Bunker/le cirque: la SRC tente de racheter sa bourde
Rémy Girard dans Bunker/le cirque.
Accusée de partisanerie pour avoir déroulé le tapis rouge devant le chef de l'ADQ, Mario Dumont, afin de présenter la satire Bunker/le cirque lors de l'émission spéciale de la rentrée, Radio-Canada a tenté hier de racheter sa bourde politique en invitant le premier ministre et le chef de l'opposition officielle à se joindre à «la fête».
Ni Bernard Landry ni Jean Charest ne participeront à l'émission, dont l'enregistrement est prévu ce soir. Au bureau du premier ministre — au «bunker» —, on se montrait tranchant devant la soudaine préoccupation d'éthique de Radio-Canada dans ce dossier. «Ils ont fait leur choix, qu'ils vivent avec», a laissé tomber l'attaché de presse de M. Landry, Hubert Bolduc.
La volte-face de la société d'État survient après que Le Devoir eut révélé samedi dernier que Mario Dumont bénéficiait d'une tribune exceptionnelle permettant aux téléspectateurs — et électeurs — de faire la comparaison entre les vieux partis raillés dans Bunker et l'ADQ qui cherche à incarner le changement. Le directeur des communications, Marc Sévigny, affirmait alors qu'il s'agissait d'un geste d'audace justifié par le fait que Mario Dumont «est plus jeune et plus ouvert à ce genre de participation». M. Sévigny soulignait également que Radio-Canada était prête à courir le risque.
Mais voilà, les nombreuses critiques combinées à l'intervention du chef de cabinet du premier ministre, Claude-H. Roy, semblent avoir ébranlé l'audace de Radio-Canada. Comme l'a indiqué Hubert Bolduc, Claude-H. Roy a téléphoné il y a quelques jours à Radio-Canada afin de connaître les motivations de la société d'État pour s'ingérer dans le jeu politique.
Mais la sollicitation à 24 heures d'avis des adversaires de Mario Dumont — «une commande de la haute direction de Radio-Canada», comme le précise Hubert Bolduc —, est tombée à plat. «Nous l'avons fait pour éviter toutes difficultés puisqu'on est en train d'en faire toute une histoire», a lancé sur un ton sec la responsable des communications de la société d'État, Evelyne Dubois.
Cette dernière estime que la décision d'inviter Mario Dumont à présenter la série Bunker n'était pas de la partisanerie, ce qui fait sourciller tant au Parti québécois qu'au Parti libéral du Québec. Si Bunker est une fiction, la montée fulgurante de l'Action démocratique du Québec, elle, est bien réelle. Le sondage Léger Marketing, dont Le Devoir publie ce matin la deuxième tranche, démontre clairement que Mario Dumont obtient actuellement suffisamment d'appuis pour espérer former le prochain gouvernement.
Plus tôt cette semaine, le ministre Jean-Pierre Charbonneau confiait au Devoir que l'attitude de Radio-Canada est «proprement scandaleuse». «Si ce n'était pas l'intention de Radio-Canada de faire de la politique partisane, c'est de la bêtise et de l'incompétence», a jugé M. Charbonneau.
Evelyne Dubois a souligné qu'il fallait peut-être prendre la situation avec un peu plus de désinvolture. «Il faut aussi sourire et ne pas tout prendre au premier degré. De toute façon, les autres partis ont été invités à se joindre à la fête», a-t-elle conclu.
Chose certaine, la nouvelle émission que Radio-Canada lance sur ses ondes lundi soir prochain bénéficie d'une promotion hors du commun avant même sa diffusion. Bunker est signée par le duo Luc Dionne et Pierre Houle qui avait donné la série à succès Omertà. Sur le ton de la satire, les deux hommes présentent un univers truffé d'intrigues et de manoeuvres. La critique de la classe politique et de son entourage (y compris les journalistes) y est particulièrement féroce.
Ni Bernard Landry ni Jean Charest ne participeront à l'émission, dont l'enregistrement est prévu ce soir. Au bureau du premier ministre — au «bunker» —, on se montrait tranchant devant la soudaine préoccupation d'éthique de Radio-Canada dans ce dossier. «Ils ont fait leur choix, qu'ils vivent avec», a laissé tomber l'attaché de presse de M. Landry, Hubert Bolduc.
La volte-face de la société d'État survient après que Le Devoir eut révélé samedi dernier que Mario Dumont bénéficiait d'une tribune exceptionnelle permettant aux téléspectateurs — et électeurs — de faire la comparaison entre les vieux partis raillés dans Bunker et l'ADQ qui cherche à incarner le changement. Le directeur des communications, Marc Sévigny, affirmait alors qu'il s'agissait d'un geste d'audace justifié par le fait que Mario Dumont «est plus jeune et plus ouvert à ce genre de participation». M. Sévigny soulignait également que Radio-Canada était prête à courir le risque.
Mais voilà, les nombreuses critiques combinées à l'intervention du chef de cabinet du premier ministre, Claude-H. Roy, semblent avoir ébranlé l'audace de Radio-Canada. Comme l'a indiqué Hubert Bolduc, Claude-H. Roy a téléphoné il y a quelques jours à Radio-Canada afin de connaître les motivations de la société d'État pour s'ingérer dans le jeu politique.
Mais la sollicitation à 24 heures d'avis des adversaires de Mario Dumont — «une commande de la haute direction de Radio-Canada», comme le précise Hubert Bolduc —, est tombée à plat. «Nous l'avons fait pour éviter toutes difficultés puisqu'on est en train d'en faire toute une histoire», a lancé sur un ton sec la responsable des communications de la société d'État, Evelyne Dubois.
Cette dernière estime que la décision d'inviter Mario Dumont à présenter la série Bunker n'était pas de la partisanerie, ce qui fait sourciller tant au Parti québécois qu'au Parti libéral du Québec. Si Bunker est une fiction, la montée fulgurante de l'Action démocratique du Québec, elle, est bien réelle. Le sondage Léger Marketing, dont Le Devoir publie ce matin la deuxième tranche, démontre clairement que Mario Dumont obtient actuellement suffisamment d'appuis pour espérer former le prochain gouvernement.
Plus tôt cette semaine, le ministre Jean-Pierre Charbonneau confiait au Devoir que l'attitude de Radio-Canada est «proprement scandaleuse». «Si ce n'était pas l'intention de Radio-Canada de faire de la politique partisane, c'est de la bêtise et de l'incompétence», a jugé M. Charbonneau.
Evelyne Dubois a souligné qu'il fallait peut-être prendre la situation avec un peu plus de désinvolture. «Il faut aussi sourire et ne pas tout prendre au premier degré. De toute façon, les autres partis ont été invités à se joindre à la fête», a-t-elle conclu.
Chose certaine, la nouvelle émission que Radio-Canada lance sur ses ondes lundi soir prochain bénéficie d'une promotion hors du commun avant même sa diffusion. Bunker est signée par le duo Luc Dionne et Pierre Houle qui avait donné la série à succès Omertà. Sur le ton de la satire, les deux hommes présentent un univers truffé d'intrigues et de manoeuvres. La critique de la classe politique et de son entourage (y compris les journalistes) y est particulièrement féroce.
Haut de la page

