Sondage Léger Marketing - Le Devoir - TVA - The Globe and Mail - Dumont, chef rêvé - Charest, chef largué
Il ne peut y avoir plus grande opposition: Mario Dumont, comme chef de l'Action démocratique du Québec, satisfait 80 % des Québécois. Jean Charest, à la tête du Parti libéral du Québec, en déçoit 60 %. Même les libéraux sont plus satisfaits de Mario Dumont comme chef de son parti (à 69 %) qu'ils ne le sont de M. Charest à la tête du leur (57 % d'appuis)!
Ces données, tirées de la deuxième tranche du sondage Léger Marketing-Le Devoir-TVA-The Globe and Mail, démontrent que, si la popularité de Mario Dumont ne se dément pas, celle de Jean Charest ne cesse de perdre des plumes. Le sondage a été mené entre le 27 août et le 1er septembre auprès de 1010 répondants, pour une marge d'erreur maximale de 3,1 %, 19 fois sur 20.
«Une satisfaction de 80 % à l'égard de Mario Dumont, et de 84 % des francophones, c'est plus élevé que Lucien Bouchard à son meilleur!», fait remarquer le président de Léger Marketing, Jean-Marc Léger.
Cette dynamique politique, absolument inusitée au Québec, transcende les partis, poursuit le sondeur. Normalement, les partisans d'un parti se montrent largement insatisfaits des performances de l'adversaire. Mario Dumont, lui, réussit bien aux yeux de 69 % des libéraux et de 80 % des péquistes. Chez les adéquistes, c'est le délire: 95 % sont contents de leur chef. En fait, le taux de satisfaction de 80 % affiché par l'ensemble des répondants à l'égard de Mario Dumont, chef de parti, est le double du taux enregistré par le premier ministre péquiste Bernard Landry (40 %). Surtout, il est presque trois fois plus élevé que celui de 32 % exprimé à l'égard du chef libéral Jean Charest.
Il s'ensuit que les Québécois voient très bien Mario Dumont en premier ministre: 43 % des répondants croient qu'il serait meilleur que MM. Charest ou Landry. À lui seul, Mario Dumont fait même mieux que ses deux adversaires réunis, qui ont chacun 20 % d'appuis.
L'écart est encore plus grand chez les francophones, puisque 48 % d'entre eux considèrent qu'il est le meilleur premier ministre possible pour le Québec. Bernard Landry suit loin derrière avec 23 % d'appuis et Jean Charest ferme la marche avec 14 %.
Bernard Landry peut toutefois se consoler en se disant qu'avec un taux de satisfaction de 40 % pour sa performance comme premier ministre, il est plus populaire que son gouvernement (qui enregistre un taux de 38 %). «Il n'est pas un boulet pour son parti et ses appuis se sont stabilisés depuis ce printemps», note Jean-Marc Léger.
Mais pour Jean Charest, la situation empire: il a encore perdu des plumes cet été, même auprès de ses partisans. En fait, 62 % des francophones, 48 % des non-francophones et plus du tiers des libéraux se disent insatisfaits de la performance de M. Charest comme chef du PLQ. Seuls 57 % des libéraux s'en disent satisfaits, alors que 76 % des péquistes et, on l'a vu plus haut, 95 % des adéquistes sont contents de leur chef.
Pourtant, près de la moitié des répondants (49 %) veulent que M. Charest reste à la tête du PLQ, et 70 % des partisans libéraux sont de cet avis. C'est faute de remplaçant crédible, note Jean-Marc Léger. «Si Jean Charest est encore là, c'est qu'il n'y a pas de Paul Martin qui lui souffle dans le dos», résume-t-il.
S'il partait, certains opteraient pour la ministre fédérale Liza Frulla, d'autres pour son collègue Pierre Pettigrew ou le député du PLQ Pierre Paradis. Mais avec 17 % d'appuis pour la première et 14 % pour chacun des deux autres, il n'y a pas là d'engouement généralisé.
En fait, 28 % des Québécois, et 34 % des libéraux!, ont été incapables de se prononcer sur un remplaçant éventuel à Jean Charest. Même les répondants péquistes et adéquistes étaient moins hésitants que les partisans du PLQ à trouver un nouveau chef pour le Parti libéral!
