Cauchon veut décriminaliser la marijuana d'ici 2003
La législation actuelle est «déconnectée de la réalité»
6 septembre 2002
Photo : Jacques Nadeau
Le ministre de la Justice a déclaré hier qu’il ne se laisserait pas influencer par les États-Unis.
Ottawa pourrait bien modifier sa loi sur la marijuana d'ici six mois. C'est du moins ce qu'a indiqué le ministre de la Justice, Martin Cauchon, qui estime que la législation canadienne actuelle est «déconnectée de la réalité».
«J'aimerais être capable d'aller de l'avant avec quelque chose au début de l'année prochaine, a déclaré le ministre hier. De garder les choses telles quelles n'a aucun sens, selon moi, en 2002.»
M. Cauchon réagissait au volumineux rapport du comité du Sénat sur les drogues illicites déposé la veille. Le ministre dit vouloir attendre un autre rapport, celui du comité de la Chambre des communes attendu à la mi-novembre, avant de procéder. Mais une chose est certaine, il ne veut plus entretenir l'hypocrisie existante en conservant des lois qui ne sont que très peu appliquées par les forces policières.
«La législation présentement en place est déconnectée de la réalité canadienne. Quand vous avez une législation que vous n'appliquez pas dans la plupart des endroits au Canada, c'est qu'il y a un problème, je crois.»
Le ministre a laissé entendre qu'il ne se laisserait pas influencer par les États-Unis, dont il dit par ailleurs ne pas avoir fait l'objet de pressions. «Je ferai ce qui est bien pour la société canadienne.»
Le comité du Sénat va loin en prônant la légalisation pure et simple de la substance, c'est-à-dire en permettre la vente, la culture et la consommation par toute personne de 16 ans ou plus. Le comité va aussi loin que de prévoir la vente de pot par le gouvernement, qui en contrôlerait la qualité.
C'est un pas que le ministre n'est pas prêt à franchir pour l'instant. «Nous devons nous rappeler que le Canada fait partie de conventions internationales qui abordent ce sujet et qu'à ce stade-ci, l'idée de légaliser la marijuana n'est simplement pas possible d'un point de vue international. Nous devons procéder étape par étape.»
La première étape, pour M. Cauchon, c'est la décriminalisation, ce qui signifie que les personnes prises avec de petites quantités de pot sur elles n'auraient plus à craindre un casier judiciaire. «En ce qui regarde la décriminalisation de la marijuana, il y a de forts appuis. J'ai l'impression que la population est rendue là et peut-être que ce serait quelque chose de faisable en tant que première étape.»
De son côté, le premier ministre Jean Chrétien n'a pas voulu se prononcer sur le rapport du sénateur Pierre-Claude Nolin, indiquant qu'il s'inscrivait tout simplement dans le processus parlementaire normal.
«La marijuana, je ne connais pas ça, la marijuana. C'est pas de ma génération. J'ai pas essayé ça et j'ai pas d'asthme non plus», a-t-il lancé avec humour. Il faisait référence au chef allianciste Stephen Harper, qui a déclaré qu'il n'avait jamais fumé d'herbe illicite parce qu'il souffrait d'une maladie respiratoire.
«Je parle de quelque chose que je ne connais pas. Laissons le débat courir [sic]. [...] Il n'y a pas de vote pour le moment. Il y a un rapport du Sénat, il y a un comité de la Chambre des communes, alors on verra.»
«J'aimerais être capable d'aller de l'avant avec quelque chose au début de l'année prochaine, a déclaré le ministre hier. De garder les choses telles quelles n'a aucun sens, selon moi, en 2002.»
M. Cauchon réagissait au volumineux rapport du comité du Sénat sur les drogues illicites déposé la veille. Le ministre dit vouloir attendre un autre rapport, celui du comité de la Chambre des communes attendu à la mi-novembre, avant de procéder. Mais une chose est certaine, il ne veut plus entretenir l'hypocrisie existante en conservant des lois qui ne sont que très peu appliquées par les forces policières.
«La législation présentement en place est déconnectée de la réalité canadienne. Quand vous avez une législation que vous n'appliquez pas dans la plupart des endroits au Canada, c'est qu'il y a un problème, je crois.»
Le ministre a laissé entendre qu'il ne se laisserait pas influencer par les États-Unis, dont il dit par ailleurs ne pas avoir fait l'objet de pressions. «Je ferai ce qui est bien pour la société canadienne.»
Le comité du Sénat va loin en prônant la légalisation pure et simple de la substance, c'est-à-dire en permettre la vente, la culture et la consommation par toute personne de 16 ans ou plus. Le comité va aussi loin que de prévoir la vente de pot par le gouvernement, qui en contrôlerait la qualité.
C'est un pas que le ministre n'est pas prêt à franchir pour l'instant. «Nous devons nous rappeler que le Canada fait partie de conventions internationales qui abordent ce sujet et qu'à ce stade-ci, l'idée de légaliser la marijuana n'est simplement pas possible d'un point de vue international. Nous devons procéder étape par étape.»
La première étape, pour M. Cauchon, c'est la décriminalisation, ce qui signifie que les personnes prises avec de petites quantités de pot sur elles n'auraient plus à craindre un casier judiciaire. «En ce qui regarde la décriminalisation de la marijuana, il y a de forts appuis. J'ai l'impression que la population est rendue là et peut-être que ce serait quelque chose de faisable en tant que première étape.»
De son côté, le premier ministre Jean Chrétien n'a pas voulu se prononcer sur le rapport du sénateur Pierre-Claude Nolin, indiquant qu'il s'inscrivait tout simplement dans le processus parlementaire normal.
«La marijuana, je ne connais pas ça, la marijuana. C'est pas de ma génération. J'ai pas essayé ça et j'ai pas d'asthme non plus», a-t-il lancé avec humour. Il faisait référence au chef allianciste Stephen Harper, qui a déclaré qu'il n'avait jamais fumé d'herbe illicite parce qu'il souffrait d'une maladie respiratoire.
«Je parle de quelque chose que je ne connais pas. Laissons le débat courir [sic]. [...] Il n'y a pas de vote pour le moment. Il y a un rapport du Sénat, il y a un comité de la Chambre des communes, alors on verra.»
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

