Tir groupé de Bush
Serge Truffaut
9 septembre 2002
L'offensive politique que le président Bush et ses proches ont articulée pour convaincre sceptiques et adversaires qu'il faut déloger Saddam Hussein relève du tir groupé. À la fois massive et méticuleusement préparée, la campagne en cours va obliger tout un chacun à faire son lit sur la question. Et ce, dans les jours qui viennent.
Au cours de la semaine écoulée, pas un couac sur le dossier irakien, à une exception près, n'a été constaté. Tout a débuté, au lendemain de la Fête du travail, par cette danse toute en séduction que Bush a orchestrée afin d'assoupir les membres du Congrès qui ne veulent rien entendre d'une attaque militaire. Après avoir exposé, preuves dit-on à l'appui, le plan qu'il entend poursuivre Bush a gagné une manche: certains opposants, démocrates comme républicains, ont baissé la garde. Après coup, il a obtenu l'adhésion aveugle du premier ministre Blair de qui on aurait attendu certaines divergences lorsqu'on sait combien les membres de son propre cabinet et de son parti répètent et martèlent que l'usage de la diplomatie doit avoir préséance sur le recours aux armes. L'exception? Le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld a remis à plus tard la publication d'un texte qui devait paraître dans l'édition d'hier du Washington Post. Dans ce texte, le faucon qu'est Rumsfeld défend la thèse de la frappe unilatérale et préventive. Reprenons.
Ainsi donc, sur le front intérieur Bush a rencontré les leaders du Congrès pour les convertir à sa cause et surtout pour les forcer à voter une résolution sur le sujet d'ici au début du prochain mois. Ainsi, il est quasi assuré que les débats qui auront cours ici et là aux États-Unis en vue des législatives de novembre se conjugueront presque tous avec Irak et non avec l'économie comme l'aurait souhaité Tom Daschle, leader des sénateurs démocrates.
Après les élus américains, le président Bush a eu ce tête-à-tête avec Tony Blair. En cette histoire, il y a quelque chose de curieux. Comment se fait-il que Blair se range aussi fermement derrière les vues de Bush, lorsqu'on sait que plusieurs membres de son cabinet alliés aux barons du Parti travailliste ne cachent pas être excédés de voir leur patron agir comme une marionnette, le mot leur appartient, au risque de s'aliéner les alliés immédiats, soit les Européens. Toujours est-il que Blair a poussé le bouchon jusqu'à déclarer hier sur les ondes de la BBC que la Grande-Bretagne devait être prête à payer de son sang, si elle veut conserver les liens privilégiés qu'elle entretient avec les États-Unis.
Après les sénateurs et Tony Blair, le président Bush va essayer de mettre les Européens, les Asiatiques et les Russes au pied du mur. Grosso modo, la position de ces derniers est la suivante: tant et aussi longtemps qu'on n'aura pas la preuve que Hussein dispose de la bombe nucléaire, et elle seule, il est important de le souligner, il n'est pas question de s'embarquer dans une telle aventure. Et encore là, à la condition expresse que le tout soit mené dans le respect du droit international. En clair, toute proposition doit être déposée et acceptée par le Conseil de sécurité de l'ONU.
À cet égard, le patron de la Maison-Blanche va dès cette semaine user de la carte juridique lors du discours qu'il va prononcer cette semaine à l'ONU. Tout un chacun s'attend à ce que lors de son intervention Bush se fasse l'avocat de la politique suivante: modifier les accords de cessez-le-feu signés par Hussein en 1991, soit aux lendemains de la Guerre du Golfe, de manière à ce qu'ils soient plus coercitifs. Comment cela? L'inspection des arsenaux irakiens devrait se faire dans tous les azimuts et avec le soutien de forces militaires. À ce propos, c'est un secret de Polichinelle que Hussein joue depuis des lunes au chat et à la souris pour mieux poursuivre, entre autres choses, son programme nucléaire.
Afin de convaincre les opposants, au premier chef les Européens, du bien-fondé de leur cause les Américains entendent renverser la vapeur de manière à faire comprendre à tout un chacun que le fardeau de la preuve est bel et bien sur les épaules de Hussein. C'est à lui de démontrer que la destruction des arsenaux a bel et bien été accomplie.
