Le 11 septembre, une aubaine
Les États-Unis ont trouvé de nouvelles occasions de se repositionner dans l'ensemble du monde asiatique et plus particulièrement en Asie orientale
Rodolphe De Koninck - Professeur au Département de géographie de l'Université Laval de 1970 à 2002, l'auteur est depuis peu titulaire de la Chaire de recherche du Canada en études asiatiques auprès de l'Université de Montréal et professeur au Département de géographie de cette même université.
10 septembre 2002
Dans la longue durée, le territoire rectangulaire, largement désertique, qui s'étend au sud du Caucase et des steppes russes, de la Méditerranée à l'Indus, apparaît comme le centre du monde. Comme vortex de conflits à répercussion planétaire, il semble vouloir le demeurer.
En témoigne l'interminable confrontation entre les Israéliens et les Palestiniens, deux communautés revendiquant la Terre promise. L'enlisement de ce conflit, ses liens avec les poussées de fièvre dans les pays voisins, tout comme l'étrange obsession pour l'Irak de Saddam Hussein de la part d'une Maison-Blanche tentant maladroitement de détourner l'attention loin d'Israël, d'une part, et de l'Afghanistan d'autre part, contribuent à ce statut d'abcès de fixation des enjeux géopolitiques mondiaux qui caractérise ce Moyen-Orient.
Mais ce centre du monde ne compte que quelque 200 millions d'habitants. Au-delà de l'Indus, au sud et à l'est de ce monde des déserts pétroliers, se déploie un large éventail de massifs, de plaines, de grands bassins fluviaux et d'archipels infiniment plus importants aux plans démographique, culturel, économique et même géopolitique. En effet, cette Asie des Moussons, qui n'a rien à envier au Moyen-Orient au chapitre de la profondeur de l'histoire, rassemble plus de trois milliards d'habitants. Et c'est cette région du monde, plus que toute autre, qui est dans la mire des forces vives de la mondialisation, forces d'abord occidentales.
Un monde différent
Le Moyen-Orient apparaît complexe, «compliqué» diraient certains, notamment au plan ethnique et culturel. Pourtant, au-delà du monde perse et donc afghan, au-delà de l'Indus, la carte ethnique devient plus complexe encore. Au-delà, l'islam diffère, en particulier vers le Sud-Est, alors que dans le Sud-Est asiatique proprement dit, il prend des formes de plus en plus souples, tout particulièrement en Indonésie, le premier pays musulman du monde, du moins au plan statistique.
Ici, en Asie des Moussons, l'islam a dû ou doit encore rivaliser ou composer non seulement avec l'hindouisme et le bouddhisme mais aussi avec le communisme, un communisme certes déliquescent mais encore conséquentÉ
Surtout il s'agit d'un monde, d'un ensemble de sociétés ayant mis au point et vécu des expériences de société multiples et originales. Il faut rappeler qu'une fois la Deuxième Guerre mondiale terminée, plusieurs pays de l'Asie des Moussons, de cette Asie au-delà des déserts, se sont engagés dans des expériences politiques audacieuses.
Certains, tels que l'Inde, ont choisi de réduire les liens avec le monde occidental et de privilégier, contre l'avis de celui-ci, le développement d'un secteur industriel tourné d'abord vers le marché interne. D'autres, tels que la Chine, ont même littéralement coupé les ponts avec l'Occident, tout en le défiant, notamment lors de la guerre de Corée. Quant au Japon, lui, c'est vers le champ économique mondial qu'il a porté le défi, avec les succès que l'on sait.
Enfin, dans le Sud-Est asiatique même, les cas de «dissidence» devant le modèle proposé par l'Occident triomphant, États-Unis en tête, avaient tendance à se multiplier. Cela pouvait prendre la forme soit d'une résistance quasi étatique, ainsi dans l'ex-Indochine et l'immense Indonésie dirigée par Sukarno, soit de mouvements de guérillas, ainsi aux Philippines avec la rébellion des Huks (1946-1954) et en Malaisie avec celle des maquisards communistes, à l'occasion de ce que l'on a appelé l'Emergency (1947-1960).