Dans la même veine, la moitié des répondants croient que Bernard Landry doit rester chef du PQ. Mais s'il part, les électeurs voient mieux qui pourrait lui succéder. La ministre Pauline Marois domine largement le peloton, avec 34 % d'appuis dans la population — 38 % chez les francophones et 44 % chez les péquistes. Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, et le ministre québécois de la Santé, François Legault, suivent avec 16 % et 14 % d'appuis. Seuls 14 % des répondants ne se sont pas prononcés.
Le sondage Léger Marketing envoie toutefois des messages de prudence à l'ADQ. Si 46 % des répondants souhaitent que ce parti forme le prochain gouvernement, on en trouve toutefois presque autant, 44 %, qui ne le veulent pas. Cet écart de deux points est faible, comparativement aux 10 points qui divisaient les deux camps en juin.
Il y a là un début de réflexion, note M. Léger. Ainsi, en juin, 58 % des francophones souhaitaient un gouvernement adéquiste. Deux mois plus tard, la proportion a baissé à 51 %. «Individuellement, les gens veulent voter ADQ pour se défouler, dit le sondeur. Avec cette question, on mesure ce que les gens souhaitent pour la collectivité.»
D'ailleurs, les partisans du Parti québécois semblent se ressaisir un peu. En juin, 39 % voulaient un gouvernement adéquiste. Fin août, ils ne sont plus que 27 % à avoir cette opinion.
Il y a néanmoins clairement une lutte à trois qui se joue. Et c'est là un phénomène unique dans l'histoire du Québec, rappelle Jean-Marc Léger. Ce qui rend tout à fait plausible l'hypothèse d'un gouvernement minoritaire. Car, dit le sondeur, il faut faire la différence entre l'humeur exprimée dans les sondages — ce sondage-ci prévoyant, comme on l'a vu hier, un gouvernement majoritaire adéquiste — et le comportement d'un électeur le jour du vote.
Léger Marketing a donc demandé aux gens quelle alliance ils privilégieraient si aucun des trois partis n'obtenait une majorité de sièges. Une coalition ADQ-PQ, répondent 41 % des gens, dont 64 % de péquistes et 53 % d'adéquistes. Faire travailler ensemble PLQ et ADQ plaît davantage aux libéraux, à 62 %, mais obtient tout de même l'appui de 37 % de l'ensemble des répondants. Avec 11 % des suffrages, l'alliance PQ-PLQ apparaît, quant à elle, impensable.
Ces données, tirées de la deuxième tranche du sondage Léger Marketing-Le Devoir-TVA-The Globe and Mail, démontrent que, si la popularité de Mario Dumont ne se dément pas, celle de Jean Charest ne cesse de perdre des plumes. Le sondage a été mené entre le 27 août et le 1er septembre auprès de 1010 répondants, pour une marge d'erreur maximale de 3,1 %, 19 fois sur 20.
«Une satisfaction de 80 % à l'égard de Mario Dumont, et de 84 % des francophones, c'est plus élevé que Lucien Bouchard à son meilleur!», fait remarquer le président de Léger Marketing, Jean-Marc Léger.
Cette dynamique politique, absolument inusitée au Québec, transcende les partis, poursuit le sondeur. Normalement, les partisans d'un parti se montrent largement insatisfaits des performances de l'adversaire. Mario Dumont, lui, réussit bien aux yeux de 69 % des libéraux et de 80 % des péquistes. Chez les adéquistes, c'est le délire: 95 % sont contents de leur chef. En fait, le taux de satisfaction de 80 % affiché par l'ensemble des répondants à l'égard de Mario Dumont, chef de parti, est le double du taux enregistré par le premier ministre péquiste Bernard Landry (40 %). Surtout, il est presque trois fois plus élevé que celui de 32 % exprimé à l'égard du chef libéral Jean Charest.
Il s'ensuit que les Québécois voient très bien Mario Dumont en premier ministre: 43 % des répondants croient qu'il serait meilleur que MM. Charest ou Landry. À lui seul, Mario Dumont fait même mieux que ses deux adversaires réunis, qui ont chacun 20 % d'appuis.
L'écart est encore plus grand chez les francophones, puisque 48 % d'entre eux considèrent qu'il est le meilleur premier ministre possible pour le Québec. Bernard Landry suit loin derrière avec 23 % d'appuis et Jean Charest ferme la marche avec 14 %.