Dans cette optique, Washington par Londres interposé va saisir le Conseil de sécurité restreint d'une résolution dont le but consistera au fond à faire la démonstration que Bagdad n'a pas respecté sa parole. Il va sans dire que la semaine qui s'amorce sera cruciale pour la suite des événements.
Au cours de la semaine écoulée, pas un couac sur le dossier irakien, à une exception près, n'a été constaté. Tout a débuté, au lendemain de la Fête du travail, par cette danse toute en séduction que Bush a orchestrée afin d'assoupir les membres du Congrès qui ne veulent rien entendre d'une attaque militaire. Après avoir exposé, preuves dit-on à l'appui, le plan qu'il entend poursuivre Bush a gagné une manche: certains opposants, démocrates comme républicains, ont baissé la garde. Après coup, il a obtenu l'adhésion aveugle du premier ministre Blair de qui on aurait attendu certaines divergences lorsqu'on sait combien les membres de son propre cabinet et de son parti répètent et martèlent que l'usage de la diplomatie doit avoir préséance sur le recours aux armes. L'exception? Le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld a remis à plus tard la publication d'un texte qui devait paraître dans l'édition d'hier du Washington Post. Dans ce texte, le faucon qu'est Rumsfeld défend la thèse de la frappe unilatérale et préventive. Reprenons.
Ainsi donc, sur le front intérieur Bush a rencontré les leaders du Congrès pour les convertir à sa cause et surtout pour les forcer à voter une résolution sur le sujet d'ici au début du prochain mois. Ainsi, il est quasi assuré que les débats qui auront cours ici et là aux États-Unis en vue des législatives de novembre se conjugueront presque tous avec Irak et non avec l'économie comme l'aurait souhaité Tom Daschle, leader des sénateurs démocrates.
Après les élus américains, le président Bush a eu ce tête-à-tête avec Tony Blair. En cette histoire, il y a quelque chose de curieux. Comment se fait-il que Blair se range aussi fermement derrière les vues de Bush, lorsqu'on sait que plusieurs membres de son cabinet alliés aux barons du Parti travailliste ne cachent pas être excédés de voir leur patron agir comme une marionnette, le mot leur appartient, au risque de s'aliéner les alliés immédiats, soit les Européens. Toujours est-il que Blair a poussé le bouchon jusqu'à déclarer hier sur les ondes de la BBC que la Grande-Bretagne devait être prête à payer de son sang, si elle veut conserver les liens privilégiés qu'elle entretient avec les États-Unis.
Après les sénateurs et Tony Blair, le président Bush va essayer de mettre les Européens, les Asiatiques et les Russes au pied du mur. Grosso modo, la position de ces derniers est la suivante: tant et aussi longtemps qu'on n'aura pas la preuve que Hussein dispose de la bombe nucléaire, et elle seule, il est important de le souligner, il n'est pas question de s'embarquer dans une telle aventure. Et encore là, à la condition expresse que le tout soit mené dans le respect du droit international. En clair, toute proposition doit être déposée et acceptée par le Conseil de sécurité de l'ONU.
À cet égard, le patron de la Maison-Blanche va dès cette semaine user de la carte juridique lors du discours qu'il va prononcer cette semaine à l'ONU. Tout un chacun s'attend à ce que lors de son intervention Bush se fasse l'avocat de la politique suivante: modifier les accords de cessez-le-feu signés par Hussein en 1991, soit aux lendemains de la Guerre du Golfe, de manière à ce qu'ils soient plus coercitifs. Comment cela? L'inspection des arsenaux irakiens devrait se faire dans tous les azimuts et avec le soutien de forces militaires. À ce propos, c'est un secret de Polichinelle que Hussein joue depuis des lunes au chat et à la souris pour mieux poursuivre, entre autres choses, son programme nucléaire.
Afin de convaincre les opposants, au premier chef les Européens, du bien-fondé de leur cause les Américains entendent renverser la vapeur de manière à faire comprendre à tout un chacun que le fardeau de la preuve est bel et bien sur les épaules de Hussein. C'est à lui de démontrer que la destruction des arsenaux a bel et bien été accomplie.
Dans cette optique, Washington par Londres interposé va saisir le Conseil de sécurité restreint d'une résolution dont le but consistera au fond à faire la démonstration que Bagdad n'a pas respecté sa parole. Il va sans dire que la semaine qui s'amorce sera cruciale pour la suite des événements.
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