Surtout, surtout, un «petit» pays, le Vietnam, donna, il n'y pas si longtemps, une magistrale leçon de guerre, pourtant carte maîtresse de l'Occident, tant à la France qu'aux États-Unis, la plus grande puissance guerrière de l'histoire de l'humanité. Il faut rappeler que la longue déroute américaine au Vietnam, consacrée en avril 1975, représente le plus cuisant et le plus définitif affront infligé à l'Occident, à côté duquel Tsoushima (1905) et Pearl Harbor (1941) font figure d'incidents de parcours, ce dernier vite et durement corrigé.
En 1992, ces mêmes États-Unis ont finalement été contraints d'évacuer, presque subrepticement, l'ensemble de leurs bases militaires aux Philippines, dont celle de Subic Bay, cet archipel qu'ils avaient littéralement transformé en immense porte-avions.
Mais il ne s'agissait là que d'un repli stratégique, une telle présence militaire ne s'avérant plus indispensable. Bien d'autres moyens étaient disponibles et furent mis en oeuvre pour maintenir et accroître la présence fondamentale, c'est-à-dire la présence économique. Ainsi, d'autres alliances, d'autres alliés devaient permettre de remplacer la coûteuse et maladroite méthode militaire. Parmi eux, les investissements, les prêts, le commerce, toutes choses pour lesquelles, s'agissant du Sud-Est asiatique, Singapour, nouvelle forteresse économique, se révéla et s'avère encore un partenaire essentiel... qui persiste à tenir tête.
Malgré cela, les velléités d'insubordination et d'émancipation ont continué à se manifester parmi ces pays pourtant largement engagés dans le grand tourbillon de la mondialisation des échanges, des technologies et des valeurs. Parmi eux, un pays soumis à un régime et dirigé par un général tous deux formidablement corrompus et ayant depuis leur instauration officielle en 1967 — après la mise au rancart de Sukarno — toujours collaboré avec l'Occident et en particulier les États-Unis: l'Indonésie de l'Ordre Nouveau et du général Suharto.
Dans l'ensemble du Sud-Est asiatique, Malaysia comprise, de tels soubresauts avaient tendance à se multiplier; tout particulièrement lors de la course au développement, alors que les moyens choisis pour y parvenir, ce qui comprend l'ouverture tous azimuts au marché mondial, commençaient à entraîner des conséquences intolérables, notamment au plan environnemental.
C'est dans ce contexte que survint la crise financière asiatique, amorcée au Japon au début des années 90 et ayant atteint en 1997 plusieurs pays de la région, dont, précisément le grand archipel indonésien. Ce sont d'ailleurs les Indonésiens, en particulier les pauvres parmi eux, qui ont le plus souffert de cette crise, dont leur pays ne s'est pas encore remis.
L'après-11 septembre: une aubaine
Il peut sembler cynique de le reconnaître, mais il semble bien que, à la suite des attentats terroristes du 11 septembre 2001, perpétrés contre leur population et leur territoire, les États-Unis ont trouvé de nouvelles occasions pour se repositionner dans l'ensemble du domaine asiatique, et en particulier dans cette Asie orientale.
En premier lieu, à tout seigneur tout honneur: la Chine, dont le poids dans le présent et surtout pour l'avenir du monde est considérable. Ainsi, pour les États-Unis, qui se sont octroyé la responsabilité de gérer la mondialisation, il importe de policer cette Chine, ou en tout cas d'en donner l'impression. Pour ce faire, il est utile de maintenir une psychose autour de la question de Taïwan, psychose largement créée par les Américains eux-mêmes, les Taïwanais étant plus occupés à faire des affaires d'or avec la Chine que préoccupés par une hypothétique menace militaire provenant de ladite poule aux oeufs d'or.
Quant aux difficultés de gestion financière éprouvées par le Japon, ce puissant partenaire-rival dans le champ économique, elles ne peuvent qu'arranger l'Amérique, à condition bien sûr que de telles difficultés ne s'accentuent pas trop. D'ailleurs, pour le moment, cela permet aux entreprises occidentales de tenter de rattraper l'énorme retard qu'elles ont pris sur le marché du géant chinois derrière le Japon et Taïwan.
