Irak - Bush n'a pas persuadé Chrétien
Photo : Agence Reuters
George W. Bush et Jean Chrétien à Detroit hier
Le président américain a admis, au cours d'une rencontre avec Jean Chrétien hier midi, qu'il n'existait pas de lien direct entre les actions militaires projetées en Irak et la lutte internationale contre le terrorisme. Une absence de lien qui conforte le Canada dans l'idée que c'est à l'ONU, et non dans les officines de Washington ou à l'OTAN, que la suite des choses doit être décidée.
«J'ai demandé si l'Irak était relié au groupe terroriste que nous combattons en Afghanistan. Ce n'est pas l'angle qu'ils prennent en ce moment. L'angle qu'ils prennent, c'est la production d'armes de destruction massive et nous avons dit que, dans ce cas-là, il y a des inspecteurs qui devraient y retourner et qu'on devrait suivre les résolutions des Nations unies», a déclaré M. Chrétien au cours d'un point de presse hier à la suite de sa rencontre avec George W. Bush. La rencontre de 45 minutes aurait porté essentiellement sur l'Irak.
«Nous leur demandons de passer à travers les Nations unies avant de faire autre chose», a ajouté M. Chrétien. «Pour les Canadiens, c'est extrêmement important de suivre les procédures de l'ONU.»
Le vice-premier ministre John Manley a expliqué plus tard qu'un lien avec al-Qaïda aurait en effet «considérablement simplifié les choses». «Nous sommes tous impliqués dans la guerre contre le terrorisme et nous voyons tous al-Qaïda comme l'ennemi principal dans cette lutte. [...] Mais si l'Irak est considéré dans un contexte différent, c'est-à-dire comme un agresseur dans sa région, un pays capable et désireux de développer des armes de destruction massive (biologiques, chimiques et potentiellement nucléaires), alors nous devons considérer cela dans ce contexte différent, un contexte qui, dans le passé, a toujours inclus les Nations unies.»
Le Canada n'a d'ailleurs pas été sollicité pour prendre part à une éventuelle offensive militaire contre Saddam Hussein, pas plus qu'il ne s'est fait exposer les plans d'une telle offensive, a soutenu M. Chrétien. «Il n'y a pas eu de demande des Américains pour une participation canadienne. Donc je n'ai pas à répondre à une question hypothétique», a expliqué le premier ministre.
Ce n'est pas suffisant aux yeux de Francine Lalonde, la critique bloquiste en matière d'Affaires étrangères, qui aurait voulu entendre M. Chrétien parler des risques de frappes préventives, un concept qui n'est pas permis en droit international, soutient-elle. «Il n'a pas [...] insisté sur la dangerosité des frappes», déplore-t-elle.
Le nucléaire en quelques mois
Tout cela au moment où un groupe indépendant de Londres révélait les capacités de production d'armes nucléaires de l'Irak. Dans un rapport publié hier, le International Institute for Strategic Studies, un groupe indépendant, rapporte que l'Irak pourrait fabriquer l'arme nucléaire s'il obtenait du matériel fissible. «La guerre, les sanctions et les inspections ont renversé et retardé mais pas éliminé les capacités nucléaires, biologiques et chimiques de l'Irak», est-il écrit.
Les preuves montrent que l'Irak tente de se doter de l'arme nucléaire. «Si, d'une façon quelconque, l'Irak était capable de se procurer suffisamment de matériel de source étrangère, il pourrait sûrement produire l'arme nucléaire assez rapidement, probablement en quelques mois.»
Les preuves montrent toutefois les limites de cette quête. L'Irak ne posséderait que 12 missiles balistiques d'une portée de 640 kilomètres, assez pour atteindre l'Arabie saoudite, le Koweit, Israël, l'Iran ou la Turquie, mais pas l'Amérique. Dans ce cas, un avion devrait être utilisé dans un scénario terroriste, écrit-on. L'Irak ne semble pas équipé pour développer une ogive nucléaire, indique le groupe.