Bernard Landry peut toutefois se consoler en se disant qu'avec un taux de satisfaction de 40 % pour sa performance comme premier ministre, il est plus populaire que son gouvernement (qui enregistre un taux de 38 %). «Il n'est pas un boulet pour son parti et ses appuis se sont stabilisés depuis ce printemps», note Jean-Marc Léger.
Mais pour Jean Charest, la situation empire: il a encore perdu des plumes cet été, même auprès de ses partisans. En fait, 62 % des francophones, 48 % des non-francophones et plus du tiers des libéraux se disent insatisfaits de la performance de M. Charest comme chef du PLQ. Seuls 57 % des libéraux s'en disent satisfaits, alors que 76 % des péquistes et, on l'a vu plus haut, 95 % des adéquistes sont contents de leur chef.
Pourtant, près de la moitié des répondants (49 %) veulent que M. Charest reste à la tête du PLQ, et 70 % des partisans libéraux sont de cet avis. C'est faute de remplaçant crédible, note Jean-Marc Léger. «Si Jean Charest est encore là, c'est qu'il n'y a pas de Paul Martin qui lui souffle dans le dos», résume-t-il.
S'il partait, certains opteraient pour la ministre fédérale Liza Frulla, d'autres pour son collègue Pierre Pettigrew ou le député du PLQ Pierre Paradis. Mais avec 17 % d'appuis pour la première et 14 % pour chacun des deux autres, il n'y a pas là d'engouement généralisé.
En fait, 28 % des Québécois, et 34 % des libéraux!, ont été incapables de se prononcer sur un remplaçant éventuel à Jean Charest. Même les répondants péquistes et adéquistes étaient moins hésitants que les partisans du PLQ à trouver un nouveau chef pour le Parti libéral!
Dans la même veine, la moitié des répondants croient que Bernard Landry doit rester chef du PQ. Mais s'il part, les électeurs voient mieux qui pourrait lui succéder. La ministre Pauline Marois domine largement le peloton, avec 34 % d'appuis dans la population — 38 % chez les francophones et 44 % chez les péquistes. Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, et le ministre québécois de la Santé, François Legault, suivent avec 16 % et 14 % d'appuis. Seuls 14 % des répondants ne se sont pas prononcés.
Le sondage Léger Marketing envoie toutefois des messages de prudence à l'ADQ. Si 46 % des répondants souhaitent que ce parti forme le prochain gouvernement, on en trouve toutefois presque autant, 44 %, qui ne le veulent pas. Cet écart de deux points est faible, comparativement aux 10 points qui divisaient les deux camps en juin.
Il y a là un début de réflexion, note M. Léger. Ainsi, en juin, 58 % des francophones souhaitaient un gouvernement adéquiste. Deux mois plus tard, la proportion a baissé à 51 %. «Individuellement, les gens veulent voter ADQ pour se défouler, dit le sondeur. Avec cette question, on mesure ce que les gens souhaitent pour la collectivité.»
D'ailleurs, les partisans du Parti québécois semblent se ressaisir un peu. En juin, 39 % voulaient un gouvernement adéquiste. Fin août, ils ne sont plus que 27 % à avoir cette opinion.
Il y a néanmoins clairement une lutte à trois qui se joue. Et c'est là un phénomène unique dans l'histoire du Québec, rappelle Jean-Marc Léger. Ce qui rend tout à fait plausible l'hypothèse d'un gouvernement minoritaire. Car, dit le sondeur, il faut faire la différence entre l'humeur exprimée dans les sondages — ce sondage-ci prévoyant, comme on l'a vu hier, un gouvernement majoritaire adéquiste — et le comportement d'un électeur le jour du vote.
Léger Marketing a donc demandé aux gens quelle alliance ils privilégieraient si aucun des trois partis n'obtenait une majorité de sièges. Une coalition ADQ-PQ, répondent 41 % des gens, dont 64 % de péquistes et 53 % d'adéquistes. Faire travailler ensemble PLQ et ADQ plaît davantage aux libéraux, à 62 %, mais obtient tout de même l'appui de 37 % de l'ensemble des répondants. Avec 11 % des suffrages, l'alliance PQ-PLQ apparaît, quant à elle, impensable.
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