Dans le Sud-Est asiatique même, les Américains ont aussi besoin de se replacer, eux qui ont été chassés du Vietnam et remerciés par les Philippins. Dans ce dernier pays, la contribution américaine à la chasse aux présumés terroristes du groupe d'Abou Sayaf — en réalité de vulgaires voyous — leur en fournit le prétexte.
Enfin l'Indonésie, elle, a d'abord eu droit, dès avant mais surtout depuis la chute de Suharto en 1998, aux interventions massives de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, visant, certes, à l'aider à sortir de sa crise financière, mais avant tout à la rendre plus docile aux canons — à tous les canons — de la mondialisation.
Il s'agissait, en réalité, de gérer tant sa croissance que la dévastation des ressources et de l'environnement, mais non en stoppant ni même en ralentissant cette dévastation. Après le 11 septembre, cette gérance a été «bonifiée» au plan militaire, diverses forces spéciales américaines conseillant les militaires indonésiens dans leur prétendue lutte au terrorisme, en réalité la répression du banditisme et de divers mouvements de revendication régionale, notamment dans la province sumatranaise d'Aceh, fief de la grande pétrolière Mobil...
Même Mahathir, le premier ministre de la Malaysia, lui qui s'était fait un devoir depuis plus de vingt ans de vilipender les pays industriels, quels qu'il soient, est devenu un chantre de la collaboration avec les Américains, épousant leur discours et accusant l'opposition islamique d'islamisme et donc de collaboration avec le terrorisme...
Une nouvelle dynamique de l'arbitraire?
Après la Deuxième Guerre mondiale, et jusqu'à la toute fin des années 1980, la lutte contre le communisme a représenté l'un des moteurs fondamentaux de l'évolution du monde et a conditionné les relations entre les pays industriels, États-Unis en tête, et leurs partenaires du Tiers Monde.
L'agitation de l'épouvantail communiste a servi à justifier de multiples initiatives et interventions pernicieuses, ralentissant singulièrement le développement de la démocratie. Il est à craindre qu'en agitant l'épouvantail terroriste, quitte à susciter le terrorisme réel à l'occasion, ces mêmes États-Unis, qui avaient tant fait pour protéger la démocratie à l'occasion et à la suite de la Deuxième Guerre mondiale, la paralysent à nouveau, à l'échelle planétaire.
Est-ce vraiment la voie à suivre, même si elle permet de maintenir en action la machine de guerre et à détourner l'attention loin des véritables problèmes du monde?
En témoigne l'interminable confrontation entre les Israéliens et les Palestiniens, deux communautés revendiquant la Terre promise. L'enlisement de ce conflit, ses liens avec les poussées de fièvre dans les pays voisins, tout comme l'étrange obsession pour l'Irak de Saddam Hussein de la part d'une Maison-Blanche tentant maladroitement de détourner l'attention loin d'Israël, d'une part, et de l'Afghanistan d'autre part, contribuent à ce statut d'abcès de fixation des enjeux géopolitiques mondiaux qui caractérise ce Moyen-Orient.
Mais ce centre du monde ne compte que quelque 200 millions d'habitants. Au-delà de l'Indus, au sud et à l'est de ce monde des déserts pétroliers, se déploie un large éventail de massifs, de plaines, de grands bassins fluviaux et d'archipels infiniment plus importants aux plans démographique, culturel, économique et même géopolitique. En effet, cette Asie des Moussons, qui n'a rien à envier au Moyen-Orient au chapitre de la profondeur de l'histoire, rassemble plus de trois milliards d'habitants. Et c'est cette région du monde, plus que toute autre, qui est dans la mire des forces vives de la mondialisation, forces d'abord occidentales.
Un monde différent
Le Moyen-Orient apparaît complexe, «compliqué» diraient certains, notamment au plan ethnique et culturel. Pourtant, au-delà du monde perse et donc afghan, au-delà de l'Indus, la carte ethnique devient plus complexe encore. Au-delà, l'islam diffère, en particulier vers le Sud-Est, alors que dans le Sud-Est asiatique proprement dit, il prend des formes de plus en plus souples, tout particulièrement en Indonésie, le premier pays musulman du monde, du moins au plan statistique.
