Cart@gène fait des émules
Pauline Gravel
7 septembre 2002
Le projet québécois Cart@gène, qui prévoit de constituer une banque d'ADN de la population québécoise, a désormais de sérieux émules qui prennent présentement leur envol. Alors que Cart@gène attend toujours le financement nécessaire à sa mise en branle, en Estonie et au Royaume-Uni, des projets-pilotes et des consultations publiques ont déjà été effectués et ont donné le coup d'envoi de ces mégaprojets scientifiques qui devraient avoir de nombreuses retombées positives sur les soins de santé.
Des scientifiques estoniens et britanniques ont été invités à décrire leur projet respectif dans le cadre d'un congrès international sur l'échantillonnage d'ADN qui se tient ces jours-ci à Montréal.
En Estonie comme au Royaume-Uni, le recrutement des participants se fera par l'intermédiaire des médecins de famille, qui inviteront leurs patients à participer à la constitution d'une banque génétique nationale. Les échantillons d'ADN qui seront recueillis s'accompagneront bien sûr d'informations sur l'état de santé des sujets qui se seront portés volontaires.
Les promoteurs du projet estonien espèrent ainsi rassembler les données génétiques et médicales d'un million de leurs concitoyens — soit environ les 3/4 de la population — dans le but de découvrir des gènes qui seraient associés à certaines maladies complexes comme le cancer ou le diabète.
Le Parlement estonien a même adopté une loi qui définit les cadres éthiques qui devront prévaloir lors de la collecte et de l'utilisation des données de l'Estonian Genome Project. La mise en oeuvre du projet sera assurée par un partenariat public-privé entre l'Estonian Genome Project Foundation, un organisme sans but lucratif créé par le gouvernement estonien, qui sera propriétaire de la banque et veillera à son entreposage, et Egeen, une entreprise privée qui détiendra une licence exclusive sur la banque et devra financer le projet.
En Grande-Bretagne, on prévoit recruter 500 000 volontaires âgés entre 45 et 69 ans sur lesquels seront colligées des informations concernant leur santé, leur environnement et leur style de vie, et chez lesquels on prélèvera des échantillons d'ADN. Ces participants seront suivis pendant plus de 10 ans.
La constitution de cette banque vise avant tout le dépistage de gènes susceptibles d'induire l'apparition de certaines maladies multifactorielles, comme le cancer et l'hypertension, précise le généticien Claude Laberge, co-organisateur du congrès.
Appelé Biobank, le projet britannique est une initiative commune du Medical Research Council — un organisme public —, du Wellcome Trust — une organisation de charité — et du ministère de la Santé.
«Contrairement à ces deux projets, la raison d'être de Cart@gène n'est pas la recherche de nouveaux gènes», précise Claude Laberge, directeur du Réseau de médecine génétique appliquée et principal protagoniste du projet québécois. «Cart@gène nous renseignera plutôt sur la distribution au sein de la population québécoise des gènes de susceptibilité [à une maladie] qui seront découverts par tous les chercheurs du monde.
«Les données sur l'histoire médicale des participants, sur l'environnement dans lequel ils évoluent, sur leur mode de vie, leur statut socio-économique et leur génome devraient par ailleurs nous indiquer pourquoi certains porteurs de ces gènes ne développent pas la maladie à laquelle ils sont prédisposés. Si aucun facteur environnemental ne semble intervenir, on passera au crible leur génome afin d'identifier des gènes protecteurs.»
Le Dr Laberge rappelle également que les 50 000 participants (soit 1 % de la population québécoise) au projet Cart@gène seront choisis de façon complètement aléatoire et qu'ils devront être âgés entre 18 et 68 ans.
