Chaud, chaud, l'automne?
Bernard Descôteaux
9 août 2005
Les vacances sont terminées pour Jean Charest. Profitant des assises annuelles de la Commission-Jeunesse du Parti libéral du Québec, le premier ministre en a profité dimanche pour nous rappeler qu'un affrontement se prépare entre les syndicats du secteur public et le gouvernement. Si de part et d'autre les positions sont fermes, le pire n'est pas sûr. Du moins pas encore.
L'affrontement n'est pour l'instant que verbal. Devant les menaces syndicales — ce sera le bordel dans les garderies et dans les écoles à la rentrée, prédisaient en juin aussi bien la CSN que la CSQ —, le premier ministre se devait de répliquer. Il n'achètera pas la paix avec les syndicats et n'offrira pas plus que les trois milliards qui sont déjà sur la table et qui équivalent à 12,6 % d'augmentation sur six ans. Point à la ligne.
De l'argent, le gouvernement du Québec n'en a pas... ou bien peu. Cela, les syndicats le savent bien malgré des demandes initiales excessives visant, pour une bonne part, à établir un rapport de force. La partie syndicale sera d'ailleurs la première à reconnaître qu'il ne servirait à rien de décrocher la lune pour se la voir retirer par la suite, comme le leur rappelait M. Charest en évoquant la crise survenue en 1981. Néanmoins, leur objectif, légitime, demeure d'obtenir mieux que ce qui est sur la table, ce à quoi ils croient possible d'arriver en raison de l'impopularité du gouvernement libéral.
Cette impopularité fait certes partie de la toile de fond de la négociation, mais pourrait avoir l'effet inverse à celui recherché par les syndicats. Dans son discours devant les jeunes libéraux, M. Charest ne cherchait d'ailleurs rien d'autre que de retourner la situation en se posant comme le défenseur du bien commun face aux nantis du secteur public dont l'«emploi garanti, les bonnes conditions de travail» ne se comparent pas à ce que vivent les autres travailleurs québécois soumis «à la farouche concurrence internationale».
Ce discours a été reçu comme une déclaration de guerre par les syndicats. Pourtant, ils savent depuis longtemps que cette négociation sera difficile. Dès son arrivée à la tête du Parti libéral, Jean Charest indiquait que ces derniers ne seraient pas les partenaires qu'ils pouvaient être pour les gouvernements péquistes, ce qui serait d'ailleurs impossible puisqu'il n'y a pas entre eux de vision commune du développement de la société québécoise.
De fait, il n'y a pas que l'argent et les conditions de travail qui sont en jeu dans cette négociation. Il y a tout ce qui relève de ces «grands bonds en avant» que le gouvernement Charest veut faire franchir à l'État québécois. Or, en ce domaine, les libéraux avancent sur un terrain fragile. Ce qui est perçu comme une volonté de leur part de démembrer l'État québécois demeure l'une des causes de leur impopularité, d'où la bataille syndicale contre les PPP, en santé comme ailleurs.
Dans la partie de bras de fer qui se joue, rien n'est définitivement arrêté. On est encore dans la période de réchauffement où chacun cherche à prendre la mesure de l'autre. C'est lorsque les deux parties se reverront à la table de négociation que l'on pourra voir la distance réelle qui les sépare. À cet égard, de part et d'autre, on sait qu'un règlement négocié vaut toujours mieux qu'un règlement imposé par une loi spéciale. On ne tardera pas à savoir si des compromis sont possibles, ou si l'automne sera chaud ou très chaud.
L'affrontement n'est pour l'instant que verbal. Devant les menaces syndicales — ce sera le bordel dans les garderies et dans les écoles à la rentrée, prédisaient en juin aussi bien la CSN que la CSQ —, le premier ministre se devait de répliquer. Il n'achètera pas la paix avec les syndicats et n'offrira pas plus que les trois milliards qui sont déjà sur la table et qui équivalent à 12,6 % d'augmentation sur six ans. Point à la ligne.
De l'argent, le gouvernement du Québec n'en a pas... ou bien peu. Cela, les syndicats le savent bien malgré des demandes initiales excessives visant, pour une bonne part, à établir un rapport de force. La partie syndicale sera d'ailleurs la première à reconnaître qu'il ne servirait à rien de décrocher la lune pour se la voir retirer par la suite, comme le leur rappelait M. Charest en évoquant la crise survenue en 1981. Néanmoins, leur objectif, légitime, demeure d'obtenir mieux que ce qui est sur la table, ce à quoi ils croient possible d'arriver en raison de l'impopularité du gouvernement libéral.
Cette impopularité fait certes partie de la toile de fond de la négociation, mais pourrait avoir l'effet inverse à celui recherché par les syndicats. Dans son discours devant les jeunes libéraux, M. Charest ne cherchait d'ailleurs rien d'autre que de retourner la situation en se posant comme le défenseur du bien commun face aux nantis du secteur public dont l'«emploi garanti, les bonnes conditions de travail» ne se comparent pas à ce que vivent les autres travailleurs québécois soumis «à la farouche concurrence internationale».
Ce discours a été reçu comme une déclaration de guerre par les syndicats. Pourtant, ils savent depuis longtemps que cette négociation sera difficile. Dès son arrivée à la tête du Parti libéral, Jean Charest indiquait que ces derniers ne seraient pas les partenaires qu'ils pouvaient être pour les gouvernements péquistes, ce qui serait d'ailleurs impossible puisqu'il n'y a pas entre eux de vision commune du développement de la société québécoise.
De fait, il n'y a pas que l'argent et les conditions de travail qui sont en jeu dans cette négociation. Il y a tout ce qui relève de ces «grands bonds en avant» que le gouvernement Charest veut faire franchir à l'État québécois. Or, en ce domaine, les libéraux avancent sur un terrain fragile. Ce qui est perçu comme une volonté de leur part de démembrer l'État québécois demeure l'une des causes de leur impopularité, d'où la bataille syndicale contre les PPP, en santé comme ailleurs.
Dans la partie de bras de fer qui se joue, rien n'est définitivement arrêté. On est encore dans la période de réchauffement où chacun cherche à prendre la mesure de l'autre. C'est lorsque les deux parties se reverront à la table de négociation que l'on pourra voir la distance réelle qui les sépare. À cet égard, de part et d'autre, on sait qu'un règlement négocié vaut toujours mieux qu'un règlement imposé par une loi spéciale. On ne tardera pas à savoir si des compromis sont possibles, ou si l'automne sera chaud ou très chaud.
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