Par ailleurs, un sondage publié hier révèle que les Canadiens ne sont pas désireux qu'Ottawa devienne l'allié de Washington contre Bagdad. Le sondage Ekos (marge d'erreur de 2,8 %, 19 fois sur 20) a montré que 38 % de la population était en faveur d'une participation canadienne à une attaque et 44 % contre, un revirement de situation par rapport à janvier où 52 % se disaient alors pour, et 26 % contre.
«J'ai demandé si l'Irak était relié au groupe terroriste que nous combattons en Afghanistan. Ce n'est pas l'angle qu'ils prennent en ce moment. L'angle qu'ils prennent, c'est la production d'armes de destruction massive et nous avons dit que, dans ce cas-là, il y a des inspecteurs qui devraient y retourner et qu'on devrait suivre les résolutions des Nations unies», a déclaré M. Chrétien au cours d'un point de presse hier à la suite de sa rencontre avec George W. Bush. La rencontre de 45 minutes aurait porté essentiellement sur l'Irak.
«Nous leur demandons de passer à travers les Nations unies avant de faire autre chose», a ajouté M. Chrétien. «Pour les Canadiens, c'est extrêmement important de suivre les procédures de l'ONU.»
Le vice-premier ministre John Manley a expliqué plus tard qu'un lien avec al-Qaïda aurait en effet «considérablement simplifié les choses». «Nous sommes tous impliqués dans la guerre contre le terrorisme et nous voyons tous al-Qaïda comme l'ennemi principal dans cette lutte. [...] Mais si l'Irak est considéré dans un contexte différent, c'est-à-dire comme un agresseur dans sa région, un pays capable et désireux de développer des armes de destruction massive (biologiques, chimiques et potentiellement nucléaires), alors nous devons considérer cela dans ce contexte différent, un contexte qui, dans le passé, a toujours inclus les Nations unies.»
Le Canada n'a d'ailleurs pas été sollicité pour prendre part à une éventuelle offensive militaire contre Saddam Hussein, pas plus qu'il ne s'est fait exposer les plans d'une telle offensive, a soutenu M. Chrétien. «Il n'y a pas eu de demande des Américains pour une participation canadienne. Donc je n'ai pas à répondre à une question hypothétique», a expliqué le premier ministre.
Ce n'est pas suffisant aux yeux de Francine Lalonde, la critique bloquiste en matière d'Affaires étrangères, qui aurait voulu entendre M. Chrétien parler des risques de frappes préventives, un concept qui n'est pas permis en droit international, soutient-elle. «Il n'a pas [...] insisté sur la dangerosité des frappes», déplore-t-elle.
Le nucléaire en quelques mois
Tout cela au moment où un groupe indépendant de Londres révélait les capacités de production d'armes nucléaires de l'Irak. Dans un rapport publié hier, le International Institute for Strategic Studies, un groupe indépendant, rapporte que l'Irak pourrait fabriquer l'arme nucléaire s'il obtenait du matériel fissible. «La guerre, les sanctions et les inspections ont renversé et retardé mais pas éliminé les capacités nucléaires, biologiques et chimiques de l'Irak», est-il écrit.
Les preuves montrent que l'Irak tente de se doter de l'arme nucléaire. «Si, d'une façon quelconque, l'Irak était capable de se procurer suffisamment de matériel de source étrangère, il pourrait sûrement produire l'arme nucléaire assez rapidement, probablement en quelques mois.»
Les preuves montrent toutefois les limites de cette quête. L'Irak ne posséderait que 12 missiles balistiques d'une portée de 640 kilomètres, assez pour atteindre l'Arabie saoudite, le Koweit, Israël, l'Iran ou la Turquie, mais pas l'Amérique. Dans ce cas, un avion devrait être utilisé dans un scénario terroriste, écrit-on. L'Irak ne semble pas équipé pour développer une ogive nucléaire, indique le groupe.
Par ailleurs, un sondage publié hier révèle que les Canadiens ne sont pas désireux qu'Ottawa devienne l'allié de Washington contre Bagdad. Le sondage Ekos (marge d'erreur de 2,8 %, 19 fois sur 20) a montré que 38 % de la population était en faveur d'une participation canadienne à une attaque et 44 % contre, un revirement de situation par rapport à janvier où 52 % se disaient alors pour, et 26 % contre.
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