Génome Québec et le ministère de la Recherche, de la Science et de la Technologie planifient actuellement un montage financier qui devrait permettre de démarrer Cart@gène, affirme le chercheur. Le projet s'étalera toutefois sur cinq ans au lieu de trois, comme prévu précédemment. Dans un premier temps, il est prévu de procéder à une consultation publique ainsi qu'à la création d'un jury de citoyens et d'un institut indépendant chargé d'encadrer le déroulement du projet. Le recrutement des participants ne devrait débuter qu'au terme de la première année de financement.
Des scientifiques estoniens et britanniques ont été invités à décrire leur projet respectif dans le cadre d'un congrès international sur l'échantillonnage d'ADN qui se tient ces jours-ci à Montréal.
En Estonie comme au Royaume-Uni, le recrutement des participants se fera par l'intermédiaire des médecins de famille, qui inviteront leurs patients à participer à la constitution d'une banque génétique nationale. Les échantillons d'ADN qui seront recueillis s'accompagneront bien sûr d'informations sur l'état de santé des sujets qui se seront portés volontaires.
Les promoteurs du projet estonien espèrent ainsi rassembler les données génétiques et médicales d'un million de leurs concitoyens — soit environ les 3/4 de la population — dans le but de découvrir des gènes qui seraient associés à certaines maladies complexes comme le cancer ou le diabète.
Le Parlement estonien a même adopté une loi qui définit les cadres éthiques qui devront prévaloir lors de la collecte et de l'utilisation des données de l'Estonian Genome Project. La mise en oeuvre du projet sera assurée par un partenariat public-privé entre l'Estonian Genome Project Foundation, un organisme sans but lucratif créé par le gouvernement estonien, qui sera propriétaire de la banque et veillera à son entreposage, et Egeen, une entreprise privée qui détiendra une licence exclusive sur la banque et devra financer le projet.
En Grande-Bretagne, on prévoit recruter 500 000 volontaires âgés entre 45 et 69 ans sur lesquels seront colligées des informations concernant leur santé, leur environnement et leur style de vie, et chez lesquels on prélèvera des échantillons d'ADN. Ces participants seront suivis pendant plus de 10 ans.
La constitution de cette banque vise avant tout le dépistage de gènes susceptibles d'induire l'apparition de certaines maladies multifactorielles, comme le cancer et l'hypertension, précise le généticien Claude Laberge, co-organisateur du congrès.
Appelé Biobank, le projet britannique est une initiative commune du Medical Research Council — un organisme public —, du Wellcome Trust — une organisation de charité — et du ministère de la Santé.
«Contrairement à ces deux projets, la raison d'être de Cart@gène n'est pas la recherche de nouveaux gènes», précise Claude Laberge, directeur du Réseau de médecine génétique appliquée et principal protagoniste du projet québécois. «Cart@gène nous renseignera plutôt sur la distribution au sein de la population québécoise des gènes de susceptibilité [à une maladie] qui seront découverts par tous les chercheurs du monde.
«Les données sur l'histoire médicale des participants, sur l'environnement dans lequel ils évoluent, sur leur mode de vie, leur statut socio-économique et leur génome devraient par ailleurs nous indiquer pourquoi certains porteurs de ces gènes ne développent pas la maladie à laquelle ils sont prédisposés. Si aucun facteur environnemental ne semble intervenir, on passera au crible leur génome afin d'identifier des gènes protecteurs.»
Le Dr Laberge rappelle également que les 50 000 participants (soit 1 % de la population québécoise) au projet Cart@gène seront choisis de façon complètement aléatoire et qu'ils devront être âgés entre 18 et 68 ans.
Génome Québec et le ministère de la Recherche, de la Science et de la Technologie planifient actuellement un montage financier qui devrait permettre de démarrer Cart@gène, affirme le chercheur. Le projet s'étalera toutefois sur cinq ans au lieu de trois, comme prévu précédemment. Dans un premier temps, il est prévu de procéder à une consultation publique ainsi qu'à la création d'un jury de citoyens et d'un institut indépendant chargé d'encadrer le déroulement du projet. Le recrutement des participants ne devrait débuter qu'au terme de la première année de financement.
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