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Montréal 2005 - Un relais en argent pour le Canada

Michael Phelps rate le 400 m à l’ouverture des épreuves de natation

Guillaume Bourgault-Côté   25 juillet 2005 
L’équipe canadienne de relais.
Photo : Pascal Ratthé
L’équipe canadienne de relais.
Le Canada n’aura pas pris de temps à faire oublier sa déconvenue athénienne, alors que l’équipe de natation n’était monté sur aucun podium: hier, dans une piscine éclairée des reflets d’un soleil déclinant, et devant une foule qui valait bien un cinquième nageur par la force de ses cris, Yannick Lupien, Rick Say, Mike Mintenko et Brent Hayden ont réussi ce qu’aucune autre équipe de relais canadienne n’avait accompli avant eux, soit l’obtention de l’argent au 4X 100 mètres style libre lors de championnats mondiaux. Seuls les Américains les ont devancés, hier.

Ils se sont présentés sur le bord de la piscine avec des chandails du Canadien sur le dos: les milliers de spectateurs réunis au stade ovationnaient déjà ce clin d’oeil au sport national retrouvé cette semaine. L’idée était de Pierre Lafontaine, le nouveau patron de Natation Canada, qui n’a visiblement pas tardé à imprimer son dynamisme et sa marque d’excellence à l’équipe. Bref, avant même de commencer, la dernière course de la première journée des épreuves de natation de Montréal 2005 s’annonçait intéressante.
Et elle le fut. Bien sûr, les États-Unis étaient dans une classe à part. Quand on a Michael Phelps dans son équipe, ça donne un petit avantage (quoique Phelps a connu une drôle de journée, avec des ratés au 400 m style libre). Et quand le deuxième nageur d’un relais réalise un temps de 47,70 secondes pour faire 100 m (Neil Walker), ce qui est moins que le record du monde, ça donne définitivement un bon coup de pouce. Les Américains ont donc complété l’épreuve en 3min13:77, un record des Championnats. Le relais était disputé en l’absence des Sud-Africains, très surprenants vainqueurs à Athènes, et de quelques autres gros joueurs.
Les Américains, loin devant, donc. Mais derrière, ça bataillait ferme. Plus ou moins bien positionné après le premier relais (celui de Yannick Lupien), le Canada a peu à peu remonté la pente pour passer de la cinquième à la deuxième place et venir toucher la plaque avant les Australiens, en 3min16:44. C’était la deuxième fois de la journée que le record canadien de la distance et du format était abaissé. Déjà, en qualifications, le Canada avait réussi le deuxième meilleur chrono derrière les États-Unis.
Yannick Lupien donnait l’impression de flotter après la course. «C’est ma 10e année avec l’équipe nationale et c’est ma première médaille, et elle n’est pas en bronze mais en argent. C’est plus qu’espéré», racontait-il. «Je n’avais jamais fait de compétition devant du monde comme ça. Les fans étaient là et on entendait très bien leurs cris.»
Faisant référence à l’ambiance moribonde qui régnait du temps de l’ancien entraîneur Dave Johnson, Lupien a souligné hier l’esprit d’équipe du relais. «Avant, l’esprit d’équipe n’était pas mauvais, il était tout simplement inexistant.» Heureux, Rick Say confirmait: «On ne s’attendait pas à ça après ce qui s’est passé à Athènes».
Et ce ne fut pas là le seul bon résultat canadien de la journée. Au 400 m style libre chez les femmes, la Française Laure Manaudou (18 ans), victorieuse à Athènes, l’a emporté facilement, malgré des difficultés éprouvées en qualifications. Elle a obtenu la dernière place disponible pour la finale. Et, surprise, c’est la Canadienne Brittany Reimer, 17 ans, qui a réussi le meilleur temps, en 4min08:28. Ce résultat abaissait déjà sa propre marque canadienne: elle en a remis en finale, terminant quatrième et réalisant un chrono de 4min07:32, à sept centièmes du podium.
Rapide, la piscine de l’île Sainte-Hélène a aussi vu le Sud-Africain Roland Schoeman battre un record du monde au 50 m papillon, en 23,01 secondes. Quatre records des Championnats ont au total été établis à l’occasion des six premières finales.

Phelps rate son entrée
Mais à l’inverse, en matinée, l’eau de Montréal n’a pas semblé faire beaucoup d’effet au grand Michael Phelps, qui s’est montré tout petit lors de son entrée en scène. Alors qu’on l’attendait comme LA vedette de ces Championnats du monde, l’Américain a complètement loupé le premier grand affrontement des épreuves de natation en ne réussissant pas à se qualifier pour la finale du 400 m style libre, qu’aura remporté sans effort excessif l’Australien Grant Hackett.
Phelps n’est même pas passé proche: il a terminé 18e sur 58, et avant-dernier de sa vague. Sans Phelps et sans Ian Thorpe, spécialiste absolu de la distance, son compatriote Grant Hackett avait l’or au cou avant même le début de la finale. Il n’a pris aucune chance, restant premier de bout en bout. Le Russe Yuri Prilukov remporte l’argent et le Tunisien Oussama Mellouli, le bronze. Imbattable au 1500 m, Hackett triomphe donc après avoir remporté trois médailles d’argent sur 400 m lors des précédents Championnats du monde (1998, 2001, 2003), chaque fois derrière Thorpe.
À sa décharge, il faut dire qu’il s’agissait pour Phelps d’une première tentative au 400 m en compétition internationale. L’athlète a choisi de laisser tomber à Montréal les courses du 200 m papillon et du 400 m quatre nages, qui lui ont valu deux médailles d’or à Athènes, ceci afin de tenter de nouvelles expériences. Explications du nageur de Baltimore: «Ce n’est pas de cette façon que je voulais entreprendre les Championnats, a dit Phelps, huit fois médaillé à Athènes. Je suis très déçu. Je me sentais bien pendant l’échauffement. Mais je n’étais pas prêt.»

Achalandage
Côté fréquentation, la première journée des épreuves de natation a donné de bons résultats, avec environ les deux tiers des 11 000 places occupées. Sans faire de bilan de la première semaine, les organisateurs disaient hier que les «choses vont bien», mais «qu’il reste encore beaucoup de travail». La plupart des gens achètent ainsi leurs billets «la veille pour le lendemain», ce qui ne permet pas d’établir de projection précise, d’autant que la température, pour l’instant parfaite, joue pour beaucoup dans la décision de venir ou pas.
Les épreuves de plongeon — qui se terminaient hier — ont été populaires, grâce entre autres à la présence des Québécois. Selon M. Prieur, quatre des huit finales ont ainsi fait salle comble (4500 personnes) tandis que les autres n’était pas loin de l’être. Au water-polo, qui se poursuit jusqu’à samedi, c’est encore erratique, mais les compétitions entrent à peine dans la phase éliminatoire. Les épreuves de nage synchronisée se sont quant à elles déroulées devant des foules modestes au départ, puis de plus en plus nombreuses ensuite. La finale en équipe, présentée avant-hier, a attiré 8000 personnes, soit le maximum possible.
 
 
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