Ici, en Asie des Moussons, l'islam a dû ou doit encore rivaliser ou composer non seulement avec l'hindouisme et le bouddhisme mais aussi avec le communisme, un communisme certes déliquescent mais encore conséquentÉ
Surtout il s'agit d'un monde, d'un ensemble de sociétés ayant mis au point et vécu des expériences de société multiples et originales. Il faut rappeler qu'une fois la Deuxième Guerre mondiale terminée, plusieurs pays de l'Asie des Moussons, de cette Asie au-delà des déserts, se sont engagés dans des expériences politiques audacieuses.
Certains, tels que l'Inde, ont choisi de réduire les liens avec le monde occidental et de privilégier, contre l'avis de celui-ci, le développement d'un secteur industriel tourné d'abord vers le marché interne. D'autres, tels que la Chine, ont même littéralement coupé les ponts avec l'Occident, tout en le défiant, notamment lors de la guerre de Corée. Quant au Japon, lui, c'est vers le champ économique mondial qu'il a porté le défi, avec les succès que l'on sait.
Enfin, dans le Sud-Est asiatique même, les cas de «dissidence» devant le modèle proposé par l'Occident triomphant, États-Unis en tête, avaient tendance à se multiplier. Cela pouvait prendre la forme soit d'une résistance quasi étatique, ainsi dans l'ex-Indochine et l'immense Indonésie dirigée par Sukarno, soit de mouvements de guérillas, ainsi aux Philippines avec la rébellion des Huks (1946-1954) et en Malaisie avec celle des maquisards communistes, à l'occasion de ce que l'on a appelé l'Emergency (1947-1960).
Surtout, surtout, un «petit» pays, le Vietnam, donna, il n'y pas si longtemps, une magistrale leçon de guerre, pourtant carte maîtresse de l'Occident, tant à la France qu'aux États-Unis, la plus grande puissance guerrière de l'histoire de l'humanité. Il faut rappeler que la longue déroute américaine au Vietnam, consacrée en avril 1975, représente le plus cuisant et le plus définitif affront infligé à l'Occident, à côté duquel Tsoushima (1905) et Pearl Harbor (1941) font figure d'incidents de parcours, ce dernier vite et durement corrigé.
En 1992, ces mêmes États-Unis ont finalement été contraints d'évacuer, presque subrepticement, l'ensemble de leurs bases militaires aux Philippines, dont celle de Subic Bay, cet archipel qu'ils avaient littéralement transformé en immense porte-avions.
Mais il ne s'agissait là que d'un repli stratégique, une telle présence militaire ne s'avérant plus indispensable. Bien d'autres moyens étaient disponibles et furent mis en oeuvre pour maintenir et accroître la présence fondamentale, c'est-à-dire la présence économique. Ainsi, d'autres alliances, d'autres alliés devaient permettre de remplacer la coûteuse et maladroite méthode militaire. Parmi eux, les investissements, les prêts, le commerce, toutes choses pour lesquelles, s'agissant du Sud-Est asiatique, Singapour, nouvelle forteresse économique, se révéla et s'avère encore un partenaire essentiel... qui persiste à tenir tête.
Malgré cela, les velléités d'insubordination et d'émancipation ont continué à se manifester parmi ces pays pourtant largement engagés dans le grand tourbillon de la mondialisation des échanges, des technologies et des valeurs. Parmi eux, un pays soumis à un régime et dirigé par un général tous deux formidablement corrompus et ayant depuis leur instauration officielle en 1967 — après la mise au rancart de Sukarno — toujours collaboré avec l'Occident et en particulier les États-Unis: l'Indonésie de l'Ordre Nouveau et du général Suharto.
Dans l'ensemble du Sud-Est asiatique, Malaysia comprise, de tels soubresauts avaient tendance à se multiplier; tout particulièrement lors de la course au développement, alors que les moyens choisis pour y parvenir, ce qui comprend l'ouverture tous azimuts au marché mondial, commençaient à entraîner des conséquences intolérables, notamment au plan environnemental.
