soir, dans l'église de la Réconciliation, au milieu de quelque 2500 jeunes de différentes nationalités.
Dans un livre écrit en collaboration avec mère Teresa, il témoignait de la beauté de la prière: «Dans la beauté d'une prière commune, un voile se lève sur l'inexprimable de la foi, et l'indicible porte à l'adoration. Le regard mystique y voit des reflets du ciel sur la terre.» (La Prière, fraîcheur d'une source, Bayard, 2003, page 67.)
Taizé a commencé lorsque Roger Schutz, 25 ans, quitta sa Suisse natale en août 1940 pour aller vivre en France au début de la Deuxième Guerre mondiale. Protestant d'origine, il portait le projet de fonder une communauté où se vivrait tous les jours la réconciliation entre les chrétiens.
Il se fixa sur une colline isolée du village de Taizé, en Bourgogne, cachant alors des réfugiés, surtout des Juifs. Des frères le rejoindront et s'engageront à Pâques 1949 dans le célibat, la simplicité de vie, la prière et la réconciliation. Il leur écrivit une règle de vie en 1953.
Assez rapidement, frère Roger va vouloir partager le sort des plus pauvres de la planète. De petites fraternités se trouveront insérées dans des quartiers défavorisés de plusieurs pays. La communauté de Taizé n'accepte pour elle-même aucun don, cadeau ou héritage. Les frères gagnent leur vie par leur travail.
Préoccupé du dialogue interreligieux avec les disciples de l'islam, frère Roger avait fondé une fraternité à Dakar. Depuis plus de 20 ans, la Maison de Dakar démontre que la cohabitation entre chrétiens et musulmans est possible.
Avec les jeunes
Bien avant les premières Journées mondiales de la jeunesse (JMJ), en 1984, des milliers de jeunes se réunissaient chaque année dans le petit village de Taizé. Ces jeunes de Taizé auront été une source d'inspiration pour Jean-Paul II, ami de frère Roger. Il les accueillait avec joie à Rome, goûtant leurs chants méditatifs, connus un peu partout dans l'Église.
Réconciliation et jeunesse caractérisent bien Taizé. Avec les années, des centaines de milliers de jeunes du monde entier se sont succédé à Taizé. Ils y trouvent là un accueil respectueux de leurs croyances et une prière de louange très simple et rythmée qui les unit et les aide à découvrir un sens à leur vie. Ce passage à Taizé, tout comme l'expérience des JMJ, stimule les jeunes à être des porteurs de paix et de réconciliation là où ils vivent.
À la fin de chaque année, Taizé organise des rencontres de cinq jours dans divers pays du monde. Des dizaines de milliers de jeunes y assistent et sont hébergés dans les familles ou les centres communautaires.
Au début de chaque année, frère Roger publiait une lettre qui était traduite en plus de 50 langues et qui était méditée pendant toute l'année par les groupes de jeunes. Son style était direct et vivant, tutoyant les jeunes, les invitant sans cesse à la confiance, à vivre intensément chaque jour dans la foi, à s'engager pour la justice, à prier simplement, en ne séparant pas lutte et contemplation.
La communauté de Taizé compte à l'heure actuelle une centaine de frères, catholiques ou de diverses origines évangéliques, venant d'une trentaine de nations. Elle est le signe concret de réconciliation entre chrétiens divisés et peuples séparés. Frère Roger aura laissé le témoignage d'une parole d'espérance qui rassemble les êtres humains au-delà des barrières de races et de religions.
Dans un livre écrit en collaboration avec mère Teresa, il témoignait de la beauté de la prière: «Dans la beauté d'une prière commune, un voile se lève sur l'inexprimable de la foi, et l'indicible porte à l'adoration. Le regard mystique y voit des reflets du ciel sur la terre.» (La Prière, fraîcheur d'une source, Bayard, 2003, page 67.)
Taizé a commencé lorsque Roger Schutz, 25 ans, quitta sa Suisse natale en août 1940 pour aller vivre en France au début de la Deuxième Guerre mondiale. Protestant d'origine, il portait le projet de fonder une communauté où se vivrait tous les jours la réconciliation entre les chrétiens.
Il se fixa sur une colline isolée du village de Taizé, en Bourgogne, cachant alors des réfugiés, surtout des Juifs. Des frères le rejoindront et s'engageront à Pâques 1949 dans le célibat, la simplicité de vie, la prière et la réconciliation. Il leur écrivit une règle de vie en 1953.
Assez rapidement, frère Roger va vouloir partager le sort des plus pauvres de la planète. De petites fraternités se trouveront insérées dans des quartiers défavorisés de plusieurs pays. La communauté de Taizé n'accepte pour elle-même aucun don, cadeau ou héritage. Les frères gagnent leur vie par leur travail.
Préoccupé du dialogue interreligieux avec les disciples de l'islam, frère Roger avait fondé une fraternité à Dakar. Depuis plus de 20 ans, la Maison de Dakar démontre que la cohabitation entre chrétiens et musulmans est possible.
Avec les jeunes
Bien avant les premières Journées mondiales de la jeunesse (JMJ), en 1984, des milliers de jeunes se réunissaient chaque année dans le petit village de Taizé. Ces jeunes de Taizé auront été une source d'inspiration pour Jean-Paul II, ami de frère Roger. Il les accueillait avec joie à Rome, goûtant leurs chants méditatifs, connus un peu partout dans l'Église.
Réconciliation et jeunesse caractérisent bien Taizé. Avec les années, des centaines de milliers de jeunes du monde entier se sont succédé à Taizé. Ils y trouvent là un accueil respectueux de leurs croyances et une prière de louange très simple et rythmée qui les unit et les aide à découvrir un sens à leur vie. Ce passage à Taizé, tout comme l'expérience des JMJ, stimule les jeunes à être des porteurs de paix et de réconciliation là où ils vivent.
À la fin de chaque année, Taizé organise des rencontres de cinq jours dans divers pays du monde. Des dizaines de milliers de jeunes y assistent et sont hébergés dans les familles ou les centres communautaires.
Au début de chaque année, frère Roger publiait une lettre qui était traduite en plus de 50 langues et qui était méditée pendant toute l'année par les groupes de jeunes. Son style était direct et vivant, tutoyant les jeunes, les invitant sans cesse à la confiance, à vivre intensément chaque jour dans la foi, à s'engager pour la justice, à prier simplement, en ne séparant pas lutte et contemplation.
La communauté de Taizé compte à l'heure actuelle une centaine de frères, catholiques ou de diverses origines évangéliques, venant d'une trentaine de nations. Elle est le signe concret de réconciliation entre chrétiens divisés et peuples séparés. Frère Roger aura laissé le témoignage d'une parole d'espérance qui rassemble les êtres humains au-delà des barrières de races et de religions.
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