C'est dans ce contexte que survint la crise financière asiatique, amorcée au Japon au début des années 90 et ayant atteint en 1997 plusieurs pays de la région, dont, précisément le grand archipel indonésien. Ce sont d'ailleurs les Indonésiens, en particulier les pauvres parmi eux, qui ont le plus souffert de cette crise, dont leur pays ne s'est pas encore remis.
L'après-11 septembre: une aubaine
Il peut sembler cynique de le reconnaître, mais il semble bien que, à la suite des attentats terroristes du 11 septembre 2001, perpétrés contre leur population et leur territoire, les États-Unis ont trouvé de nouvelles occasions pour se repositionner dans l'ensemble du domaine asiatique, et en particulier dans cette Asie orientale.
En premier lieu, à tout seigneur tout honneur: la Chine, dont le poids dans le présent et surtout pour l'avenir du monde est considérable. Ainsi, pour les États-Unis, qui se sont octroyé la responsabilité de gérer la mondialisation, il importe de policer cette Chine, ou en tout cas d'en donner l'impression. Pour ce faire, il est utile de maintenir une psychose autour de la question de Taïwan, psychose largement créée par les Américains eux-mêmes, les Taïwanais étant plus occupés à faire des affaires d'or avec la Chine que préoccupés par une hypothétique menace militaire provenant de ladite poule aux oeufs d'or.
Quant aux difficultés de gestion financière éprouvées par le Japon, ce puissant partenaire-rival dans le champ économique, elles ne peuvent qu'arranger l'Amérique, à condition bien sûr que de telles difficultés ne s'accentuent pas trop. D'ailleurs, pour le moment, cela permet aux entreprises occidentales de tenter de rattraper l'énorme retard qu'elles ont pris sur le marché du géant chinois derrière le Japon et Taïwan.
Dans le Sud-Est asiatique même, les Américains ont aussi besoin de se replacer, eux qui ont été chassés du Vietnam et remerciés par les Philippins. Dans ce dernier pays, la contribution américaine à la chasse aux présumés terroristes du groupe d'Abou Sayaf — en réalité de vulgaires voyous — leur en fournit le prétexte.
Enfin l'Indonésie, elle, a d'abord eu droit, dès avant mais surtout depuis la chute de Suharto en 1998, aux interventions massives de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, visant, certes, à l'aider à sortir de sa crise financière, mais avant tout à la rendre plus docile aux canons — à tous les canons — de la mondialisation.
Il s'agissait, en réalité, de gérer tant sa croissance que la dévastation des ressources et de l'environnement, mais non en stoppant ni même en ralentissant cette dévastation. Après le 11 septembre, cette gérance a été «bonifiée» au plan militaire, diverses forces spéciales américaines conseillant les militaires indonésiens dans leur prétendue lutte au terrorisme, en réalité la répression du banditisme et de divers mouvements de revendication régionale, notamment dans la province sumatranaise d'Aceh, fief de la grande pétrolière Mobil...
Même Mahathir, le premier ministre de la Malaysia, lui qui s'était fait un devoir depuis plus de vingt ans de vilipender les pays industriels, quels qu'il soient, est devenu un chantre de la collaboration avec les Américains, épousant leur discours et accusant l'opposition islamique d'islamisme et donc de collaboration avec le terrorisme...
Une nouvelle dynamique de l'arbitraire?
Après la Deuxième Guerre mondiale, et jusqu'à la toute fin des années 1980, la lutte contre le communisme a représenté l'un des moteurs fondamentaux de l'évolution du monde et a conditionné les relations entre les pays industriels, États-Unis en tête, et leurs partenaires du Tiers Monde.
L'agitation de l'épouvantail communiste a servi à justifier de multiples initiatives et interventions pernicieuses, ralentissant singulièrement le développement de la démocratie. Il est à craindre qu'en agitant l'épouvantail terroriste, quitte à susciter le terrorisme réel à l'occasion, ces mêmes États-Unis, qui avaient tant fait pour protéger la démocratie à l'occasion et à la suite de la Deuxième Guerre mondiale, la paralysent à nouveau, à l'échelle planétaire.
Est-ce vraiment la voie à suivre, même si elle permet de maintenir en action la machine de guerre et à détourner l'attention loin des véritables problèmes du monde?
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